Avant-course Monaco 2018: à vive allure dans le port

Monaco… La plus vieille course de Formule 1 au monde. Il y a tellement d’histoire dans cette petite principauté. N’oublions pas le gratin de célébrités hollywoodiennes qui visitent le Grand Prix, quelques jours après le Festival de Cannes. Quand il fait beau, les courses sont plates. Mais quand la pluie s’invite, Monaco devient un défi encore plus intéressant. 

La sixième ronde de la saison 2018 promet d’être intéressante, ce dimanche. Lewis Hamilton et Mercedes veulent continuer sur leur bonne lancée, entamée à Bakou et en Espagne. Pour leur part, Ferrari se doit de reprendre l’écart perdu sur leur rival argenté. Pour Red Bull, l’écurie autrichienne veut jouer les trouble-fête dans les rues monégasques.

l’HISTOIRE DU GRAND PRIX

L’histoire de ce Grand Prix est longue comme le cou d’une girafe (hyperbole voulue), mais on n’étalera que les grands moments de cette épreuve mythique.

Depuis la nuit des temps, la course automobile a toujours fait partie de l’histoire de Monaco. En 1890, le Sport Vélocipédique de Monaco est fondée. Aujourd’hui, on le connaît mieux sous le nom d’Automobile Club de Monaco. Avec le Rallye de Monte-Carlo bien en place depuis 1911, l’idée d’organiser un Grand Prix là-bas était fortement considérée.

William Grover-Williams, premier vainqueur du Grand Prix de Monaco, en 1929 (Crédit: Agence Meurisse, Gallica)

En 1929, la première édition de l’événement eut lieu dans le Port Hercule (ce qui est encore le cas, de nos jours). Elle fut remportée par William Grover-Williams, sur une Bugatti. De 1938 à 1947, aucune course ne put être disputée, en raison de la Seconde guerre mondiale. En 1949, le décès du Prince Louis II força l’annulation de cette édition.

Le Grand Prix de Formule 1 inaugural à Monte-Carlo s’est tenu en 1950. Il est dans les annales en raison d’un carambolage monstre au premier tour, impliquant une dizaine de participants. C’est de l’écume projetée sur la piste qui est la cause de cet accident. À travers ce carnage, Juan Manuel Fangio n’eut aucune difficulté à passer et rempora l’épreuve. Le Monégasque Louis Chiron termina troisième, inscrivant les premiers point en F1 pour un pilote de la Principauté.

Entre 1951 à 1954, aucune F1 ne roula sur le circuit, puisque la course ne figurait pas au calendrier. L’organisation opta pour des voitures de tourisme, à la place. Donc, le GP de Monaco est revenu à l’horaire du Championnat du monde en 1955, pour ne plus le quitter.

Graham Hill, un maître à Monaco.

Les années 60 à Monte-Carlo se résument en un nom: Graham Hill (et sa belle moustache). Le Britannique remporta ses cinq victoires monégasques dans cette décennie (1963 à 1965,1968 &1969). Durant cette période, il reçut le surnom de « Roi de Monaco ». Ce sobriquet, il va le perdre bien des années plus tard…

Le circuit de Monaco est magnifique, mais depuis que le monde est monde, il était dangereux. Sir Jackie Stewart préconisait fortement la sécurité sur et autour de la piste. Certains Grands Prix furent forcés d’être annulés, mais pas celui-là. Pour la principauté, il ne suffisait que d’ajouter des barrières Armco pour éviter que d’autres pilotes comme Alberto Ascari (1955) tombent dans la rivière. De plus, le tracé fut modifié en 1972, avec l’ajout d’une chicane à la Piscine et de virages lents à la Rascasse. C’est le Français Jean-Pierre Beltoise qui a « inauguré » le circuit 2.0, en signant sa seule victoire en F1.

En général, le Grand Prix monégasque a tendance à nous offrir des courses avec une attrition remarquable. On n’a qu’à penser à l’édition de 1966, où quatre pilotes ont complété l’épreuve. 1996, année de la dernière victoire d’un pilote français en Formule 1 à date (Olivier Panis), en est une autre. Trois voitures ont franchi la ligne d’arrivée!

Ayrton Senna (McLaren) fighting Nigel Mansell (Ferrari), 1990 Monaco Grand Prix
Ayrton Senna, en 1990. (Cérdit: WR12)

Le titre de « Roi de Monaco », que Graham Hill a perdu, appartient encore (et toujours) à Aytron Senna. C’est pendant ce rendez-vous annuel que les amateurs ont découvert le talent du Brésilien. En 1984, il amena sa Toleman en deuxième place, alors que la forte pluie s’abattait sur le port. Si ce GP ne fut pas stoppé au 31e tour, Senna aurait rattrapé Alain Prost et peut-être remporter la victoire.

Malgré cela, il a réussi à en gagner 6, dont 5 consécutives de 1989 à 1993. Il est aussi l’auteur du meilleur tour de qualifications jamais réalisé en F1. Senna obtint la pole position de l’édition 1988, claquant plus d’une seconde d’écart sur Prost! Malheureusement, la légende perdit la concentration et heurta les rails avant Portier (le virage avant l’entrée du Tunnel). Furieux, il quitta la piste pour rentrer chez lui, à pieds. Bref, Senna compte le plus grand nombre de victoires dans les rues étroites de Monte-Carlo et personne ne peut le rejoindre avant un bon bout de temps.

