Saison 2019: Dix histoires à surveiller en F1

2018 étant désormais derrière nous, on peut se concentrer sur la saison 2019. Nous risquons d’avoir beaucoup d’histoires intéressantes dans le monde de la Formule 1. En voici dix qui pourraient nous captiver.

1. L’an 1 de Leclerc chez Ferrari

Après une saison remarquable chez Sauber, Charles Leclerc rejoindra Ferrari pour sa deuxième année en Formule 1. Le Monégasque aura Sebastian Vettel comme coéquipier. Quoi de mieux que d’avoir un quadruple champion du monde comme collègue pour apprendre les rudiments de travail chez la légendaire écurie italienne?

Il y a beaucoup d’attentes, concernant la venue de Leclerc avec Ferrari. Le jeune pilote, extrêmement talentueux, aura la tâche d’aider la Scuderia à remporter un championnat des constructeurs pour la première fois depuis 2008. Aussi, plusieurs personnes le voient déjà comme un rival important de Lewis Hamilton, dans la course au titre, en 2019. Considérant qu’il possède d’énormes habiletés et qu’il apprend très vite, ce n’est pas fou. Par contre, il faut lui laisser le temps de découvrir la vie en rouge.

D’autres pensent que Sebastian Vettel pourrait revivre le cauchemar de 2014. Lors de cette saison, l’Allemand fut battu par Daniel Ricciardo, qui en était à sa première année avec Red Bull Racing. Avec une sensation comme Leclerc, Vettel devra faire attention!

2. L’arrivée de Daniel Ricciardo chez Renault

Le départ de Daniel Ricciardo chez Renault, en 2019, fut la nouvelle de l’été 2018, dans le merveilleux monde de la Formule 1. Tout le monde croyait que l’éternel Australien souriant resterait chez Red Bull ou bien signerait pour Mercedes ou Ferrari. Au contraire, il va poursuivre sa carrière dans une écurie du milieu de peloton.

Oui, Renault a fini quatrième au classement final des constructeurs la saison dernière, mais elle n’est pas encore au niveau des trois meilleures équipes du plateau (Mercedes, Ferrari et Red Bull). Par contre, la marque française a progressé depuis leur retour en F1 comme écurie, en 2016. Avec ses très bons résultats et la présence d’un pilote constant en Nico Hulkenberg, Ricciardo peut espérer retrouver le podium au cours de ses trois saisons à son contrat.

3. Robert Kubica est de retour!

Le grand retour de Robert Kubica en F1 est attendu de pieds fermes par les amateurs de F1… et de la population polonaise.

Kubica, 34 ans, revient après huit ans d’absence, suite à son accident de rallye en Italie. Ce n’est pas son bras droit, sévèrement sectionné par la collision de février 2011, qui l’a empêché de poursuivre sa carrière de pilote. Le Polonais est passé de réserviste à titulaire chez Williams et veut prouver qu’il n’a rien perdu de son talent. Rappelons qu’en 2008, il menait le championnat des pilotes, après une victoire historique au Grand Prix du Canada. Même Lewis Hamilton a qualifié Kubica de « très prodigieux ».

Au-delà la hâte de ses partisans, il existe aussi des doutes. Est-ce qu’un pilote qui n’a pas participé à une saison complète de Formule 1 en neuf ans peut retrouver son niveau de compétitivité rapidement? Le principal intéressé comprend pourquoi les gens sont dubitatifs.

En cas de mauvaises performances, la première excuse qui sortira serait à propos de son bras droit, lourdement sectionné après l’accident de février 2011. Cependant, Kubica a prouvé autant à Renault qu’à Williams qu’il est capable de conduire ces voitures.

Peu importe les circonstances, quelle joie de revoir le Polonais dans la compétition. S’il peut aider Williams à sortir du fond du puits, ce serait une excellente chose.

4. Trois pilotes qui ont brillé en Formule 2 font le saut en F1

Alexander Albon (gauche), George Russell (centre) & Lando Norris (droite) (Crédits photo: Andy Hone / LAT Images)

Pour la première fois en Formule 1, les trois premiers pilotes du classement général de Formule 2 participeront au plus gros championnat de monoplace au monde.

Robert Kubica aura le Britannique et champion en titre de la série F2, George Russell, comme coéquipier chez Williams. Russell, membre de Mercedes, pourra enfin savourer une saison complète comme titulaire, puisqu’il avait effectué des tests avec Mercedes et Force India, dans le passé.

Son rival en Formule 2 en 2018, Lando Norris, débutera sa carrière chez McLaren, écurie qui cherche à revenir au sommet. Dans les championnats juniors, Norris a été champion presque partout où il est passé, impressionnant le monde avec son pilotage remarquable. Ce n’est pas pour rien que McLaren compte sur le jeune de 19 ans pour connaître une meilleure année qu’en 2018.

