Top 20 des meilleurs Grands Prix de la décennie 2010 (1ère partie)

Le Grand Prix d’Abu Dhabi 2019, disputé le 1er décembre dernier, était la dernière course de la décennie 2010. Il y a eu 198 courses, au cours de cette période. Or, Abdou Sall a décidé de créer un top 20 des meilleurs Grands Prix de la décennie. Voici la première partie, avec les positions 20 à 11.

Avant de débuter le décompte, je désire vous présenter la nomenclature des épreuves qui auraient pu se retrouver dans le top 20:

  • 2010: Australie, Turquie, Canada, Belgique, Singapour
  • 2011: Chine
  • 2012: Italie
  • 2013: Grande-Bretagne
  • 2016: Autriche, Malaisie
  • 2018: Italie
  • 2019: Autriche, Grande-Bretagne, Brésil

Passons, maintenant, à la première partie du top 20!

20- États-Unis 2018

Une victoire attendue et populaire

Le bulletin de notes du Grand Prix des États-Unis 2018

Le Grand Prix des États-Unis 2018 était une course où, comme l’édition 2019, Lewis Hamilton avait la chance d’être sacré champion du monde.

Ayant obtenu la pôle position et voyant son rival, Sebastian Vettel, obtenir une pénalité pour non-respect du drapeau rouge, Hamilton pouvait espérer que les astres s’aligneraient pour lui.

Malheureusement, Kimi Raikkonen gâcha le party, en lui subtilisant les commandes de la course au départ. Quant à Vettel, il fit un tête-à-queue dès le premier tour. Il fut relégué au fond du peloton. Si la tendance se maintenait, Hamilton serait sacré champion.

Lorsque l’abandon de Daniel Ricciardo provoqua la Voiture de sécurité virtuelle, Hamilton prit une stratégie inverse à celle de Raikkonen. Le #44 s’arrêta deux fois, contre une pour l’adversaire de Ferrari.

Attention: Max Verstappen, parti dix-huitième, arriva rapidement parmi les trois premiers, alors que Raikkonen reprit les commandes. On avait donc une bataille à trois pour la victoire. Hamilton, troisième, tenta sa chance sur Verstappen… en vain. Avec Vettel qui finit quatrième et Hamilton troisième, ce dernier sera couronné officiellement au Mexique.

Kimi Raikkonen mit fin à une longue disette de 114 Grands Prix sans victoire. Une victoire tant attendue, mais tout aussi bien célébrée!

19- MALAISIE 2012

Perez proche de la victoire

Le Grand Prix de Malaisie 2012 a été excellent pour deux raisons: la pluie torrentielle et Sergio Perez.

Le départ de cette épreuve fut donnée sur une piste complètement mouillée, avec les deux McLaren en tête. Lors du premier tour, Romain Grosjean s’accrocha avec Michael Schumacher, avant d’être victime de la météo tropicale de la Malaisie. Les conditions devinrent atroces que la course fut interrompue au neuvième tour.

Une heure plus tard, le Grand Prix repartit, avec une panoplie d’arrêts aux stands, étant donné l’amélioration la météo. Avec Lewis Hamilton qui connu un changement de pneus compliqué, Fernando Alonso et … Sergio Perez surgissent  de loin, afin de s’emparer des deux premières places.

Un mano à mano s’ensuivit, avec la Sauber de Perez se retrouvant plus rapide que la Ferrari d’Alonso. En fin de course, le Mexicain pouvait espérer mettre la main sur sa première victoire en carrière, seulement à sa deuxième saison. Malheureusement, au 49e tour, une légère erreur de sa part l’éloigna d’Alonso et du premier rang.

Parti de la huitième place, Fernando Alonso réussit un énorme tour de magie, en amenant une Ferrari en deçà des attentes au triomphe. N’ayant pas gagné, Checo a pu se réjouir de son premier podium. Lewis Hamilton compléta le podium.

18- Monaco 2016

« Où sont les pneus?! »

Au lendemain de l’obtention de sa première pôle position en carrière, Daniel Ricciardo avait la chance d’inscrire son nom sur la liste des vainqueurs à Monaco. Cependant, il devait compléter 78 tours sous la pluie, tout en résistant aux deux Mercedes.

Après un départ derrière la Voiture de sécurité, l’Australien de Red Bull s’envola complètement, laissant Lewis Hamilton et Nico Rosberg. Une trentaine de tours plus tard, la piste s’assécha et ce fut le moment de passer aux pneus secs.

Hamilton s’étant déjà arrêté, Ricciardo l’imita. Ensuite, le chaos.

Les mécaniciens de Red Bull n’étaient jamais prêts à recevoir la voiture #3. Toutes ces secondes perdues à chercher les bons pneus ont permis à Lewis Hamiton de prendre les commandes de l’épreuve pour de bon.

Malgré plusieurs tentatives de dépassement (dont un probablement controversé), Ricciardo fut forcé de rester derrière la monoplace #44, qui s’assura d’un premier succès à Monaco depuis 2008. Un Daniel Ricciardo, énormément frustré, se contenta de la deuxième place.

17- Abu Dhabi 2010

Petrov, le bourreau d’Alonso

Depuis 2009, le Grand Prix d’Abu Dhabi ne nous a pas offert du bon spectacle.

À l’exception de deux courses.

La première fut en 2010. Lors de la dernière épreuve de la saison 2010, quatre pilotes se battaient pour le titre: Sebastian Vettel, Mark Webber, Fernando Alonso et Lewis Hamilton.

Parti en pôle, Vettel domina presque l’entièreté de la manche #19 de ladite saison. L’issue du Grand Prix, ainsi que du championnat, allait changer dès le premier tour.

Après un accident effroyable entre Michael Schumacher et Vitantonio Liuzzi, quelques pilotes décidèrent d’effectuer un arrêt aux puits, pendant la neutralisation. Un de ces pilotes était Vitaly Petrov. Retenez bien ce nom.

À la relance, Webber est le premier des quatre belligérants à s’arrêter. Il revint derrière Nico Rosberg, Jaime Alguersuari et… Petrov, ces trois-là ayant déjà ravitaillé. Même son de cloche pour Alonso, qui retourna en piste en onzième place… derrière Petrov!

Pendant le restant de la course, Alonso, avec sa Ferrari, ne put dépasser le Russe de Renault. Lorsque tout le monde avait fini leur arrêt obligatoire, l’Espagnol et Webber se retrouvaient respectivement septième et huitième, alors que Vettel menait allègrement.

Alonso tenta, en vain, de doubler Petrov, utilisant tout le talent qu’il a. Au final, avec la victoire de Sebastian Vettel et les 7e et 8e positions d’Alonso et de Webber, le jeune Allemand devint champion du monde!

16- Abu Dhabi 2012

Laissez Kimi tranquille!

L’autre Grand Prix d’Abu Dhabi excitant fut celui de 2012. Fort probablement le meilleur depuis 2009.

Sebastian Vettel, disqualifié des qualifications suite à un manque de carburant, s’élançait de la ligne des puits. Lewis Hamilton, détenteur de la pôle position, réussit son départ, résistant aux attaques de Kimi Raikkonen et de Pastor Maldonado (ce n’est aucunement une coquille). Fernando Alonso, dans la course au titre contre Vettel, se retrouva quatrième.

Comme en 2010, une Mercedes se retrouva impliqué dans un accident effroyable. Au huitième tour, Nico Rosberg heurta l’arrière de la HRT de Narain Karthikeyan et termina sa route dans les barrières. Heureusement, personne n’a été blessé. Pendant l’intervention de la Voiture de sécurité, Daniel Ricciardo, alors chez Toro Rosso, freina brusquement et Vettel, derrière lui, dût dévier de sa route, mais frappa le panneau de DRS. Il fut forcé de changer son aileron avant.

À la relance de la course, Hamilton dût abandonner en raison d’un ennui avec l’essence. Raikkonen hérita des commandes de l’épreuve. C’est alors que Simon Rennie, l’ingénieur de piste de l’Homme de glace, lui donne des mises à jour sur son rythme. Raikkonen lui répliqua:

Just leave me alone, I know what to do! (Laissez-moi tranquille, je sais ce que je fais!)

Quand la Voiture de sécurité fit sa deuxième apparition en piste, après un accrochage entre trois voitures, Rennie donne des conseils à Raikkonen et ce dernier l’envoya promener poliment.

Pendant que le Finlandais se dirigeait vers sa première victoire avec Lotus, Sebastian Vettel continua sa remontée. Il en profita pour dépasser Jenson Button, afin de monter sur la troisième marche du podium.

Le champion en titre ne perdit que trois point sur Fernando Alonso, son rival en 2012.

15- Europe 2012

Alonso contre toute attente

Le dernier Grand Prix d’Europe dans les rues de Valence, en Espagne, fut un classique parmi tant. Tout cela grâce au héros local, Fernando Alonso.

Qualifié onzième, l’Espagnol disait qu’un podium était impossible. Impossible n’est pas Fernando, semble-t-il… Au départ, le pilote Ferrari gagna trois places.

Si les premiers tours furent d’une procession classique, cela changea au moment où Jean-Éric Vergne et Heikki Kovalainen s’accrochèrent, entraînant des débris sur la piste… et la présence de la Voiture de sécurité.

Alonso profita d’un arrêt aux puits raté de Lewis Hamilton pour s’immiscer dans le top 3, en deuxième place. Il prit le premier rang lorsque la Red Bull de Sebastian Vettel, alors en tête, se rangea sur les lignes de touche. Ensuite, la Lotus de Romain Grosjean joignit Vettel, avec un problème d’alternateur. Il se battait pour une place sur le podium.

Dans les derniers tours, Hamilton devait résister au rythme incroyable de Kimi Raikkonen et de Pastor Maldonando. Si Raikkonen réussit à passer le Britannique pour la deuxième place, Maldonado accrocha la McLaren du futur sextuple champion du monde. Hamilton fut envoyé dans les murs de pneus et la Williams de Maldonado termina dixième, alors qu’il pouvait obtenir son deuxième podium en F1.

Contre toute attente, Fernando Alonso remporta le Grand Prix d’Europe, devant Raikkonen et Michael Schumacher, dont ce fut son dernier top 3 en F1.

14- Chine 2016

La naissance de Torpedo Kvyat

Le Grand Prix de Chine 2016 fut rempli d’action, du début jusqu’à la fin (on n’exagère même pas).

Au départ, Daniel Ricciardo, deuxième, prit les commandes devant la Mercedes de Nico Rosberg. Derrière, ce fut le chaos presque total.

Tout d’abord, les Ferrari de Sebastian Vettel et de Kimi Raikkonen s’accrochèrent, en essayant d’éviter la Red Bull de Daniil Kvyat, arrivé à l’intérieur du premier virage. En arrière, Lewis Hamilton, parti parmi les derniers, fut surpris par la Sauber de Felipe Nasr. Les deux pilotes se touchèrent et c’est Hamilton qui vit son aileron avant se casser.

Au quatrième tour, Ricciardo vit son pneu arrière gauche se désagréger et perdit les rênes du Grand Prix. La Voiture de sécurité dût intervenir, car il y avait trop de débris en piste. Presque tout le monde s’arrêta aux puits. Vettel en profita pour dépasser deux pilotes dans la ligne des puits.

L’ordre de la course changea complètement! Le seul à ne pas avoir été inquiété fut Rosberg, bien confortable en tête. On avait même une Manor en cinquième place!

Tout au long de l’épreuve, il y eut énormément de dépassements. On notera, entre autres, celui de Vettel sur Kvyat, au 38e tour, pour la deuxième place. Derrière, Raikkonen continua sa remontée en dépassant Hamilton et Felipe Massa, montant au cinquième rang.

Nico Rosberg fit cavalier seul, en remportant la manche chinoise par 37 secondes sur Sebastian Vettel! Il s’agit du plus gros écart pour une victoire dans la décennie 2010. Malgré tout le branle-bas de combat, aucun pilote n’a abandonné, rendant cette course magnifique à regarder. Il y a eu 161 dépassements réalisés, un record pour un Grand Prix sous piste sèche.

Ce n’est pas tout: avant de monter sur le podium, Vettel décida de régler ses comptes avec Kvyat, après l’histoire du premier tour.

You came in like a torpedo! (Tu es arrivé comme une torpille!)

Et c’est comme ça que le surnom « Torpedo » est né en Formule 1.

13- États-Unis 2015

Une tempête… d’action!

