TOPS & CONTRE-PERFORMANCES DU BULLETIN F1: Turquie 2020

Contre toute attente, Lewis Hamilton a remporté un Grand Prix de Turquie renversant! Cela lui a permis d’être sacré champion du monde des pilotes pour la septième fois de sa carrière. Découvrez qui s’est surpassé, qui a complètement déçu et qui a été le malchanceux sous les conditions difficiles du Istanbul Park.

Performances au top

Je ne m’attendais pas de voir Lewis Hamilton monter sur la plus haute marche du podium, à l’issue du Grand Prix de Turquie. En fin de semaine, Mercedes a moins roulé que ses adversaires, mais, au final, Hamilton est parvenu à maîtriser la patinoire piste d’Istanbul, avec patience.

Parti sixième, le Britannique a connu un bon départ et s’est retrouvé déjà dans une bataille pour une place sur le podium, contre Sebastian Vettel et Alex Albon. Malgré une erreur, où Albon l’a passé, Hamilton est resté en piste avec des pneus intermédiaires pour 50 tours, dépassant Sergio Perez et profitant des ennuis de Lance Stroll pour mener la course et, ainsi, ne plus jamais regarder en arrière.

Qu’on le veuille ou non, la course de Hamilton est l’une de ses plus belles de sa carrière et cela lui a permis de sécuriser son titre numéro 7 de la belle manière. Il est clairement le meilleur pilote de sa génération.


Je veux vous rappeler que cet homme n’a pas de volant pour 2021. Pour reprendre une phrase « meme » de The Last Dance (le documentaire sur Michael Jordan): «je l’ai pris personnel».

Lors des qualifications, Perez a été excellent sous la pluie, même s’il est partie troisième. En course, il a profité d’un départ très lent de Max Verstappen pour s’immiscer au deuxième rang. Alors que son coéquipier a souffert de graining tout au long de l’épreuve, le Mexicain a été en mesure de gérer ses pneus intermédiaires.

Alors qu’il se magasine un volant pour 2021 (Black Friday arrive bientôt), Perez a démontré qu’il est capable d’offrir de bons résultats constamment pour une écurie.


Ferrari mérite, pour la première fois de la saison, de recevoir des fleurs (et non le pot qui vient).

Le départ canon de Sebastian Vettel, le rythme de course de l’Allemand et de Charles Leclerc, ainsi qu’une stratégie parfaite (jamais je n’aurais imaginé écrire ceci en 2020)… Tout cela a contribué à offrir à Ferrari leur meilleur résultat de la saison.

En fin d’épreuve, Leclerc avait réussi à voler la deuxième place de Sergio Perez, mais un freinage tardif du Monégasque a profité au Mexicain et à Vettel pour finir respectivement deuxième et troisième. Cela siginifie que Vettel s’offre un premier podium en 2020, mais aussi son premier top 3 depuis le Grand Prix du Mexique 2019, où il avait terminé deuxième.

Après la tombée du drapeau à damier, Leclerc s’est qualifié de « stupide comme à Bakou 2019 », mais il ne devrait pas. Dans l’ensemble, ce fut une performance remarquable de la part des deux pilotes.

Crédit photo: DPPI Images

Après avoir été frappée par des pénalités de grille, les pilotes McLaren ont marqué des points importants pour la toujours excitante lutte pour la troisième place au championnat des constructeurs.

D’un côté, Carlos Sainz, pénalisé de trois places pour avoir bloqué Perez en qualifications, a fait preuve de prouesse avec la pluie et la piste glissante pour amener sa McLaren au cinquième rang, à Istanbul. Ce fut une conduite sans la moindre reproche pour l’Espagnol, avec une gestion des pneus impeccable. À la toute fin du Grand Prix stambouliote, il se retrouvait à quelques secondes d’un podium!

D’un autre côté, Lando Norris, puni de cinq places pour ne pas avoir respecté les drapeaux jaunes, a connu une course similaire et s’est même permis d’ajouter un point boni, car il a inscrit le meilleur temps en course. Une huitième position savoureuse pour celui qui est devenu majeur, vendredi dernier!


Malgré un resurfaçage récent de la piste, ce qui a laissé très, très peu d’adhérence sur le tracé, quelle joie de voir les F1 rouler au Istanbul Park. Encore une fois, ce circuit a été le théâtre d’une séance de qualifications époustouflante et, le lendemain, de conduites intelligentes et osées.

Même si c’est dommage de ne pas avoir vu les bolides de 2020 tacler à pleine vitesse le virage 8, cela nous a permis de renouer avec une piste adulée par les fans et ceux qui ont déjà roulé en Turquie. Je sais que ce ne sera pas possible que le rendez-vous turc revienne en 2021, mais si jamais nous devions subir un autre dérangement comme l’est la COVID-19, Istanbul Park serait au moins prêt pour venir à la relève.

Crédit photo: DPPI Images

Contre-performances

Dominant lors des essais libres et d’une très bonne partie des qualifications, Max Verstappen a été défait tactiquement lors de la journée du samedi, aux dépens de Lance Stroll. On l’a vu abattu (ou enragé), assis à terre. Personnellement, voir cette image m’a fait mal, mais je savais qu’il allait rebondir le lendemain.

Ouais ben j’avais tort.