Michael Schumacher à son dernier GP de Monaco, en 2012. (Crédit: Wackywace, Wikimedia)

Le seul qui s’est rapproché de son record est Michael Schumacher. L’Allemand a gagné cinq fois, comme Hill. Il aurait même pu en avoir sept! Cependant, il eut un accident au Tunnel (derrière la Voiture de sécurité), en 2004, et a triché en qualifs à la Rascasse, en 2006.

Monaco est aussi la deuxième maison de plusieurs pilotes actuels du plateau, sauf pour Charles Leclerc. Le pilote Sauber est naitf de Monte-Carlo et habite à quelques mètres du circuit! Il veut devenir le premier Monégasque à inscrire un point sur ses rues depuis Louis Chiron en 1950.

Il s’agit de la seule épreuve à tenir des essais libres le jeudi, au lieu du vendredi. La raison est simple: c’est pour permettre au public d’utiliser les routes bloquées par la présence de voitures de course.

Voilà! Ceci est l’histoire (très, très longue) du Grand Prix de Monaco. Fiou!

Le circuit

Circuit de Monaco

Circuit de Monaco (3.337 km/78 tours)
Premier GP à Monaco: 1929 (1950 pour la F1)

Pour bien maîtriser cette piste mythique, il faut connaître ses limites. Sinon, les rails vous attendent sans problème. Autant les recrues que les légendes ont fait connaissance avec les murs monégasques. Cela nécessite donc de la précision dans ce lieu étroit.

Monte-Carlo, dans la vie de tous les jours (Crédit: Alvaro Paricio, Flickr)
  • Le Circuit de Monaco est le plus court de tout le championnat, du long (lol) de ses 3.337 km.
    • Il est la seule exception, puisque tous les autres tracés doivent mesurer au moins 3.5 km.
  • C’est le seul tracé où les bolides passent dans un tunnel.
    • À la sortie de ce passage, la Nouvelle Chicane
  • L’épingle au Loews Fairmount Loews (virage 6) est le plus lent du calendrier.
    • Elle se prend à environ 50 km/h!
    • Devant ce virage se trouve un hôtel du même nom!
  • La ligne des puits actuelle a été instaurée en 2002. Elle se situe sur l’ancienne ligne de départ/arrivée entre 1929 à 1962.
  • La Rascasse est un bar!
    • Le virage de la Piscine contourne la piscine municipale! (#CaptainObvious)
  • Dès l’an prochain, la Formule E utilisera le même tracé que la F1. Depuis 2015, les monoplaces électriques roulaient sur une version écourtée du circuit.
  • Bonne chance pour effectuer des dépassements! L’étroitesse des rues enclavées prive un peu les pilotes de prendre une position.
  • La ligne droite entre Anthony Nogues et Sainte-Dévote est le seul endroit où il est possible de déployer le DRS.
    • Lorsque le DRS était activable partout en 2011 et en 2012, il était formellement interdit de l’utiliser dans le Tunnel, pour des raisons de sécurité.
  • Chaque virage à Monte-Carlo contient une histoire. Vous pouvez visionner la vidéo réalisée par la F1 ci-dessous.

à surveiller

  • Le Grand Prix de Monaco est une course très spéciale pour Red Bull. L’écurie autrichienne disputera sa 250ème course en Formule 1.
    • Elle a gagné sa 100ème en Hongrie 2010 (Mark Webber) et sa 150ème au Bahreïn 2013 (Sebastian Vettel). Est-ce que Daniel Ricciardo ou Max Verstappen montera sur la première marche du podium, ce dimanche?
  • Lewis Hamilton tentera d’oublier sa dernière visite dans la principauté, qui fut difficile. Il vise une 75ème pole position en F1.
  • Vettel, vainqueur en 2017 (Crédit: Sutton Images)

    Si Hamilton y va pour la pole numéro 75, Sebastian Vettel veut défendre sa couronne devant le Prince Albert.

    • Le vainqueur en titre à Monaco pourrait remporter sa 50ème victoire en F1.
    • Il deviendrait le quatrième pilote à atteindre ce plateau. Alain Prost, Michael Schumacher et Lewis Hamilton sont les trois autres.
    • Vettel pourrait devenir le neuvième pilote à remporter ce GP deux années consécutives. Le dernier à réaliser cet exploit est Nico Roberg (2013 à 2016).
  • Max Verstappen compte une course terminée dans la principauté en trois participations: cinquième en 2017. Il n’est jamais monté sur le podium.
  • Romain Grosjean, qui n’a aucun point cette saison, est sur une séquence de neuf courses consécutives sans point. Il ne veut certainement pas se rendre à dix.
  • Avec Charles Leclerc au volant d’une Sauber, on aura un pilote monégasque pour la première fois en 24 ans. Olivier Beretta (Larousse -pas le dictionnaire) était le dernier à fouler la célèbre piste.

statistiques

Victoires:

  • Pilote: Ayrton Senna (6)
  • Écurie: McLaren (15)

Poles positions: 

  • Pilote: Ayrton Senna (5)
  • Écurie: McLaren (11)

Meilleurs tours:

  • Pilote: Michael Schumacher (5)
  • Écurie: Ferrari (17)

Podiums:

  • Pilote: Ayrton Senna (8)
  • Écurie: Ferrari (51)

Célébrités: 

Y’en a beaucoup à Monte-Carlo!

Démarrez une conversation

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *