Avant-course Russie 2018: qui raflera l’or à Sotchi?

Pour la cinquième fois de son histoire, la Formule 1 s’arrête à Sotchi, dans le cadre du Grand Prix de Russie. Lors des quatre dernières éditions, Mercedes les a toutes remportées. Est-ce que l’écurie allemande gardera son invincibilité?

Avec 40 points d’avance sur Sebastian Vettel, Lewis Hamilton a la chance de capitaliser sur un cinquième championnat des pilotes. Sa victoire à Singapour lui a permis de mettre de la pression sur l’Allemand.

Le vainqueur en titre de l’édition 2017, Valtteri Bottas, profite de sa visite aux abords de la Mer noire pour mettre fin à sa séquence de courses sans victoire. Le Finlandais n’a pas savouré au succès depuis le Grand Prix d’Abu Dhabi de l’an dernier. D’ailleurs, son triomphe russe était le tout premier de sa carrière, alors qu’il avait résisté aux attaques de Vettel, dans le dernier tour.

En fin de semaine, les amateurs russes auront la chance d’encourager leur héros local. En effet, Sergey Sirotkin en sera à sa première participation au Grand Prix national.

Histoire du Grand Prix de Russie

Image: Ria Novosti

L’histoire du Grand Prix de Russie est jeune, mais ses origines remontent à un siècle passé.

pré-f1

Départ du Grand Prix de Russie de 1913.

Il y eut deux Grands Prix de Russie, en 1913 et en 1914. Ces courses eurent lieu sur un circuit de 30 kilomètres, à Saint-Pétersbourg. En 1913, le Russe Georgy Surovin fut le premier vainqueur, avec une Benz (qui deviendra Mercedes-Benz en 1926). L’année suivante, l’Allemand Willy Scholl succéda à Surovin, toujours avec une Benz. Avec la Première Guerre mondiale, le club automobile de Saint-Pétersbourg mis fin au Grand Prix de Russie.

les échecs d’un retour

Avec l’avènement de la Formule 1, en 1950, nombreuses furent les tentatives d’organiser au moins un Grand Prix en territoire soviétique. En effet, entre les années 60 et 2008, sept projets ont échoué, pour plusieurs raisons: manque d’intérêt des gouvernements locaux, coûts élevés, frime de la part d’une firme aucunement reliée à Bernie Ecclestone, etc… D’ailleurs, cinq des sept propositions furent orchestrées par Ecclestone lui-même. Il avait toujours aimé organiser une course derrière le Rideau de fer, principalement en Russie.

L’ancien tsar de la F1 avait exploré des lieux comme plusieurs coins de la région de Moscou (et même au centre-ville de la capitale russe) et Saint-Pétersbourg.

sOTCHI: L’ABOUTISSEMENT

Finalement, Bernie Ecclestone trouva une place pour accueillir un Grand Prix de Formule 1 de Russie: Sotchi. En octobre 2010, il réussit, après plus de trente ans d’essais, à placer ce pays dans son calendrier du championnat du monde, en signant un accord pour que cette course se tienne dès 2014. Le circuit fut conçu autour de quelques installations olympiques, dont la Plaza des médailles (avec la torche aux allures de la tour du Stade olympique de Montréal).

Malgré les menaces du Comité international olympique (CIO) de retarder l’extinction des feux d’un an (en cas de dérangement des travaux du circuit pendant les Jeux d’hiver), la première course de F1 en sol russe eut lieu à temps, le 12 octobre 2014.

Au terme des 52 tours, Lewis Hamilton devint le premier vainqueur sur l’Autodrome de Sotchi. Avec Nico Rosberg deuxième, Mercedes mit la main sur son premier championnat des constructeurs.

En 2015, Hamilton répéta l’exploit, tout comme Mercedes de s’emparer d’un deuxième titre des constructeurs. Suite à l’accrochage entre Kimi Raikkonen et Valtteri Bottas, Sergio Perez donna un podium amplement mérité à Force India.

À sa troisième participation au Grand Prix russe, Daniil KvyaT (Red Bull) n’a pas fait honneur à sa tribune éponyme. Il provoqua deux collisions avec Sebastian Vettel, en 2016, donnant scène à une colère épique de l’Allemand.