Finalement, la troisième recrue se nomme Alexander Albon. Même s’il est né à Londres, il participera au championnat du monde avec la nationalité thaïlandaise. Confirmé chez Toro Rosso pour 2019, Albon revient dans le giron de Red Bull, lui qui faisait partie du programme de développement des pilotes de la marque de boisson énergisante. À l’origine, il devait disputer la saison 2018-19 de Formule E avec Nissan, mais Toro Rosso lui a offert le volant de Brendon Hartley et ne pouvait guère refuser la proposition.

Malgré des débuts difficiles dans les séries juniors, Albon a terminé troisième en Formule Renault 2.0 en 2014 et deuxième en GP3 en 2016 (derrière un certain Charles Leclerc). La saison dernière, le pilote de 22 ans a remporté quatre courses pour se classer troisième du championnat de Formule 2.

Avec Antonio Giovinazzi, vice-champion de GP2 (l’ancien nom de la F2) qui a pris part à deux Grands Prix en 2017 avec Sauber, la grille de 2019 sera très relevée.

5. Comment Ferrari se comportera avec Binotto comme patron?

Maurizio Arrivabene et son successeur, Mattia Binotto (Crédits photo: XPB)

Le 7 janvier dernier, la Scuderia Ferrari annonçait qu’après quatre ans de services, Maurizio Arrivabene perdit son poste de directeur sportif aux dépens de Mattia Binotto. Membre de l’écurie depuis 1995, Binotto occupait le rôle de directeur technique de l’écurie italienne depuis 2016.

Si la nouvelle a eu l’effet d’une bombe (c’était la première grosse manchette de l’année 2019), il fallait s’attendre à un tel changement de garde. Depuis les dernières courses de la saison 2018, des rumeurs circulaient à l’effet qu’Arrivabene quitterait Ferrari pour rejoindre le club de soccer de la Juventus de Turin, en Serie A (première division italienne). Aussi, les relations qu’il entretenait avec Binotto se sont détériorées. Ce dernier était déjà perçu pour remplacer Arrivabene, aux yeux de Sergio Marchionne (ancien président de Ferrari, décédé en juillet).

Bref, un tel changement peut autant fouetter les troupes de l’équipe italienne que les démoraliser, surtout à quelques semaines des essais hivernaux. Mais attention: Mattia Binotto est responsable de la montée en puissance du moteur V6 turbo hybride du cheval cabré, lui qui a travaillé à l’exploitation du groupe propulseur avant de devenir directeur technique. Or, le voir à la tête des rivaux de Mercedes peut les aider à mieux développer leurs véhicules tout au long de la saison, au lieu de tout cesser après les vacances estivales.

Est-ce que ce sera sous le règne de Mattia Binotto que la Scuderia Ferrari mettra fin à la domination de Mercedes? À suivre le 1er décembre prochain.

6. L’avenir de Silverstone

Crédits photo: Motorsport Images

En 2019, cinq Grands Prix verront leur contrat avec la FOM (Formula One Management) se terminer: l’Espagne, le Mexique, l’Italie, Abu Dhabi et la Grande-Bretagne.

Le cas de la Grande-Bretagne est le plus problématique des cinq, car c’est à Silverstone que le premier Grand Prix de Formule 1 eut lieu, en mai 1950. Depuis 1987, le circuit anglais est l’hôte du rendez-vous annuel britannique, après des années d’alternance avec d’autres tracés. Le problème avec Silverstone est que les organisateurs du Grand Prix de Grande-Bretagne perdent de l’argent, malgré une salle comble à chaque épreuve.

Dans le contrat signé avec Bernie Ecclestone, en décembre 2009, on retrouve une majoration de 5% des droits de présentation de la course, synonyme d’augmentation des prix des billets. D’ici 2026, fin de l’alliance, les droits passeraient de 15 millions d’euros à 40 millions! C’est une grosse augmentation! Or, les propriétaires du circuit ne peuvent pas se permettre de payer autant s’ils sont en perte d’argent.

S’il n’existe aucun accord entre Silverstone et la F1 avant le dévoilement du calendrier 2020, on devra se passer du célèbre tracé. Et ledit légendaire circuit peut bien se passer de la F1. En plus, aucun autre circuit en Grande-Bretagne n’est en mesure d’accueillir le Grand Cirque, car leurs installations ne sont pas appropriées. Encore une fois, des rumeurs de Grand Prix dans les rues de Londres ont refait surface.

On dirait que c’est la seule solution pour éviter un Brexit sportif.

7. Red Bull-Honda: duo gagnant dès le début?

Crédits photo: Motorsport Images

Le partenariat entre Red Bull et Honda est ambitieux. Pour la première fois depuis 2008, Honda fournira ses moteurs à deux écuries. Avec Toro Rosso qui profite déjà de l’accord, c’est au tour de la grande sœur de faire le grand saut avec la marque japonaise.

