Scandale de dopage en Russie: un impact sur la F1?

Le 9 décembre dernier, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a imposé des sanctions lourdes à la Russie, suite à un système de tricherie et de faux résultats négatifs. Est-ce que les peines influenceraient l’univers de la Formule 1? Abdou Sall vous explique pourquoi.

Sans surprise, l’Agence mondiale antidopage a frappé fort, en donnant des énormes sanctions à la Russie, après leur tricherie nationale, pendant quatre ans. Parmi les peines imposées, le pays de Vladimir Poutine ne pourra recevoir des événements majeurs pour quatre années.

Or, la Fédération internationale de l’automobile (FIA) fait partie desdites organisations d’événements majeurs, selon les documents officiels de l’AMA. Aussi, la FIA opte, entre autres, pour un système antidopage régi par l’Agence.

La sanction donnée aux Russes mentionne, par contre, que n’importe quel événement ayant un contrat en poche est exempt des punitions. Le Grand Prix de Russie en fait partie. Les promoteurs du rendez-vous russe, la société Rosgonki, avaient signé une prolongation de contrat avec la Formule 1 jusqu’en 2025 et leur épreuve figure au calendrier de la prochaine campagne. L’édition 2020 aura lieu le 27 septembre.

Le GP de Russie se retrouve dans la tournée mondiale de la F1 depuis 2014, avec un contrat signé en 2010 (bien avant l’enquête de l’AMA). La prolongation jusqu’en 2025 fut ratifiée en 2017. Or, comme il s’agit d’une pacte paraphé légalement avec les détenteurs des droits commerciaux de la Formule 1 (qui ne sont pas considérés comme signataire de l’Agence), il est impossible de le modifier ou de l’annuler. Du moins, c’est ce que les promoteurs affirment.

Par contre, on serait bien content de ne pas voir monsieur Poutine sur le podium à Sotchi, car les représentants russes ne peuvent assister à n’importe quel événement majeur, durant les quatre ans de suspension. Le hic est que le Grand Prix de Russie est un de ses projets chouchous, lui qui a assisté à toutes les épreuves depuis 2014. Ce serait dur pour lui de ne pas être présent, surtout si on le force à rester chez lui.

Cela signifierait donc que le Grand Prix de Russie, disputé à Sotchi serait sauf. À moins que la FIA ne s’interpose et applique à la lettre les obligations de l’AMA, ne nous attendons pas à voir ce Grand Prix être biffé de l’agenda, pendant la sanction (à notre grand désespoir).

Et les pilotes?

Daniil Kvyat roulera-t-il avec un drapeau neutre? C’est possible, mais improbable.

Toujours selon ce qui est décrit dans les documents de l’Agence mondiale antidopage, les sportifs russes peuvent participer aux événements majeurs seulement « s’ils sont démontrent qu’ils n’ont été impliqués dans cette histoire de trucage, selon le rapport McLaren (pas NOTRE McLaren…) ». Cependant, ils ne peuvent représenter la Russie sur la scène mondiale.

Or, nous avons Danill Kvyat et Sergey Sirotkin présents dans le Championnat du monde FIA de Formule 1, ainsi que Robert Shwartzman, Nikita Mazepin et Artem Markelov en Formule 2. Les deux pilotes, tout comme leurs pairs, doivent passer des tests antidopages, réglementés par l’Agence mondiale antidopage. Si Sirotkin ne possède aucun volant pour l’édition 2020, il a quand même la possibilité d’être appelé autant par McLaren que par Renault pour remplacer un des pilotes titulaires.

Daniil Kvyat, quant à lui, a été confirmé par Toro Rosso AlphaTauri pour la saison prochaine. Si la FIA devait appliquer les règles sur les sportifs russes, il serait clair que Kvyat, ainsi que ses compatriotes, ne représentera pas la Russie dès le Grand Prix d’Australie 2020. Est-ce qu’il courra avec un drapeau de la FIA (comme les athlètes russes l’ont fait aux Olympiques de Pyeongchang, en 2018)? Roulera-t-il comme pilote italien, car il a passé une bonne partie de sa carrière junior en Italie? Sera-t-il un Monégasque comme Charles Leclerc, étant donné qu’il vit là-bas?

Cependant, ne vous attendez pas à ce que la Fédé fasse quelque chose. Ces pilotes russes ne seront aucunement bannis et ne verront pas leur nationalité être retirés.

Il faut noter que l’Agence russe antidopage, la RUSADA, a 21 jours pour faire appel aux sanctions imposées devant le Tribunal arbitral du sport. Si ce n’est pas la RUSADA, cela peut être d’autres instances du pays qui peuvent le faire.

En bref, il y a (très) peu de chances de voir le Grand Prix de Russie être annulé ou que les pilotes russes soient affectés par les sanctions imposées aux athlètes. En attendant, la FIA n’a pas encore commenté la nouvelle et, encore moins, n’a pris aucune décision, pour le moment.


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