Cette bourde fut assez « grave » pour le retourner chez Toro Rosso, la ronde suivante (en Espagne), en faveur de Max Verstappen. Cette fois, c’est Nico Rosberg qui triompha à Sotchi, préservant l’invincibilité de Mercedes sur ce circuit.

L’an dernier, Valtteri Bottas tint le coup face à Vettel et devint le 107ème vainqueur différent en F1. Ainsi, cela permit aux Flèches d’Argent de rester invaincu en sol russe.

Le circuit

Sochi Autodrom

Du long de ses 5,853 km, le Sochi Autodrom est le quatrième circuit le plus long du championnat, derrière Spa (7,004 km), Bakou (6.003 km) et Silverstone (5,891 km). La piste passe autour de quelques installation olympiques, utilisées pour les Jeux d’hiver 2014.

Le circuit, relativement très plat, est un mélange de longues lignes droites et de virages à vitesse moyenne. Avec la largesse de la piste, les opportunités de dépassements sont élevées (même si le spectacle n’a pas été très souvent au rendez-vous). Il faudra surveiller surtout le deux, propice à des collisions au départ, comme on en a vu lors des trois dernières éditions.

Accrochage entre Kimi Raikkonen et Valtteri Bottas, au dernier tour du GP de Russie 2015

Comme toutes les autres pistes architecturées par Hermann Tilke, celle de Sotchi comporte un virage emblématique: le 3. Le virage gaucher, long de 789 mètres, représente un défi pour les voitures. En effet, entreprise à pleine vitesse, un bolide encaisse une charge latérale allant jusqu’à 2800 kg, le tout en dix secondes!

Souvent considéré comme un Valence 2.0 en raison du peu d’actions en piste, Sotchi figure parmi les circuits préférés des pilotes, en raison de la fluidité de la conduite dans l’Autodrome.

À surveiller

  • La pôle position de samedi sera la 200ème pour les pneus Pirelli. Attention: cela ne signifie pas que c’est la 200ème course de la marque italienne.
    • L’autre manufacturier de pneus à atteindre cette marque est Goodyear, lors du Grand Prix de France 1988, réalisée par Alain Porst (McLaren)
  • Les écuries Red Bull et Toro Rosso, ainsi que Fernando Alonso, partiront en fond de grille, suite à des changements supplémentaires de composantes de leur groupe propulseur.
  • Pénalisé de deux points sur sa licence à Singapour (ignoré les drapeaux bleus), Romain Grosjean est en probation.
    • En effet, si le Français en reçoit au moins trois autres d’ici le 29 octobre, il sera suspendu pour un Grand Prix.
    • Si un pilote accumule douze points de pénalité en l’espace d’un an, il sera effectivement interdit de course pour une fin de semaine. Pour l’instant, personne n’a été suspendu avec ce système, instauré en 2014.
    • En gros, Grosjean doit se tenir tranquille jusqu’au Grand Prix du Mexique. Le 29 octobre prochain, il verra un point lui être redonné. Deux semaines plus tard, il en recevra deux autres.
  • S’il complète un tour en tête du Grand Prix de Russie, Lewis Hamilton atteindra le plateau des 300 tours menés en 2018.
  • Même s’il partira en fond de grille, Daniel Ricciardo essayera de terminer dans le top 6 à Sotchi pour la première fois de sa carrière.
  • Lors des trois derniers Grands Prix en sol russe, la Voiture de sécurité dût intervenir au moins une fois. La verra-t-on encore une fois, cette année?

Statistiques

Les statistiques proviennent des sites STATSF1 & Forix

Victoires

  • Pilote: Lewis Hamilton (2)
  • Écurie: Mercedes (4)

Pôles positions

  • Pilote: Nico Rosberg (2)
  • Écurie: Mercedes (3)

Meilleurs tours

  • Pilotes: Valtteri Bottas, Sebastian Vettel, Kimi Raikkonen, Nico Rosberg (1)
  • Écurie: Ferrari (2)

Podiums

Le podium du GP de Russie 2015 (Image: Lewis Hamilton)
  • Pilote: Lewis Hamilton (3)
  • Écurie: Mercedes (6)

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