Honda a fait beaucoup de progrès, depuis qu’elle a quitté McLaren à la fin de l’année 2017. En termes de fiabilité, on compte trois abandons reliés au moteur chez Toro Rosso en 2018, contre neuf pour McLaren en 2017. En plus, la famille Red Bull compte sur l’aide de Pierre Gasly, qui s’est joint à RBR pour 2019, en plus d’avoir roulé avec Honda en Super Formula, en 2017.

Toro Rosso a peut-être souffert en fin de saison avec une nouvelle version du moteur V6 turbo hybride, mais les données engrangées pour le « grand club » semblent être mélodieuses à leurs oreilles. On s’attend donc à plus de puissance dans le groupe propulseur des deux écuries.

8. Des décisions à prendre pour 2021

Oui, 2021 est peut-être dans deux ans, mais la Formule 1 doit s’entendre sur la direction qu’elle veut prendre.

Les Accords de la Concorde, un document légal que toutes les écuries signent au siège social de la FIA (à la Place de la Concorde de Paris), se terminent à la fin de l’année 2020. Or, en 2018, il a été question de mieux réglementer les moteurs, d’implanter un plafond salarial (impliquant ainsi une réduction drastique des coûts) et d’offrir un meilleur spectacle en piste.

En entrevue avec le site motorsport.com, Ross Brawn, directeur technique et sportif de la F1, s’est dit « déçu des progrès, entourant les discussions sur 2021 ».  En effet, les propriétaires de la série ont présenté le projet post-2020, en avril dernier. Depuis cette réunion, les règles de moteur furent laissées de côté, les véhicules rouleront avec des pneus Pirelli de 18 pouces et des designs de « F1 du futur » ont été dévoilées.

Quant aux idées de cap salarial, les négociations sont restées au point neutre. Liberty Media étudierait la possibilité d’imposer un budget de 150 millions de dollars américains à tout le monde. Le gros problème est que les grosses écuries (Mercedes, Ferrari, Red Bull et Renault) dépensent bien plus que la somme proposée. En plus, cela signifierait des licenciements à la pelle, afin de rester dans les normes budgétaires. Ce n’est pas gagné pour Liberty Media. Régler un problème qui dure depuis des décennies ne s’arrange pas en un claquement de doigts.

En gros, il faut s’entendre le plus vite possible sur l’après-2020 et éviter un Brexit automobile, avec des départs des grosses écuries.

Suggestion de lecture sur le sujet: F1 has six months to avoid its own ‘no-deal’ disaster sur racefans.net

9. Beaucoup plus de dépassements en 2019?

L’ère des ailerons très détaillés est désormais révolue. En 2019, on verra des appuis aérodynamiques plus simples, afin de réduire l’écart entre les écuries en piste.

Tout d’abord, l’aileron avant est plus large de 200 millimètres, plus haut de 20 millimètres et a été avancé de 25 millimètres. Avec cela, l’air permettra à la voiture de pouvoir suivre son adversaire, sans causer de grosses turbulences.

Ce sont les mêmes caractéristiques pour l’aileron arrière. Dans ce cas-ci, le changement fut fait, dans le but de rendre l’aspiration de l’air plus facile. En addition, l’ouverture du DRS (aileron entrouvert) a été élargie de 20 millimètres, permettant une portée plus puissante qu’auparavant.

Des écuries comme Red Bull ont effectué des tests de soufflerie avec les nouveaux ailerons et disent qu’ils auront le même effet que les anciens kits aérodynamiques. En gros, ils prévoient un statu quo.

Attendons les premiers essais, ainsi que la première course, pour obtenir des résultats concrets.

10- Hamilton vs Vettel vs… Verstappen?

Crédits photo: Getty Images

Depuis 2017, nous avons eu droit à un duel épique entre Lewis Hamilton et Sebastian Vettel. Est-ce que nous aurons l’ajout d’un troisième belligérant dans la course au titre, en 2019? Cette troisième personne se nomme Max Verstappen. Le Néerlandais en sera à sa cinquième saison en Formule 1 et beaucoup de gens pensent qu’il a le potentiel pour devenir champion du monde, dans un futur proche.

Si le partenariat entre Red Bull Racing et Honda fonctionne très bien dès la première saison, il y a des chances de voir Verstappen rivaliser avec Hamilton et Vettel. La saison dernière, le pilote de 21 ans a vécu un bon revirement de situation, après son accident lors des essais libres du samedi, à Monaco. Depuis le Grand Prix du Canada, où il a terminé troisième, il a inscrit 214 points (contre 224 pour Vettel et 298 pour Hamilton). Il nous a offert un pilotage irréprochable, tout en gardant son agressivité. En gardant cette forme, Verstappen pourrait ajouter du piquant à ce championnat.

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