Avant-course France 2018: retour dans l’Hexagone

Après dix ans d’absence, le Grand Prix de France, plus vieux Grand Prix au monde, est de retour en Formule 1. Cependant, le circuit Paul-Ricard reverra ces voitures d’élite pour la première fois en 28 ans. En deux semaines, on passe d’une province 100% francophone (le Québec, you know) au berceau de la langue de Molière. C’est aussi le début d’un programme triple, une première en F1. Voici tout ce que vous devez savoir sur la ronde française.

Vainqueur du Grand Prix du Canada, Sebastian Vettel veut accroître son avance au championnat de pilotes, qu’il a repris en battant Lewis Hamilton. Mercedes, battu à plate couture à Montréal, voudra rebondir dans le sud de la France. Quant à Red Bull, nouvellement associé avec Honda pour 2019 et 2020, elle continuera à jouer les trouble-fête. Renault, écurie à domicile pour ce week-end, devra solidifier son quatrième rang au classement des équipes. Dès vendredi, il y aura trois pilotes français (Romain Grosjean, Esteban Ocon et Pierre Gasly). Grosjean désirera inscrire ses premiers points de la saison. Pour Ocon, il voudra continuer sur sa belle forme du moment. Finalement, pour Gasly, il profitera d’un moteur Honda évolué pour marquer des points importants pour Toro Rosso. N’oublions pas un Espagnol, qui a remporté une course légendaire la semaine dernière.

Histoire du grand prix de france

Le Grand Prix de France est le plus vieux Grand Prix automobile au monde. Créé en 1906, sous la direction de l’Automobile Club de France (ACF), la première course sous cette épellation fut un dérivé des coupes Gordon Bennett, épreuves courues de ville en ville. Le premier Grand Prix eut lieu au Mans, sur un tracé de 103 km (!), sur douze tours. Le vainqueur de cette année-là, le Hongrois Ferenc Szisz, a terminé cette course en 12 heures!

La ligne des puits du circuit Reims-Gueux (Crédit: CpaKmoi, Flickr)

D’autres Grands Prix furent disputés dans plusieurs villes de l’Hexagone, jusqu’en 1949. Les concurrents se battaient pour le triomphe dans les pistes de Pau, Strasbourg, Lyon et à Montlhéry. En 1950, le France décida de faire partie du nouveau championnat du monde de Formule 1. Pour l’occasion, ce fut le circuit de Reims-Gueux qui eut cet honneur de recevoir les pilotes de la catégorie. Au volant de sa Alfa Romeo, l’Argentin Juan Manuel Fangio fut le premier à franchir la ligne d’arrivée de la piste urbaine et presque triangulaire. Lors de l’édition de 1961, l’Italien Giancarlo Baghetti, de Ferrari, devint le premier (et le seul, actuellement), à avoir remporté une victoire à son premier Grand Prix (qui fut aussi son dernier). Jacques Villeneuve est passé proche de répéter cet exploit, en Australie 1996. Au total, Reims était l’hôte de cette course à onze reprises, entre 1950 et 1966. Fait intéressant: les garages du circuit sont encore existants et il est possible de les visiter, le long de la route D27. Il n’y eut aucune course en France en 1955, suite au terrible accident survenu pendant les 24 Heures du Mans.

rouen-Les-Essarts

Jean-Pierre Beltoise à Rouen-les-Essarts, 1968

Le deuxième circuit français à être utilisé pour la F1 fut Rouen-les-Essarts, à cinq reprises (1952, 1957, 1962, 1964 & 1968). Situé au sud-ouest du centre-ville de Rouen, la défunte piste était reconnu comme étant l’un des plus grands circuits en Europe. C’était un tracé généralement en descente, traversant une forêt. Malheureusement, l’événement de 1968 fut le dernier organisé à Rouen, suite au décès tragique de Jo Schlesser.

Clermont-Ferrand (Charade)

Résultats de recherche d'images pour « grand prix de france charade »Dès 1965, une troisième piste fut l’hôte du Grand Prix F1: Clermont-Ferrand. Le circuit de 8.055 km, localisé proche de vieux volcans, reçut les plus grands pilotes quatre fois (1965, 1969, 1970 & 1972). Jim Clark fut le vainqueur en 1965, mais on retiendra la course de 1972 pour deux raisons: la perte d’un oeil d’un certain Helmut Marko et la remontée mémorable du Néo-Zélandais Chris Amon. Ce dernier s’en allait chercher sa première victoire en F1, mais un long arrêt aux puits ruina ses chances. Heureusement, il effectua une remontée mémorable pour terminer troisième. Après la course, celui qui brisa trois fois le record du tour eut l’occasion de faire un tour d’honneur avec Sir Jackie Stewart, vainqueur à Clermont-Ferrand.

Le MansRésultats de recherche d'images pour « f1 le mans 1967 »

Le Circuit de la Sarthe est connu pour les 24 Heures du Mans, mais il a aussi servi de piste pour la Formule 1. En effet, en 1967, Sir Jack Brabham fut l’unique triomphant de ce Grand Prix de France. Non, les F1 n’ont pas utilisé le long et célèbre tracé de 13 km. C’était sur le circuit Bugatti, nouvellement conçu pour des courses automobiles sur une base permanente. Cependant, il n’était pas bien apprécié par les pilotes. Graham Hill et Jim Clark s’échangèrent la tête du classement, avant que les deux pilotes Lotus-Ford furent contraints d’abandonner pour des ennuis de différentiel. Cela laissa Brabham vainqueur de la seule course de F1 au Mans.

Dijon

Résultats de recherche d'images pour « villeneuve arnoux »Le circuit de Dijon-Prenois a été l’hôte de deux Grands Prix: celui de la France (cinq fois) et de la Suisse (en 1982). Lors de la première édition dans la ville de la moutarde, en 1974, fut difficile pour les pilotes. Pendant la course, les meneurs devaient composer avec les retardataires, sur une piste où les temps étaient enregistrés en-dessous de la minute. Or, pour 1976, la piste passa de 3.3 km à 3.8 km. Quand il est question de Dijon-Prenois, il faut OBLIGATOIREMENT évoquer la course de 1979. Cette année-là, les amateurs ont assisté à la plus belle passe d’armes du sport: le duel Gilles-Villeneuve-René Arnoux. Lors des derniers tours de l’épreuve, Villeneuve (Ferrari) et Arnoux (Renault) se battaient pour la deuxième place. Ils ne se laissèrent aucun pouce et le tout fut joué dans le respect des règles. La bagarre fut remporté par Villeneuve. En 1982, le circuit organisa la tenue du Grand Prix de Suisse. Depuis le fameux accident au Mans en 1955, la course automobile (sur circuit fermé) fut banni en Suisse (jusqu’à cette année, avec la Formule E à Zurich).

Magny-Cours

Résultats de recherche d'images pour « raikkonen schumacher 2002 »Bien que le circuit de Magny-Cours fut construit en 1959, il a fallu attendre en 1991 pour voir la Formule 1 rouler sur cette piste. Lors de cette année d' »inauguration », Nigel Mansell résista à Alain Prost pour remporter la course. Certains virages sont des copies conformes de ceux d’autres circuits de grande renommée (Estoril, Nurburgring & Adelaïde). Si Magny-Cours était apprécié auprès des pilotes, l’accès au circuit était compliqué. Comme c’est situé loin des autoroutes, ce n’était pas si simple de recevoir les fans des quatre coins du pays. Le Grand Prix de France fut retiré du calendrier de l’an 2009, pour ne plus jamais revenir.

Paul-Ricard

Résultats de recherche d'images pour « f1 paul ricard »Mais ça c’était avant le retour de la F1 dans la Provence, cette fin de semaine. Le circuit Paul-Ricard ne sera pas à sa première expérience avec les Formules 1. Entre 1970 et 1990, 14 courses eurent lieu dans le Castellet. La piste contient une des plus longues lignes droites du calendrier actuel: le Mistral (1,8 km). Des accidents sérieux d’Ayrton Senna et de Nigel Mansell en 1985, suivi de la mort d’Elio de Angelis lors d’essais privés en 1986, ont vu Paul-Ricard être raccourci pour 1987 (de 5.8 km à 3.8 km). Lors de la dernière course, en 1990, Alain Prost remporta l’épreuve mais les deux voitures de Leyton House, conçues par Adrian Newey, ont failli revenir à la maison avec les honneurs. Pourtant, personne ne s’attendait à ce que cette écurie soir en avant-plan en France. L’année précédente, un de ses pilotes, Mauricio Gugelmin, fut impliqué dans un accident spectaculaire au départ de la course, sur le même tracé. Lorsque la F1 est partie à Magny-Cours, les dirigeants du Castellet ont décidé de transformer la vocation du circuit. En 1999, il est racheté par Bernie Ecclestone et devient une piste d’essais très avancée. Aujourd’hui, il est prêt pour accueillir les plus grandes compétitions automobiles au monde.

Le circuit

Circuit Paul-Ricard

Circuit Paul-Ricard (5.842 km/53 tours)
Premier GP en France: 1950 (à Paul-Ricard: 1970)

Nommé en l’honneur du magnat du pastis, Paul-Ricard s’est complètement modernisé, au fil des années. On peut apercevoir de très grandes zones de dégagement autour de la piste. Elles sont appelées « Zone bleue », puisqu’elles sont faites pour réduire la vitesse des voitures sans utiliser du gravier. La Zone est composée d’asphalte et de tungstène. Il y a aussi la « Zone rouge », autre section de zones de dégagement mais avec plus d’abrasif. Oui, la longue ligne droite du Mistral sera utilisée, mais une chicane a été ajoutée pour ralentir les bolides.

Il existe plus de 160 configurations possibles sur le circuit, allant de 0.826 km aux 5.861 km de Paul-Ricard! À travers le Mistral, il y a une chicane appelée « Montréal », car elle est similaire à celle où se trouve l’infâme Mur des champions, mais inversée. La version courte, utilisée pour les Grands Prix après le décès de De Angelis, est encore présente et disponible.

Il faudra surveiller les F1 rouler à fond à la Courbe de Signes, le virage 10. Il se prend à environ 290 km/h, avant de plonger à la Double droite du Beausset (virage 11).

Bien qu’aucun Grand Prix n’eut lieu au Castellet depuis 1990, les F1 ont quand même foulé l’asphalte pour des essais de pneus, au cours des deux dernières années. Mercedes, Ferrari, Red Bull et McLaren avaient été les cobayes de Pirelli.

À SURVEILLER

  • Ce sera la quinzième fois que la F1 ira à Paul-Ricard. C’est évident qu’il y aura un onzième vainqueur différent.
  • Des vingt pilotes prenant part au Grand Prix ce dimanche, seulement quatre d’entre eux ont participé au dernier rendez-vous français en 2008: Lewis Hamilton, Kimi Raïkkönen, Fernando Alonso et Sebastian Vettel.
    • Malheureusement, Felipe Massa, vainqueur de la dernière course en France, ne sortira pas de la retraite pour la deuxième fois.
    • Même s’il est rentré en F1 en 2009, Romain Grosjean a participé aux courses de GP2 (maintenant Formule 2) à Magny-Cours. Il dût abandonner lors des deux « meetings » de ce weekend. Pas de bol, Romain…
  • Dans la même lignée, la moitié du groupe de pilotes actuel n’étaient pas né en 1990, année de la dernière visite au Castellet.
  • À Bakou, Valtteri Bottas est passé proche de mettre la main sur la victoire numéro 50 de la Finlande en F1. Raïkkönen et lui pourront se reprendre dimanche.
  • Même si Mercedes-Benz a une riche histoire en F1, la marque étoilée n’est jamais venue en Provence, que ce soit comme écurie ou motoriste!
  • Si un pilote qui ne s’appelle pas Hamilton, Vettel, Bottas, Raïkkönen, Hülkenberg, Ricciardo ou Alonso obtient la pole position samedi, il s’agira de la 99ème pole position différente de l’histoire de la F1.
    • On te surveille, Max Verstappen!
  • En 14 courses, 6 pilotes ayant gagné à Paul-Ricard ont aussi mis la main sur le championnat des pilotes.
  • Il fera beau dans le sud français, sauf samedi (nuageux). Lors des quatorzes visites sur ce circuit, aucune course ne fut dérangée par la pluie. On devra donc attendre 2019… ou 2020.

statistiques

*Stats du Grand Prix de France, de 1950 à 2008.

Victoires

  • Pilote: Michael Schumacher (8)
  • Écurie: Ferrari (17)

Poles positions

  • Pilote: Juan Manuel Fangio (5)
  • Écurie: Ferrari (17)

podiums

  • Pilotes: Michael Schumacher & Alain Prost (11)
  • Écurie: Ferrari (48)

meilleurs tours

  • Pilotes: Michael Schumacher & David Coulthard (5)
  • Écurie: Ferrari (14)Résultats de recherche d'images pour « schumacher coulthard 2000 »

Démarrez une conversation

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *