Avant-course Italie 2018: duel magique dans la Pista Magica

*La Piste magique en italien

Avec Monaco et la Grande-Bretagne, le Grand Prix d’Italie est un classique du championnat du monde de la Formule 1. Lewis Hamilton et Sebastian Vettel continueront leur duel à l’historique Monza, Vettel ayant réduit l’écart de sept points en Belgique. Voici tout ce que vous devez savoir du Grand Prix d’Italie, qui regorge d’une histoire remarquable.

Le Grand Prix de Belgique fut relativement dramatique, avec le carambolage du premier tour, impliquant Nico Hülkenberg, Fernando Alonso et Charles Leclerc (sans oublier Daniel Ricciardo et Kimi Raïkkönen). Pendant ce temps, Vettel passa Hamilton, dans un sandwich rose Force India, afin de prendre les commandes de la course. Parlant de Force India, l’écurie 2.0 réussit leur deuxième entrée en inscrivant une cinquième et une sixième place. Ce sera devant les éternels Tifosis (les partisans de Ferrari) que Vettel tentera de mettre de la pression sur son rival, lors de la dernière ronde européenne de l’année (si vous ne comptez pas la Russie comme pays d’Europe).

Histoire du Grand Prix d’Italie

Ère pré-F1

Premier Grand Prix d’Italie sur le circuit de Monza, en 1922.

Tout comme certains autres pays, l’Italie accueillit son premier Grand Prix automobile dans les années 20. En 1921, la première course eut lieu à Brescia, sur un circuit urbain de 17.3 kilomètres. L’année suivante, elle fut tenue sur dans l’Autodrome de Monza, au nord de Milan. Entre 1922 et 1928, quatre Italiens remportèrent le rendez-vous. Celui de 1928 fut, avant les 24 Heures du Mans de 1955, la plus grande tragédie en sport automobile. Un duel entre Emilio Materassi et Giulio Foresti se termina dans les gradins, tuant Materassi et 27 spectateurs, en plus d’en blesser 26 autres. Suite à ce drame, le Grand Prix italien fut mis en suspens pour deux ans. Malheureusement, deux autres années plus tard, trois autres pilotes trouvèrent la mort, dont le chanteur d’opéra Giuseppe Campari.

Après deux tragédies, des modifications importantes se devaient d’être réalisées au circuit. Par exemple, des chicanes furent ajoutées aux bankings de l’ovale. Cela n’empêcha guère la vedette allemande des Grands Prix internationaux, Rudolf Caracciola, de remporter la course de 1934.

Le Grand Prix d’Italie fut suspendu pendant la Seconde guerre mondiale, mais c’est en sol italien que la première épreuve de type « Formule 1 » eut lieu, à Turin en 1946. Monza accueillit le dernier rendez-vous pré-Championnat du monde des pilotes de F1 en 1949.

lA F1 dans un Monza rénové

Affiche du Grand Prix d’Italie 1950.

Pour la première course de ce nouveau championnat en sol italien en 1950, Nino Farina fit honneur au pays, en remportant le Grand Prix. De plus, le podium fut 100% italien (Dorino Serafini/Alberto Ascari et Luigi Fagioli le complétèrent). Alberto Ascari, fils du vainqueur de l’édition de 1924, Antonio, succèda à Farina en 1951 et en 1952.

L’Autodrome au nord de Milan comprenait un ovale très rapide. Or, les F1 l’utilisait, en plus de la version routière de Monza. Combinés ensemble, les deux tracés comptabilisait une distance totale de 10 kilomètres. En 1955 et en 1956, Juan Manuel Fangio et Stirling Moss s’imposèrent sur cette longue piste, alors que l’Américain Phil Hill gagna consécutivement en 1960 et en 1961. À noter que la course de 1955 était la dernière de Mercedes, avant leur retour dans la compétition en 2010.

L’arrivée la plus serrée de l’histoire de la Formule 1 eut lieu à Monza, en 1971.

De 1962 à 1979, la Formule 1 emprunta uniquement le circuit routier de Monza. En 1970, l’Autrichien Jochen Rindt trouva la mort, lors des qualifications, à la Parabolica. Emerson Fittipaldi le remplaça, mais Rindt fut quand même sacré champion du monde (le seul à titre posthume de l’histoire de la F1). L’année suivante, le Britannique Peter Gethin remporta le Grand Prix par seulement un centième de secondes sur Ronnie Peterson, ce qui reste l’arrivée la plus serrée de l’histoire du sport. Le rendez-vous de 1978 tourna au vinaigre, avec le décès de Peterson, des suites de complications médicales après un accident au départ de la course. Son coéquipier, Mario Andretti, remporta le championnat du monde lors de cette même fin de semaine.

1980: passage à imola

Avec des rénovations majeures entreprises à Monza, le Grand Prix d’Italie déménagea à Imola, seulement pour l’édition de 1980. Nelson Piquet, engagé dans une lutte à finir avec Alan Jones pour le championnat des pilotes, fut déclaré vainqueur. Malheureusement pour lui, c’est Jones qui remporta le championnat à Montréal, deux semaines plus tard.

Les pilotes adorèrent ce circuit et les infrastructures, donc Imola reçut l’aval d’organiser le Grand Prix de Saint-Marin, de l’année suivante à 2006.

1981 à Maintenant

Pour le retour de la Formule 1 à Monza, Alain Prost remporta la course, alors que son coéquipier, John Watson, perdit le contrôle de sa McLaren et eut un énorme accident. Le Nord-Irlandais s’en sortit indemne.

Gehrard Berger, vainqueur du GP d’Italie 1988.

L’édition de 1988 fut spéciale. Quelques semaines après le décès d’Enzo Ferrari, la Scuderia Ferrari rendit hommage à son fondateur de la plus belle manière: une victoire et un doublé, gracieuseté de Gehrard Berger et de Michele Alboreto. Cette course marqua aussi la seule défaite de la saison de la dominante McLaren-Honda. Alain Prost souffrit d’une casse moteur et Ayrton Senna entra en contact avec le retardataire Jean-Louis Schlessler.

Huit ans plus tard, Michael Schumacher mit fin à la disette de victoires sur la Pista magica pour Ferrari, à sa première saison chez les rouges.

En 1999, Mika Hakkinen abandonna, alors en tête du Grand Prix, permettant à Heinz-Harald Frentzen de s’imposer devant Ralf Schumacher et la Ferrari de Mika Salo. Après son tête-à-queue, Hakkinen partit dans les buissons pour aller pleurer. Néanmoins, cela ne l’empêcha pas d’être sacré champion du monde pour la deuxième fois consécutive.

C’est sur ce même anneau de vitesse que Michael Schumacher égala la marque d’Ayrton Senna (41 victoires), en 2000. L’Allemand fondit en larmes, lors de la conférence de presse. Cependant, la course fut une fois de plus endeuillée par une autre tragédie. Un commissaire de piste fut atteint par une roue détachée, causée par un accident au premier tour. Malgré l’intervention rapide des services médicaux, il succomba à ses blessures.

Robert Kubica, au volant d’une BMW Sauber, en route vers son premier podium en F1, lors du GP d’Italie 2006.

Schumacher remporta, pour la cinquième fois, le Grand Prix d’Italie en 2006, tout en annonçant sa (première) retraite. Kimi Raikkonen, qui avait terminé deuxième, allait le remplacer chez Ferrari. À sa deuxième course en Formule 1, Robert Kubica monta sur le podium pour la première fois.

Celui qui idolâtrait Schumi, Sebastian Vettel, s’imposa pour la première fois en F1, sous une pluie battante en 2008. Encore à ce jour, c’est la seule victoire de Toro Rosso. Il devint le plus jeune pilote à remporter un Grand Prix, à l’âge de 21 ans et 74 jours (record évidemment battu).

La dernière victoire de Ferrari sur cette piste appartient à Fernando Alonso, en 2010. Depuis 2014, c’est Mercedes qui repartit de Monza avec le succès (Hamilton en 2015, 2015 et en 2017; Nico Rosberg, en 2016).

Le circuit

Autodromo Nazionale di Monza

Autodromo Nazionale di Monza (ou Monza Eni Circuit): 5,793 km
Premier GP: 1950

Monza est la Mecque des circuits de vitesse. Les bolides atteignent des vitesses aux alentours de 340 km/h en ligne droite. Les deux chicanes, la Variante del Rettifilo et la Roggia, sont très propices aux dépassements. Daniel Ricciardo est celui qui adore ces genres d’enchaînements, lui qui a l’habitude de compléter ses manœuvres en freinant tardivement. Les moteurs seront donc très sollicités, en fin de semaine. C’est pourquoi Renault a décidé de donner une mise à jour aux groupes propulseurs de leurs clients (McLaren, Red Bull), obligeant Ricciardo à partir en fond de grille pour des changements de composantes du moteur supplémentaires. Outre le moteur, les voitures auront besoin de peu d’appui aérodynamique, expliquant les ailerons arrières aussi minces que des lames de rasoir. Pour aller plus vite, il faut laisser le plus d’air possible.

Contrairement à l’année dernière, la pluie ne devrait pas jouer les trouble-fête. Elle ruiné la séance de qualifications en 2017, nous empêchant de voir les nouvelles générations de F1 tenter de battre le tour le plus rapide, en termes de vitesse moyenne, réalisé par Juan Pablo Montoya en 2004 (262.242 km/h). Est-ce que ce sera le cas en 2018?

à surveiller

  • Outre sa première victoire en 2008 avec Toro Rosso, Sebastian Vettel a gagné à Monza deux autres fois, au volant d’une Red Bull (2011 et 2013). En faisant de même avec Ferrari, il pourrait devenir le deuxième pilote à gagner sur l’anneau de vitesse avec trois écuries différentes.
    • Stirling Moss fut le premier à réaliser cet exploit (Maserati en 1956, Vanwall en 1957 et Cooper en 1958).
  • En inscrivant la pôle position ce samedi, Lewis Hamilton enregistrerait la 200ème pour un pilote anglais en Formule 1; la 265ème pour un Britannique.
  • S’il parvenait à terminer dans le top 10, Romain Grosjean marquerait des points en Italie pour la deuxième fois de sa carrière.
  • Esteban Ocon s’était qualifié troisième en Belgique, la semaine dernière. Son deuxième meilleur résultat en qualifications fut ici-même, en 2017, plaçant sa Force India cinquième. Cependant, il profita des pénalités aux deux Red Bull pour s’élancer de la troisième place.

statistiques

Statistiques prises via statsf1.com

victoires

  • Pilote: Michael Schumacher (5)
  • Écurie: Ferrari (18)

Pôles positions

  • Pilote: Lewis Hamilton (6)
  • Écurie: Ferrari (19)

Meilleurs tours

  • Pilote: Lewis Hamilton (4)
  • Écurie: Ferrari (19)

PODIUMS

  • Pilote: Michael Schumacher (8)
  • Écurie: Ferrari (67)

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