Avant-course Belgique 2018: on retourne au boulot

Après quatre semaines de repos, la Formule 1 reprend son cours habituel, avec le Grand Prix de Belgique. Malgré l’absence de course pendant un mois, l’actualité a été absolument riche en rebondissements. Maintenant, l’action se trouve en piste. Voici un avant-goût d’un Grand Prix qui ne manque jamais de drames.

Quelles drôles de vacances! Entre Budapest et Spa-Francorchamps, les nouvelles sur la F1 n’ont cessé de sortir continuellement. Daniel Ricciardo part chez Renault, Pierre Gasly le remplacera chez Red Bull, Carlos Sainz succédera à son idole Fernando Alonso, qui se « retire » de la catégorie reine du sport auto, Force India sort de l’administration judiciaire grâce à un consortium mené par le père de Lance Stroll, mais sera présent sous un nouveau nom

Avons-nous oublié quelque chose?

Malgré tout cela, nous n’avons guère détourné notre attention sur la course au championnat, opposant encore Lewis Hamilton et Sebastian Vettel. Bien qu’Hamilton soit parti de la Hongrie avec 24 points d’avance, Vettel n’a pas dit son dernier mot.

La course de cette fin de semaine sera celle à domicile de Stoffel Vandoorne, mais aussi de Max Verstappen, natif de Hasselt, et de Lance Stroll, dont la mère est belge.

histoire du grand prix de belgique

Il y a beaucoup d’histoires reliées à cette course légendaire, mais on tentera d’être le plus concis possible (bonne chance).

ÈRE PRÉ-F1

Antonio Ascari, premier vainqueur du Grand Prix de Belgique, en 1925.

Le premier Grand Prix de Belgique eut lieu en 1912, sous le nom de la Coupe du Roi des Belges, au Circuit des Ardennes. Avec l’ouverture de Spa-Francorchamps, en 1921, l’événement prit son envol officiellement en 1925, avec Antonio Ascari (Alfa Romeo) comme premier vainqueur. Malheureusement, il fut tué lors de l’épreuve suivante, en France. De 1926 à 1929, aucun Grand Prix n’eut lieu. En 1930, Louis Chiron (Bugatti) s’empara des honneurs, lors du retour de la classique belge à Spa. Le Français Louis Rosier (Talbot) fut le dernier vainqueur de cette épreuve pré-Formule 1, en 1949.

SPA ET F1: 1ÈRE PARTIE (1950-1970)

L’année suivante, le championnat du monde des pilotes de Formule 1 fut inauguré et la Belgique fut inclus au calendrier. À l’image de leur saison, les Alfa Romeo dominèrent ce Grand Prix, Juan Manuel Fangio gagnant à Spa: Nino Farina, deuxième. Fangio triomphera à deux autres reprises (1954 et 1955). Tristement, l’édition de 1957 fut annulée, suite à un manque d’argent causé par le prix exorbitant de l’essence, surtout en période de la crise du canal de Suez. Néanmoins, cela a permis à Francorchamps de se refaire une beauté pour 1958.

Le circuit original de Spa-Francorchamps, long de 14 kilomètres!

À noter que le circuit, grand de 14 (!) kilomètres, passait dans un village et était considéré comme un tracé impardonnable et dangereux. Parlez-en à Sir Jackie Stewart, qui resta coincé dans sa BRM, après avoir heurté un poteau de téléphone. Des pilotes, dont Graham Hill, durent le sauver en se servant de clés à molette pour démonter l’épave du bolide de l’Écossais. Ce fut cette course de 1966 qui devint l’élément-phare de la croisade de Stewart pour une meilleure sécurité en course automobile. D’ailleurs, c’est pendant cette même journée que des scènes du film Grand Prix furent tournées.

La dernière course sur la piste en milieu rural eut lieu en 1970, mais l’événement de l’an précédent ne put obtenir un feu vert, en raison d’un manque flagrant de sécurité observé par Sir Stewart. Faire disparaître un des circuits le plus populaire au monde mais le plus épeurant fut une première victoire pour le triple champion du monde.

Nivelles et Zolder (1971 à 1982)

Après une autre année d’absence, la Formule 1 revint en sol belge, mais ailleurs qu’à Spa-Francorchamps. En 1972, le circuit de Nivelles, proche de Bruxelles, accueillit l’élite de la F1. Bien qu’il y ait une deuxième course là-bas, en 1974, Nivelles n’était pas populaire auprès des pilotes, en plus de ne pas être financièrement viable. Aujourd’hui, le tracé n’existe plus. Entre temps, Zolder prit le relais dès 1973.

Le défunt circuit de Nivelles-Baulers
Gunnar Nilsson (1948-1978), lors du Grand Prix de Belgique 1978

Le circuit situé dans la province de Hasselt fut le théâtre de la seule et unique victoire du Suédois Gunnar Nilsson en 1977, de la première participation de la célèbre Lotus 79, conduite jusqu’à la victoire par Mario Andretti, en 1978 et, surtout, de deux tragédies.

La première était en 1981, quand un mécanicien d’Osella fut happé mortellement par Carlos Reutemann, dans une ligne des puits étroite et dans des conditions météorologiques atroces. La deuxième est celle de 1982, lorsque Gilles Villeneuve trouva la mort lors des qualifications du samedi, après une collision avec Jochen Mass. Même si John Watson gagna au volant d’une McLaren, le décès de Villeneuve marqua la fin de la F1 à Zolder et le retour à Spa.

Spa et la f1: 2ème partie (1983 à aujourd’hui)

La Formule 1 revint dans les Ardennes en 1983 et ne changea plus d’endroit, en date d’aujourd’hui (sauf en 1984, où une course à Zolder fut tenue pour une vraie dernière fois). Cependant, le circuit fut rétréci de moitié et une nouvelle ligne de départ/arrivée fut introduite avant l’épingle de la Source.

La direction du circuit proche de Liège décida de mettre une nouvelle asphalte pour l’édition de juin 1985, mais comme il faisait chaud, elle fondit terriblement et la course fut reportée à la mi-septembre. Ayrton Senna remporta la première de ses cinq victoires à Spa.

En 1991, l’écurie recrue Jordan dût trouver un remplaçant à Bertrand Gachot, emprisonné pour avoir déployé du poivre de Cayenne sur un chauffeur de taxi, à Londres. Son nom? Michael Schumacher. L’Allemand, directement arrivé de l’endurance avec Sauber-Mercedes, impressionna à son premier Grand Prix, mais abandonna pour des problèmes mécaniques. Schumacher revint dans le circuit montagneux en gagnant l’édition de 1992, avec Benetton cette fois.

Les décès de Roland Ratzenberger et d’Ayrton Senna, au Grand Prix de Saint-Marin de mai 1994, força la majorité des circuits du calendrier à modifier temporairement des virages rapides. Spa-Francorchamps ne fut aucunement exempté, car une chicane fut installée à Eau Rouge, pour ralentir les bolides. Elle fut retirée en 1995.

1998

Le Grand Prix de Belgique le plus mémorable date de 1998. Alors que la forte pluie s’invita dans les Ardennes, un carambolage-monstre, impliquant treize voitures, provoqua la sortie d’un drapeau rouge et d’un recommencement de la course. À cette époque, les écuries possédaient des véhicules de rechange, ce qui n’est plus le cas en 2018. Au deuxième départ, Mika Hakkinen, parti en pôle, perdit le contrôle de McLaren, avant de voir la Sauber de Johnny Herbert le heurter. Cela mit fin à la course des deux pilotes. Au 25ème tour, Michael Schumacher entra en contact avec l’autre McLaren, conduite par David Coulthard. Alors qu’il tenta de prendre un tour à l’Écossais, Schumacher ne le vit aucunement et ce fut la fin de la journée pour l’Allemand. Furieux, il se dirigea dans les puits pour demander des explications à Coulthard (avec un faciès colérique, bien entendu). Ce n’était qu’un simple malentendu! L’abandon de Schumacher permit à son ancien rival, Damon Hill, de mener la course et de la remporter. Belgique fut le dernier triomphe de Hill en Formule 1, mais aussi le premier de Jordan dans cette catégorie. Au total, huit pilotes complétèrent l’épreuve, dont David Coulthard (avec cinq tours de retard, afin de réparer l’aileron arrière brisé durant la collision).

Spa-Francorchamps est aussi le théâtre d’un des plus beaux dépassements de l’histoire de la F1. En 2000, Mika Hakkinen profita de l’aspiration de la BAR du retardataire, Ricardo Zonta, pour dépasser Michael Schumacher sur la ligne droite du Kemmel.

Sans oublier le dépassement controversé de Lewis Hamilton sur Kimi Raikkonen, en 2008, lui faisant perdre sa victoire.

Comment peut-on oublier ce carambolage du premier tour en 2012, impliquant Romain Grosjean, Lewis Hamilton et Fernando Alonso? Grosjean et Hamilton s’accrochèrent, avec le premier frappant Alonso. Ajoutez à cela un faux départ du toujours légendaire Pastor Maldonado.

Suite à ce gros accident, Romain Grosjean fut suspendu pour le Grand Prix d’Italie, avec le Belge Jérôme D’Ambrosio prenant sa place pendant sa punition.

Deux ans plus tard, la guerre fratricide entre Nico Rosberg et Lewis Hamilton prit un autre tournant, lorsque Rosberg fit éclater un pneu à Hamilton. L’Allemand parvint quand même à terminer deuxième, alors que son coéquipier abandonna une quarantaine de tours plus tard.

Entre temps, l’épreuve belge fut retiré deux autre fois du championnat, en 2003 (loi anti-tabac) et en 2006 (rénovations majeures du circuit).

le circuit

Spa-Francorchamps

Spa-Francorchamps (7,004 km/44 tours)
Premier GP en Belgique (F1): 1950

Le circuit de Spa-Francorchamps est un préféré des pilotes, mais aussi des fans. Il est le plus long du calendrier, mais aussi celui avec la plus grande élévation, avec un changement de 102 mètres (entre le point le plus haut et le plus court).



Après La Source, le premier virage de la piste, les pilotes roulent à haute vitesse, en montant à partir de Eau Rouge et aussi Raidillon. Ils arrivent à la longue ligne droite du Kemmel, pour freiner aux Combes, un virage qui sépare l’ancienne piste menant au village de Francorchamps du tracé actuel. Attendez-vous à voir les pilotes filer à vive allure à Pouhon, ce double gauche, pour la première fois de l’histoire de Spa 2.0.

Au fil des ans, la pluie a joué un rôle très important dans le déroulement du Grand Prix de Belgique. Comme la piste se trouve dans une forêt à grande élévation, il est souvent difficile de savoir où la pluie va tomber. Par exemple, il peut facilement pleuvoir dans le secteur 1 et faire beau dans le deuxième… comme cela peut bien être l’inverse. Pour vendredi, la météo devrait être très clémente, mais pour samedi et dimanche, les parapluies et les pneus à rainure pourraient bien apparaître dans vos écrans de télévision!

à surveiller

  • Kimi Raikkonen, un maître de Spa, est sur une belle séquence de cinq podiums consécutifs, débutée au Grand Prix de France. La sixième de suite serait sa 100ème en Formule 1.
    • Seuls Sebastian Vettel (106), Alain Prost (106), Lewis Hamilton (126… and couting) et Michael Schumacher (155) en ont plus que lui.
  • Lewis Hamilton participera à son 111ème Grand Prix avec Mercedes, cette fin de semaine. Il a maintenant plus de départs avec la marque allemande qu’avec McLaren.
  • Selon plusieurs sources, il serait fort possible que quelqu’un d’autre vienne remplacer Romain Grosjean chez Haas, en 2019. Il est donc temps pour lui de continuer à bien performer.
    • Tout cela pour dire que c’est en Belgique qu’il a inscrit son dernier podium, jusqu’à présent, alors qu’il roulait pour Lotus (2015).
  • En gagnant à Spa, Sebastian Vettel répéterait le même exploit que Michael Schumacher avait réalisé sur ce même circuit, en 2001: remporter sa 52ème victoire en F1, surpassant la marque d’Alain Prost, au volant d’une Ferrari.
  • Pour son Grand Prix « local », le meilleur résultat de Max Verstappen est une huitième place en 2015.
    • En 2016, il était parti deuxième, mais des contacts avec les deux pilotes Ferraris l’ont forcé à terminer onzième.
    • L’an dernier, sa course prit fin après seulement sept tours, dû à un abandon causé par son moteur.

statistiques

Stats prises sur statsf1.com

Victoires

  • Pilote: Michael Schumacher (6)
  • Écurie: Ferrari (16)

Pôles positions

  • Pilotes: Juan Manuel Fangio, Alain Prost, Ayrton Senna & Lewis Hamilton (4)
  • Écurie: Ferrari

Meilleurs tours

  • Pilote: Alain Prost (6)
  • Écurie: Ferrari (18)

Podiums

  • Pilote: Michael Schumacher (9)
  • Écurie: Ferrari (46)

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