Le sous-titre n’est pas exagéré: il y a eu réellement une tempête qui s’est abattue sur Austin.

En raison de la présence de l’ouragan Patricia, la séance de qualifications fut reportée au dimanche matin, mais la Q3 fut annulée. La grille de départ déterminée par les résultats de la Q2, Nico Rosberg obtint la pôle position.

Il voulait empêcher son coéquipier et rival, Lewis Hamilton, d’être sacré champion aux États-Unis. Malheureusement, il ne put résister au dépassement du Britannique dans le premier virage du premier tour. Derrière les deux Mercedes, les Red Bull de Daniel Ricciardo et de Daniil Kvyat possédaient les outils pour battre la meilleure équipe de la saison. La réaction de la voiture sur piste mouillée fonctionna à merveille, permettant à Ricciardo de mener (temporairement) le Grand Prix!

Les conditions météo s’améliorant, on revit la supériorité des Flèches d’argent. Il y eut beaucoup de rebondissements, dont un accrochage entre Ricciardo et Nico Hulkenberg et l’accident de Daniil Kvyat.

Au 48e tour, Rosberg mena la course, mais commit une erreur, ce qui permit à Hamilton de reprendre la tête de l’épreuve. L’Anglais ne quittera jamais cette position et remporta le Grand Prix, ainsi que le titre!

Dans la salle menant au podium, Hamilton donna la casquette de la deuxième place à Rosberg, mais ce dernier, visiblement énervé par une manœuvre du #44 au départ, lui retourna la casquette violemment.

12- Corée 2010

Avanti Fer

Le tout premier Grand Prix de Corée, en 2010, devint un classique instantané.

Comme aux États-Unis, cinq ans plus tard, la météo n’était pas vraiment clémente. Le départ de la course fut retardé de dix minutes, avant qu’il ne soit donné derrière la Voiture de sécurité. Au bout de trois tours, la direction de course brandit le drapeau rouge. 45 minutes plus tard, le Grand Prix put enfin se dérouler comme prévu.

Sebastian Vettel, détenteur de la pôle, garda son rang, mais Mark Webber, son coéquipier chez Red Bull et meneur du championnat, commit une erreur. L’Australien dérapa, tapa le mur, revint sur la piste et frappa la Mercedes de Nico Rosberg. Les deux pilotes durent forcés d’abandonner. Coup dur pour Webber, qui n’avait plus droit à l’erreur.

Une série d’accidents et d’accrochages survinrent, durant l’épreuve, mais le coup fatal fut au 46e tour. Vettel, confortablement en tête, vit son moteur rendre l’âme. Pour une rare fois, les deux Taureaux ne marquèrent aucun point. Cela ouvrit la porte à Fernando Alonso, qui récolta les 25 points de la victoire, menant ainsi le championnat.

Au-delà de la météo et du circuit de Yeongam qui n’était pas prêt, le premier Grand Prix de Corée restera dans les annales de cette décennie.

11- Allemagne 2018

La REMONTADA d’Hamilton

Le bulletin de notes du Grand Prix d’Allemagne 2018

Si Fernando Alonso a réussi à remporter un Grand Prix de la onzième place, ce que Lewis Hamilton a réalisé, en 2018, fut encore mieux.

Lors de la séance de qualifications du Grand Prix d’Allemagne 2018, la Mercedes d’Hamilton souffrit d’un problème hydraulique. Le champion en titre fut éliminé de la Q2 et se contenta de partir quatorzième. Comble de malheur: Sebastian Vettel, son rival, obtint la pôle position.

Le lendemain, Vettel conserva brillamment son premier rang, jusqu’à ce que la pluie n’arrive à Hockenheim. Plusieurs pilotes furent pris au piège par les cordes qui tombèrent… dont Vettel. L’Allemand, devant ses partisans, fit une excursion hors-piste et abandonna.

La Voiture de sécurité s’amena et Hamilton resta en piste à la dernière minute. Une décision qui s’avérera très judicieuse. Avec Valtteri Bottas et Kimi Raikkonen qui passèrent aux puits, le Britannique s’empara du premier rang, position qu’il ne quittera jamais.

Cette victoire, combinée à l’abandon de Vettel, permit à Hamilton de mener le championnat par un seul point.

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