Avant-course USA 2018: Lewis Hamilton champion ce dimanche?

Il ne reste plus que quatre Grands Prix à disputer (incluant celui à Austin) dans cette saison 2018 de Formule 1. Lewis Hamilton a la chance de devenir champion du monde des pilotes pour la cinquième fois, cette fin de semaine. Comment doit-il s’y prendre? Vous le saurez dans notre avant-goût du Grand Prix des États-Unis.

Hamilton encore Champion à Austin?

En 2015, Lewis Hamilton profita d’une sortie de piste de Nico Rosberg pour remporter le GP des États-Unis et, ainsi, devenir champion du monde.

Ce n’est pas la première fois que Lewis Hamilton se retrouve en position de sceller le championnat du monde des pilotes au Texas. En effet, le Britannique a été couronné champion en 2015 sur le Circuit des Amériques, en remportant une course affectée par la pluie. De plus, il était en position de répéter l’exploit l’an dernier, mais Sebastian Vettel avait terminé deuxième, alors qu’il fallait au moins huit points pour mettre fin à la bataille.

cOMMENT PEUT-IL ÊTRE SACRÉ?

Image: FOM

Ce dimanche, Lewis Hamilton a besoin d’inscrire huit points de plus que Vettel, afin de devenir un quintuple champion du monde. Or, voici tous les scénarios possibles:

Hamilton termine...avec Vettel qui finit...
1er (25 pts)3ème ou pire
2ème (18 pts)5ème ou pire
3ème (15 pts)7ème ou pire
4ème (12 pts)8ème ou pire
5ème (10 pts)9ème ou pire
6ème (8 pts)11ème ou pire

histoire (condensée) du Grand Prix

Avant d’aller à Austin,en 2012, les États-Unis ont figuré au calendrier du championnat du monde de Formule 1 à plusieurs reprises depuis 1950.

500 miles d’indianapolis (1950-1960)

Le tout a commencé lors des 500 Miles d’Indianapolis. Oui, la F1 a déjà tâté le terrain du Indy 500! Entre 1950 et 1960, des courses eurent lieu sur le célèbre Indianapolis Motor Speedway, pour le compte de la Formule 1, mais selon les règlements sportives et techniques en vigueur au pays de l’Oncle Sam.

Entre temps, le premier Grand Prix F1 américain remonte à 1959, à Sebring en Floride. Ensuite, le Grand Cirque décida de rouler sur le défunt circuit de Riverside (Californie), l’année suivante.

En 1961, ce fut au tour de Watkins Glen, dans l’état de New York, d’organiser des Grands Prix sur leur piste de course, jusqu’en 1975.

La F1 continuait d’aller à Watkins Glen, mais sous le nom de « Grand Prix des États-Unis Est ». En effet, entre 1976 et 1983, une course « Ouest » fut organisée à Long Beach, à 30 kilomètres de Los Angeles.

Las Vegas (1981-1982)

Las Vegas (image: All F1 Info)

En 1981, le circuit new yorkais croula sous les dettes et dût cesser la tenue de courses de F1 sur leurs terres. Comme remplacement, les instances du sport opta pour Las Vegas, dont le circuit se trouva… dans le stationnement de l’hôtel Caesar’s Palace. Le Grand Prix de Las Vegas, avec son circuit « Mickey Mouse », n’aura duré que deux saisons, mais nous a offert une fin de saison 1981 excitante, où Nelson Piquet a remporté le championnat des pilotes par un point.

Le Grand Prix de Las Vegas de 1981, remporté par Alan Jones.
Detroit (1982-1988) (Image: All F1 Info)

En 1982, la Formule 1 se retrouva dans une autre ville américaine, mais pas la moindre: Detroit. Pour le retour du Grand Prix des États-Unis Est, la capitale de l’industrie automobile accueillit l’élite du sport auto. En plus, c’était la première (et seule) fois que trois villes d’un même pays se retrouvaient dans la même saison de F1. Ayrton Senna fut le pilote le plus victorieux sur le circuit urbain du Michigan, avec trois victoires (de 1986 à 1988).