Il a eu de la grosse difficulté à bien démarrer, chutant à la sixième position au départ. Optant pour le « tout au rien », Verstappen a tenté de dépasser Perez, mais il a fait un tête-à-queue en allant sur le tapis vert. Toutes chances de victoire se sont évaporées en un instant. De plus, il a souffert de mauvais ajustements de son aileron avant, affectant sa conduite et sa maniabilité.

Alors que Alex Albon a connu une course relativement bonne, c’est la première fois en 2020 que le Néerlandais termine un Grand Prix sans monter sur le podium. Au lieu d’offrir une belle victoire à Red Bull pour leur 300ème Grand Prix, il leur rapporte une sixième position.


Clairement pas une bonne journée pour Valtteri Bottas. Le jour où son coéquipier a rejoint Michael Schumacher au nombre de championnats du monde, le Finlandais a effectué six (!) dérapages du cours de la course.

En plus, il a eu le malheur de se faire prendre un tour par Hamilton, dans ce qui était une course en mode « survie ».


Alors que Racing Point et McLaren ont marqué des points très importants dans la course au troisième rang des constructeurs, Renault a eu de la misère à Istanbul.

Dans un premier temps, Esteban Ocon a eu un tête-à-queue, après ce qui semble être un léger contact avec Daniel Ricciardo. Ocon, ensuite, a été victime d’un autre accrochage, mais cette fois avec Valtteri Bottas. Son Grand Prix était ruiné dès le début.

Dans un deuxième temps, Ricciardo en a arraché, tout au long de l’épreuve. Il détenait une neuvième position respectable, avant d’imiter Ocon en dérapant sa Renault, alors que Lando Norris l’a dépassé.

Renault se retrouve maintenant cinquième, avec maintenant une avance de 26 points sur Ferrari, sixième, avec trois courses restantes.


Outre la pole position surprise de Lance Stroll, il y a eu Alfa Romeo qui a étonné tout le monde lors des qualifications.

Kimi Raïkkönen et Antonio Giovinazzi se sont rendus en Q3 pour la première fois en 2020. Le lendemain, ce fut un cauchemar. Lors du tour de reconnaissance, Giovinazzi a perdu le contrôle de sa monoplace, endommageant son aileron avant.

Au lieu de capitaliser sur ce bon positionnement sur la grille de départ, les deux pilotes ont reculé. Malheureusement, Giovinazzi a abandonné sur problème mécanique. Quant à Raïkkönen, il a peiné pour rendre ses pneus opérationnels.

Crédit photo: DPPI Images

« Je crois que nous sommes humains et des erreurs arrivent. Mais celle-là, c’est tolérance zéro. »

Ceci est une citation de Sebastian Vettel, répondant à une question sur l’incident de la grue, lors de la Q2, samedi.

À la toute fin de la Q1, Nicholas Latifi perd le contrôle de sa Williams et se retrouve coincé dans le gravier du virage 8. Quelques minutes plus tard, la Q2 débute, mais les commissaires n’ont pas fini de dégager la monoplace.

Avec une piste glissante et humide, où déraper était prévisible, envoyer les voitures sans prendre conscience que les abords du circuit ne sont pas évacuées est une erreur inacceptable. Avec ce qui s’est tristement passé le 5 octobre 2014, je pensais que la FIA apprendrait de cet événement tragique, mais non.

Cela survient exactement deux semaines après que des pilotes aient reçu la permission de se dédoubler, alors que des commissaires nettoyaient la piste d’Imola, suivant l’accident de George Russell.

Je peux comprendre qu’il y a la question de luminosité, car la séance de qualifications (débutant à 15 heures, heure locale) fut interrompue deux fois et qu’il commençait à faire noir. Cependant, ce n’est pas une excuse pour négliger la sécurité… encore une fois.


Le malchanceux

En 2020, j’ai vécu trois déceptions sportives: l’élimination des Penguins par le Canadien, lors des séries éliminatoires de la Coupe Stanley, la défaite humiliante de Liverpool 7-2 contre Aston Villa en Premier League… et la neuvième place de Lance Stroll, après être parti en pole position.

À la surprise générale (aucune exagération), le Québécois a battu Max Verstappen et Sergio Perez pour devenir le 101ème pilote différent à inscrire une pole. Lors de la course, il a réussi à se détacher du peloton, en réussissant son départ et en enchaînant les meilleurs temps. Il détenait même une avance considérable de dix secondes sur Sergio Perez.

Lorsqu’il est passé des pneus pluie aux intermédiaires, Stroll a soudainement vu son avance diminuer. On a donc vu qu’il souffrait de graining (quand un pneu glisse, au lieu de créer de l’adhérence). Racing Point a décidé de changer ses pneus, mais le même problème de graining persistait sur son nouveau train d’intermédiaires.

Au fur et à mesure, les chances de top 3 diminuaient. Il terminera neuvième, complètement confus par ce qui s’est passé. Le monde de la F1 aussi fut confus par cette chute soudaine.

Lundi, Racing Point a publié une enfilade de tweets, expliquant pourquoi Stroll a subi des difficultés pneumatiques.

En gros, une lame logée en-dessous de l’aileron avant de la RP20 s’est détachée, entraînant tous ces ennuis. Même si ces soucis ont dérangé Stroll, ce Grand Prix de Turquie doit servir de leçon positive pour le Québécois. Il a été excellent dans la première moitié de l’épreuve, mais a dû se battre pour éviter de se retrouver hors des points.

Cela vient avec l’expérience, comme pour Max Verstappen et Charles Leclerc.

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