Avant-course Espagne 2018: que la vraie saison commence (?)

Après quatre Grands Prix passés en Océanie et en Asie, la Formule 1 débute sa saison européenne avec la manche espagnole. Évidemment, les yeux seront rivés sur Sebastian Vettel et Lewis Hamilton, mais aussi sur les deux pilotes Red Bull. Suite à leur accident à Bakou, Daniel Ricciardo et Max Verstappen devront éviter de se rentrer dedans pour la troisième fois (n’oubliez pas Hongrie 2017). Le Grand Prix d’Espagne sera une occasion en or pour Fernando Alonso et Carlos Sainz de briller devant leurs partisans.

Vettel et Hamilton veulent reprendre leur combat exceptionnelle de leur dernière visite à Barcelone, que le Britannique a remporté. Quant à Valtteri Bottas, il voudra oublier sa très triste fin d’épisode d’il y a deux semaines, en tentant de s’immiscer dans la course au titre. Généralement, le Grand Prix d’Espagne est la course où les écuries apportent des modifications majeures à leurs voitures. Il semblerait que McLaren soit une d’entre elles, avec un nouvel aileron avant. Même chose pour Williams, qui connaît un début d’année difficile, malgré les premiers points offerts par Lance Stroll en Azerbaïdjan.

(la très longue) HISTOIRE DU GRAND PRIX d’Espagne

Grand Prix d’Espagne pré-F1 au Circuito Lasarte

Bien que la Formule 1 aille en Espagne depuis 1951, le Grand Prix espagnol existe depuis 1913. La première course, avec des voitures de tourisme, se déroulait sur un circuit de 300 km, pas très loin de Madrid. Comme elle était un succès, l’épreuve fut organisée sans les voitures de tourisme l’Autódromo de Sitges-Terramar en 1923.

En 1926, le Grand Prix d’Espagne fut déplacé au Circuito Lasarte, au nord de Bilbao. Ce tracé accueillit à cinq reprises cet événement (1926 et 1927; 1933 à 1935). L’édition de 1935 fut la dernière avant la Guerre civile au pays.

Pedralbes street circuit
Le circuit urbain de Pedralbes, à Barcelone.

Douze ans après la fin de cette guerre mettant fin au règne du général Franco, la Formule 1 entra en scène. La première course de cette catégorie, tenue à Pedralbes (dans les rues de Barcelone) fut remportée par Juan Manuel Fangio (Alfa Romeo), lui permettant de devenir champion du monde pour la première fois. Malheureusement, l’épreuve n’eut guère lieu en 1952 et en 1953, faute d’argent. La F1 retourna à Pedralbes en 1954, mais pour la dernière fois. Le Britannique Mike Hawthorn (Ferrari) fut le dernier vainqueur. Avec le terrible accident aux 24 Heures du Mans de 1955, le circuit urbain barcelonais ferma ses portes pour de bon.

Route of the Montjuïc Circuit as laid out for the Spanish Grand Prix
Le circuit urbain de Montjuic, à Barcelone. (Crédit: Wikipédia)

Après un hiatus de onze ans, la catégorie reine retourna en Espagne, mais au Circuit de Jarama, au nord de Madrid. D’abord une course hors-championnat en 1967, la manche ibérique fut inscrit au calendrier en 1968. Cependant, le tracé madrilène devait partager la tenue de cette course avec le circuit urbain de Montjuïc (encore à Barcelone). Cette alternance ne durera pas longtemps. En 1975, l’aileron arrière de la voiture de Rolf Stommelen se détacha et heurta des spectateurs. Quatre d’entre eux furent tués. Avec les menaces de boycott de cette course de la part des pilotes, il n’était plus question de rouler à Montjuïc. Malgré la tragédie, Leila Lombardi (March) inscrivit son seul point en Formule 1*, devenant la seule femme -jusqu’à présent- à marquer des points dans cette catégorie. Jarama devint l’hôte du Grand Prix d’Espagne, de 1976 à 1981.

Le circuit de Jarama, au nord de Madrid. (Crédit: Wikipédia)

D’ailleurs, c’est là-bas que Gilles Villeneuve a remporté sa dernière victoire en F1 en 1981. Certains sont d’avis qu’il s’agit de sa plus belle victoire, le Québécois gagnant avec un écart de 1.24 secondes sur le cinquième rang, avec des pneus carrément usés.

Bien que Gilles offrit un excellent spectacle cette année-là, Jarama perdit son Grand Prix de 1982 à 1985. Les pilotes retournèrent en Espagne en 1986, sur un tout nouveau circuit. En effet, le Circuit de Jerez, proche de Séville, fut conçu pour le retour de la F1 au pays d’Alonso et de Sainz. La première épreuve sur ce tracé fut marquée par la magnifique bataille entre Nigel Mansell et Ayrton Senna, qui terminèrent nez à nez. Par 0,014 secondes, Senna triompha à Jerez. On se souviendra du dernier Grand Prix d’Espagne dans les environs du barbier de Séville pour l’accident du Nord-Irlandais, Martin Donnelly. Sa Lotus fut détruite dans un accident à pleine vitesse, l’éjectant de son véhicule et le blessant sérieusement. Heureusement, il survécut à ses blessures.

Le tracé de Jerez, utilisé entre 1986 et 1990. (Crédit: Wikipédia)

Bien que Jerez revienne au programme en 1994 et en 1997 pour le Grand Prix d’Europe, la F1 fait ENCORE UNE FOIS escale à Barcelone, cette fois sur un circuit permanent. Depuis 1991, le Circuit de Barcelone-Catalogne accueille le Grand Cirque.

*En vérité, la course fut arrêtée avant la mi-course. Comme elle n’avait guère atteint les 75% de la distance parcourue, les points ont été données à moitié. Lombardi a donc inscrit 0.5 point.

le circuit

Circuit de Barcelona-Catalunya

Circuit de Barcelone-Catalogne (4,655 km/66 tours)
Premier GP sur ce circuit: 1991

  • Une image célèbre dans l’histoire de ce sport

    Conçu en 1991, le Circuit de Barcelona-Catalunya fut utilisé pour les Jeux olympiques d’été de 1992, pour des compétitions de cyclisme.

    • Bon, il y a eu la course de F1 en 91, avec CE fameux mano à mano entre Nigel Mansell et Ayrton Senna (encore!), que le premier a remporté.
  • Les pilotes connaissent ce circuit comme le fond de mes poches creuses.
    • En effet, les essais hivernaux se tiennent souvent là-bas. Grâce à sa sélection de virages rapides, moyens et courts, ainsi que ses longues lignes droites, Barcelone est une référence pour tout le personnel de la F1.
  • En 27 ans d’existence, le circuit de Barcelone-Catalogne a été modifié à trois reprises.
    • En 1995, la chicane Nissan (virage n°9 bis), appréciée par les pilotes, fut supprimée.
    • Pour 2004, le virage La Caixa se transforma en un mini-épingle, afin de multiplier les dépassements.
    • Trois ans plus tard, la piste fut munie d’une chicane entre les virages Europcar (13) et New Holland (16).
      • Petite anecdote: cette section a été retravaillée par nul autre qu’Hermann Tilke, père de plusieurs circuits actuels.
  • Il faudra faire attention à deux facteurs très importants.
    • 2013: Paul Di Resta (Force India) souffre d’une crevaison, lors des essais du vendredi.

      Le premier est l’usure des pneus. Barcelone-Catalogne avait la réputation d’abraser les pneumatiques rapidement. Plus maintenant! Cette année, le Grand Prix d’Espagne se déroulera avec une nouvelle surface sur cette piste, donc Pirelli a opté pour un trio plus doux qu’auparavant. Pour ce weekend, les écuries utiliseront les gommes supertendres (rouges), tendres (jaunes) et médium (blanches).

    • Le deuxième est le changement de vent. Oui, le vent est un facteur important, quand il est question d’aérodynamique. Il peut altérer à n’importe quel moment de la journée sur le circuit. Or, trouver le bon réglage pour la fin de semaine sera très difficile pour les pilotes. Parlez-en à Fernando Alonso…

à surveiller

  • Entre 2006 et 2016, nous avons eu 11 (!) vainqueurs différents, dont deux nouveaux dans le monde de la F1: Pastor Maldonado (2012. Oui, oui!) et Max Verstappen (2016).
    • Lewis Hamilton, grand gagnant en 2017, souhaiterait devenir le premier à gagner en Espagne deux fois de suite depuis Michael Schumacher (2001 à 2004).
  • 1 victoire à Barcelone pour Vettel, mais aucune pole.

    Avec trois poles positions en 2018, Sebastian Vettel désirerait ajouter Barcelone à son palmarès.

    • Oui, Vettel n’est jamais parti premier dans la ville où mon frère ira étudier pendant six mois! Par contre, l’Allemand a gagné en 2011 avec Red Bull.
  • Carlos Sainz, un fan du Real Madrid (go Liverpool!), a enregistré sa meilleure qualification sur ce terrain en 2015. Le natif de la capitale espagnole s’était qualifié cinquième.
    • De plus, son meilleur résultat ici est une sixième place en 2016, dans cette course absolument folle.
  • La dernière victoire de Fernando Alonso en F1: Espagne 2013. (Crédit: Ferrari)

    Il ne faut pas oublier Alonso, LA légende. Le double champion a gagné trois fois dans son propre pays: deux à Barcelone (2006 et 2013) et l’autre à Valence (Grand Prix d’Europe 2012. Dieu merci, ce circuit n’existe plus).

    • Comme Sainz, Alonso est un grand fan du Real. Je sais que c’est hors-sujet et je ne m’en excuse pas.
  • Lewis Hamilton compte trois poles à Barcelone, mais Kimi Raïkkönen pourrait le rejoindre avec une première place samedi, chez les pilotes actifs.
  • La présence de la Voiture de sécurité est très faible dans cette course. Excluant la virtuelle (2017), la dernière fois que nous avons vu la vraie était en 2016. Vous souvenez-vous de ce premier tour?
    • Au total, elle est apparue sur cette piste à cinq reprises.

Victoires

  • Pilote: Michael Schumacher (6)
  • Écurie: Ferrari (12)

Poles positions

  • Pilote: Michael Schumacher (7)
  • Écurie: Ferrari (13)

meilleurs tours

  • Pilote: Michael Schumacher (7)
  • Écurie: Ferrari (14)

Podiums

  • Pilote: Michael Schumacher (12)
  • Écurie: Ferrari (38)

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