Dallas (1984)

Dallas (1984)

Lors de la saison 1984, une nouvelle ville américaine s’inscrivit au jeu: Dallas. C’est probablement un événement que la ville du Texas préfère oublier. Organisée en juillet, où les températures sont torrides dans le sud des States, la piste urbaine a vu son asphalte se désintégrer logiquement avec la chaleur. La course du dimanche dût même devancée à onze heures (heure locale); la dernière séance d’essais pré-course, à 7h30. Cela força Jacques Laffitte à arriver sur le circuit en pyjama! Le warm-up fut annulé, avec la détérioration de la piste, à cause des courses de soutien. Le départ fut quand même donné. Deux heures plus tard, Keke Rosberg remporta ce Grand Prix controversé, alors que huit voitures (sur 26) parvinrent à le compléter et 14 d’entre elles avaient tapé le mur. Pour couronner le tout, Nigel Mansell s’évanouit en tentant de pousser sa Lotus à la ligne d’arrivée.

Phoenix (1989-1991)

Phoenix (1989-1991) (Image: All F1 Info)

Encore une fois, le Grand Cirque changea de ville. Cette fois, la F1 décida d’aller à… Phoenix.

Oui, Phoenix.

Sans surprise, le circuit (et la ville) était impopulaire auprès des pilotes et l’événement était largement méconnu de la population locale. Bien que Jean Alesi se soit démarqué au volant d’une Tyrell, en se battant avec la puissante McLaren d’Ayrton Senna, en 1990, le Grand Prix des États-Unis (le vrai, cette fois) disparut du championnat pour une longue période, après 1991.

Indianapolis (2000-2007)

Indianapolis (2000-2007)

Neuf ans plus tard, en 2000, ce fut le grand retour de la F1 aux USA. Cette fois-ci, fini, les circuits urbains. Le Indianapolis Motor Speedway construisit, à l’intérieur du célèbre anneau de vitesse, une section routière spécialement pour ces bolides. La première course au Brickyard fut remportée par Michael Schumacher. L’événement qui a marqué le GP des États-Unis à Indy est la controverse des pneus de 2005. Lorsque Ralf Schumacher (Toyota) frappa le mur, à la suite d’un pneu Michelin défaillant. Comme la FIA avait refusé de leur offrir d’autres solutions à ce problème, le fournisseur de pneus français et ses écuries partenaires boycottèrent le Grand Prix, laissant six véhicules munis de Bridgestone sur la grille de départ, dont les deux Ferrari. Michael Schumacher gagna, mais la course fut un fiasco sur toute la ligne.

Au terme de l’épreuve de 2007, où on a assisté à un duel épique entre Lewis Hamilton et Fernando Alonso, la Formule 1 annonça ne plus revenir à Indianapolis.

le circuit

Circuit des Amériques (5,513 km/56 tours)
Premier GP aux États-Unis: 1959 (Premier à Austin: 2012)

Situé à proximité du centre-ville de Austin, le Circuit des Amériques est devenu un tracé adoré auprès des pilotes et des amateurs de course. La piste, longue de 5,513 km, comporte plusieurs virages similaires à ceux qu’on retrouve dans le calendrier habituel de la Formule 1. Par exemple, le premier secteur est composé d’une réplique du fameux enchaînement de Silverstone: Maggots-Becketts-Chapel. Ensuite, on retrouve la section « Stadium » de Hockenheim (virages 12 à 15), suivi du populaire Virage 8 d’Istanbul Park.

Le premier virage du Circuit des Amériques (Image: dutchbaby/Flickr)

Outre ces reproductions, le COTA contient, tout comme n’importe quel autre circuit dessiné par Hermann Tilke, une signature. Dans ce cas-ci, il s’agit du premier virage, impossible à manquer. À partir de la ligne de départ/arrivée, les pilotes doivent monter une pente haute de 31 mètres (l’équivalent de 213 chapeaux de cow-boys)! Le virage 1 est aussi unique, car sa largeur (29,7 mètres à l’entrée) permet d’emprunter plusieurs trajectoires. Or, cela facilite (ou pas) les tentatives de dépassements. On retrouve ce même type de virages larges aux 11, 12, 19 et 20.

Le Circuit des Amériques d’Austin fait partie des cinq tracés au sens anti-horaire, avec Interlagos (Brésil), Marina Bay (Singapour), Bakou (Azerbaïdjan) et Yas Marina (Abu Dhabi). Cela signifie donc que les pilotes devront travailler la partie gauche de leur cou, qui encaissera une bonne partie des forces G de cette piste.

À surveiller

  • En s’assurant du championnat des pilotes, Lewis Hamilton le fera 60 ans après que Mike Hawthorn soit devenu le premier Britannique à remporter ce titre prestigieux.
    • L’exploit de Mike Hawthorn eut lieu durant le Grand Prix du Maroc 1958.
  • Hamilton pourrait devenir le troisième pilote de l’histoire à gagner cinq titres, après Michael Schumacher (2002) et Juan Manuel Fangio (1957).
    • De plus, il deviendrait le deuxième pilote, après Schumacher, à remporter des championnats consécutifs à deux reprises.
      • Schumacher fut le premier, avec ses titres en 1994 et en 1995 et entre 2000 à 2004. Quant à Hamiltion, il fut sacré en 2014 et en 2015.
  • Si jamais Lewis Hamilton devait gagner le Grand Prix des États-Unis, il deviendrait le premier pilote à remporter la même course cinq fois de suite, depuis Ayrton Senna à Monaco (de 1989 à 1993).
  • Son écurie, Mercedes, a besoin d’un minimum de 43 tours en tête pour atteindre le plateau des 5000 tours menés en F1.
    • Du coup, l’écurie allemande serait la cinquième écurie à se rendre aux 5000 tours en tête. Ferrari, McLaren, Williams et Lotus sont les autres l’avoir déjà fait.
  • Nico Hulkenberg en sera à sa septième présence à Austin. Il tentera de compléter une course au Texas pour la première fois depuis 2013.
    • L’Allemand a souffert de casses de moteur en 2014 et en 2017 et fut victime de collisions en 2015 et en 2016.
    • Le meilleur résultat de Hulkenberg à Austin est une sixième place en 2013 (avec Sauber).
  • Ce sera la troisième présence de Fernando Alonso aux États-Unis en 2018. L’Espagnol a participé aux 24 Heures de Daytona, en janvier dernier, a pris part à des essais privés en IndyCar en septembre, en Alabama, et se retrouve au Texas pour la F1.
  • Des trois courses organisées en Amérique du Nord, Lance Stroll n’a pas marqué de points aux États-Unis.
    • En effet, Stroll termina l’épreuve américaine en onzième position, en 2017.
    • L’an dernier, le Canadien avait inscrit ses premiers points en F1 à Montréal (neuvième) et une sixième place au Mexique.
  • L’an dernier, Pierre Gasly devait participer au Grand Prix des États-Unis, mais il ne pouvait manquer la ronde finale de Super Formula, au Japon, disputée la même fin de semaine que le GP. Malheureusement, la course nipponne fut annulée, en raison d’un typhon.
    • En bref, ce sera un premier GP américain pour le Français.

Statistiques*

Image: Getty Images

Toutes les statistiques ci-dessous proviennent du site de STATSF1.

*Les statistiques ne tiennent pas compte des Grands Prix des États-Unis Est, Ouest et de Las Vegas.

Victoires

  • Pilote: Lewis Hamilton (6)
  • Écurie: Lotus (10)

Pôles positions

  • Pilote: Ayrton Senna (5)
  • Écurie: Lotus (10)

Meilleurs tours

  • Pilote: Sebastian Vettel (5)
  • Écurie: Ferrari (11)

Podiums

  • Pilote: Michael Schumacher (7)
  • Écurie: Ferrari (24)

 

Démarrez une conversation

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *