McLaren sortira-t-elle des ténèbres en 2019?

Maintenant que la MCL34 a été présentée à l’univers de la Formule 1, il est temps pour McLaren de mettre 2018 aux oubliettes. L’écurie britannique désire revenir au sommet graduellement et ça commence cette année.

La MCL34, le nouveau châssis de McLaren, est considérée comme un possible retour en force de l’écurie. En 2018, elle a terminé sixième au classement des constructeurs, avec 62 points. Malheureusement, Fernando Alonso et Stoffel Vandoorne en ont arraché avec le modèle précédent, la MCL33. Malgré cette récolte, quoique faible, les deux pilotes se sont retrouvés en fond de grille des Grands Prix.

Tout cela, pour Zak Brown, c’est chose du passé. Le PDG de McLaren a admis, jeudi, qu’il a l’intention de pousser plus fort qu’auparavant. Il ne veut plus répéter les mêmes erreurs commises dans la conception du MCL33. Une d’entre elles était de s’adapter tardivement au moteur Renault.

Pour cette année, l’écurie établie à Woking a pris les taureaux par les cornes. Brown n’a pas hésité à embaucher l’ancien directeur général de Porsche en endurance, Andreas Seidl, qui débutera à son nouveau poste le 1er mai, ainsi que James Key, ancien directeur technique chez Toro Rosso. Ensuite, son équipage ne tergiversait pas sur les aspects aérodynamiques du véhicule et surtout, à modifier le châssis entier.

Fernando Alonso a beau nous dire que la McLaren avait le meilleur châssis, mais, en matière de performances, elle était la deuxième voiture la plus lente du championnat. Les nouvelles règles aérodynamiques, mises en vigueur dès cette saison, représentent donc une occasion en or pour vérifier les progrès (ou la régression) du dur labeur de l’écurie.

Quel carburant pour McLaren?

Petrobras, partenaire technologique de McLaren

Malgré les ambitions et les changements apportés, McLaren doit régler un point important : le carburant. Quel combustible l’écurie va-t-elle utiliser, au premier jour des essais hivernaux du 18 février, à Barcelone?

L’an dernier, à presque pareille date, elle avait signé une entente avec Petrobras, pétrolier brésilien par excellence, débutant en 2019. Petrobras succède à BP/Castrol, fournisseur d’essence officiel de McLaren pour 2017 et 2018. Malheureusement, la compagnie brésilienne n’est pas prête pour les essais de la présaison et encore moins pour le Grand Prix d’Australie, à la mi-mars, ce qui contrecarre les plans de l’écurie anglaise. Le but premier était de concevoir une essence personnelle avec le concours de Petrobras.

Il y a de fortes chances que McLaren débute l’année avec BP/Castrol et de faire le saut avec Petrobras, une fois le carburant de cette dernière prête. De plus, ce serait idéal pour l’équipe, car Renault utilise Castrol pour ses moteurs. Pour de meilleures performances, McLaren devrait imiter le motoriste français. C’est tout à fait normal pour une écurie de faire affaire avec un pétrolier. Mercedes a un partenariat de longue date avec Petronas; Ferrari, avec Shell; Red Bull, avec ExxonMobil (anciennement avec McLaren, de 1996 à 2017). C’est dans l’objectif de maximiser les performances du moteur dans un véhicule de Formule 1, surtout à l’ère des groupes propulseurs turbo hybrides.

En bref, McLaren devra régler cette situation le plus vite possible, afin de ne pas commencer la présaison du mauvais pied.

Virage jeunesse

Lando Norris et Carlos Sainz, le plus jeune duo de pilotes de l’histoire de McLaren (Crédit photo : Lando Norris/Facebook)

Pour la première fois depuis 2007, McLaren aura un nouvel alignement de pilotes. L’écurie a embauché Carlos Sainz et a promu Lando Norris dans le grand club. Il s’agit du plus jeune duo de l’histoire de l’équipe : Sainz a 24 ans; Norris, 19.

Sainz, qui en est à sa cinquième année en Formule 1, arrive en provenance de Renault, après une saison 2018 et quelques courses en 2017 avec les Français. Son meilleur résultat est une quatrième place, lors du Grand Prix de Singapour 2017, au volant d’une Toro Rosso. Quant à Norris, il sort d’une campagne remarquable en Formule 2, malgré une deuxième au classement des pilotes. Partout où il est passé, le jeune Britannique a largement triomphé, notamment avec un titre de champion en Formule 3 européenne, en 2017. Les deux sont conscients de la tâche colossale qui les attend en 2019, surtout Sainz.

«Je pense qu’il ne faut pas commencer à se fixer des objectifs à ce moment de la saison, a-t-il dit aux journalistes présents au McLaren Technology Centre de Woking, jeudi. Nous nous devons de nous préparer pour travailler ensemble.»

Travailler ensemble est l’expression juste. Afin de revenir au sommet, d’ici les prochaines années, Sainz et Norris devront établir une bonne relation de travail entre eux, ainsi qu’avec les ingénieurs de piste et le restant du personnel chez McLaren. Ensuite, si tout va bien, ils pourront nous offrir une lutte fratricide comme Alonso et Hamilton, en 2007.

Rappelons que l’équipe n’est pas montée sur le podium depuis le Grand Prix d’Australie 2014 (Kevin Magnussen deuxième; Jenson Button, troisième) et, pire que ça, n’a pas gagné une course depuis le Grand Prix du Brésil, en 2012.

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