F1 2019: prédiction du classement des écuries

Au terme de huit jours d’essais privés, les dix écuries ont débuté les préparatifs finaux pour le Grand Prix d’Australie. Ces essais ont permis aux observateurs d’établir l’ordre des équipes, en vue de la première course de l’année. Le Bulletin F1 n’en fait pas l’exception.

Saison 2019 de Formule 1: dix histoires à surveiller

1- Ferrari

Nouveau patron, nouveau pilote, nouveau châssis, mais la même ambition. En arrivant à Barcelone, Ferrari n’avait aucunement le temps de niaiser. Sous le regard de Mattia Binotto, nouveau directeur sportif de la Scuderia en remplacement de Maurizio Arrivabene, Sebastian Vettel et Charles Leclerc ont enchaîné les tours dès la première semaine d’essais.

Le duo de pilotes ont été véritablement constants, en plus d’inscrire des chronos plus rapides que Mercedes, qui se concentrait sur la fiabilité. En effet, le meilleur temps total réalisé par Vettel, 1:16.221 (à la dernière journée des tests, le 1er mars), était 3 MILLIÈMES de secondes plus vite que celui de Lewis Hamilton. Cela indique qu’avec peu d’essence dans le bolide et des pneus tendres, le Cheval cabré a un léger avantage sur la Flèche d’argent.

Par contre, dans les simulations de course, Ferrari se montrait plus adaptée que son rival. Selon les données récoltées par plusieurs experts, on parle d’un écart entre quatre et cinq dixièmes de secondes en avance sur Mercedes.

En revanche, les soucis de fiabilité, engendrés lors du bloc 2 des essais, pourraient probablement hanter l’écurie italienne. L’équipe a perdu beaucoup de temps de qualité, en réparant tous les problèmes rencontrés lors de cette période. En effet, au cours des quatre jours de pratique, Ferrari s’est arrêtée à quatre reprises, soit une fois par jour.

En bref, la SF90 est clairement rapide, mais se doit d’être fiable dès la première épreuve de la saison.

2- Mercedes

Crédit photo: Getty Images

La chasse au sixième championnat des constructeurs risque d’être difficile pour Mercedes, car Ferrari semble être plus forte que les deux dernières années.

Après une première semaine compliquée à Barcelone, les champions en titre ont modifié la voiture entre temps. On a remarqué des changements au niveau des ailerons avant et arrière, ainsi qu’aux pontons. Même si ce fut planifié bien avant, on a constaté une certaine amélioration en termes de performance.

Malgré une fuite hydraulique au premier jour du bloc 2, des plaintes d’instabilité à l’arrière du véhicule par Lewis Hamilton et Valtteri Bottas et des problèmes de dégradation des pneus, la W10 a commencé à montrer quelques bons signes dans les simulations de course. Lors de la dernière journée de pratique, Bottas a complété 66 tours, la distance complète du Grand Prix d’Espagne, avec 28 centièmes de secondes de retard sur Charles Leclerc, pratiquant le même programme.

Ils ont énormément roulé, au cours des huit jours, et ils ont été relativement fiables, mais Mercedes paraît se placer derrière Ferrari. Cachent-ils très bien leur jeu ou leur rival s’est vraiment amélioré? On le saura dès la première course de la saison.

3- Red Bull

Crédit photo: Motorsport Images

L’an 1 de l’ère Honda chez Red Bull a bien commencé. En effet, l’écurie autrichienne a roulé avec le motoriste japonais sans le moindre souci, laissant présager de bons débuts. De plus, la RB15 s’est montrée assez rapide, au cours des essais.

Selon les données collectées par la Formule 1, Red Bull se retrouvait parmi les meilleures, en matière de longs relais, au même niveau que Mercedes et Ferrari. Malheureusement, on a peu vu le rythme de cette monoplace en simulation de qualifications, car Pierre Gasly a accidenté sa voiture à l’avant-dernière journée de tests.

Comme les écuries amènent moins de pièces de rechange pendant les essais, cela a amputé le programme de Red Bull. C’est pourquoi on a vu Max Verstappen dans le fond du classement général du jour 8, avec des pneus médiums (C3) et très peu de tours au compteur.

Malgré les deux accidents causés par Gasly (l’autre étant à la semaine 1), il n’y a aucun doute que l’équipe basée à Milton Keynes se montre très positive, avant le Grand Prix d’Australie. D’ailleurs, le directeur sportif de l’écurie, Christian Horner, croit que Red Bull a creusé l’écart que la séparait de Mercedes.

Si le moteur Honda reste fiable, il y a de fortes chances que Red Bull joue le rôle de outsider.

4- Renault

La progression de Renault, de retour en F1 comme constructeur en 2016, est vraiment constante. Avec les résultats affichés au cours de ces huit journées, l’écurie française risque de garder leur quatrième rang au classement.

La marque losangée a enregistré le troisième meilleur total de kilométrage (4473 kms pour 961 tours), sans avoir le moindre pépin technique (outre l’éclatement du DRS, au bloc 1). Par contre, Renault n’est pas rapide sur les lignes droites, même si Nico Hulkenberg a bouclé un chrono de 1:16.843, le plaçant derrière le duo infernal Mercedes-Ferrari.

Néanmoins, aux yeux du patron de la section motoriste de Renault, Rémi Taffin, le moteur a rempli les objectifs fixés par l’équipe, durant l’hiver. Cela donne une bonne lueur d’espoir à Hulkenberg et son nouveau partenaire, Daniel Ricciardo.

Beaucoup de gens pensent que Renault pourrait déranger Red Bull pour la lutte au troisième rang. C’est à voir dès Melbourne.

5- Haas

L’an dernier, Haas s’était présentée en Australie en étant la quatrième meilleure équipe du plateau. C’était effectivement le cas, malgré deux arrêts aux puits complètement ratés. Au dernier Grand Prix de la saison, elle a terminé cinquième, derrière Renault.

En 2019, on devrait retrouver l’écurie américaine au même rang, le 17 mars. Arborant de nouvelles couleurs (noire et dorée, en partenariat avec la boisson énergétique Rich Energy), Haas a montré beaucoup de signes positifs, lors des longs relais. Au jour 8, Kevin Magnussen a beaucoup roulé, même sans utiliser toute la puissance nécessaire.

Par contre, l’équipe n’a pas montré grand chose, en matière de tours de qualifications, en arrachant avec les pneus tendres. Le talon d’Achille le plus important d’Haas est la fiabilité. À l’instar de Ferrari, les Américains ont connu des essais parsemés d’interruptions de service.

Il y a certes du travail à faire, mais vous pouvez miser sur Haas, malgré le cinquième rang qu’on leur prédit, pour rivaliser avec Renault dans la course au meilleur des autres.

6- Toro Rosso

La pré-saison de Toro Rosso a été très forte. Comptant sur le revenant Daniil Kvyat et la recrue Alexander Albon en 2019, l’écurie-sœur de Red Bull s’est montrée rapide à plusieurs occasions, enregistrant le quatrième meilleur chrono moyen des deux semaines d’essais.

La STR14 est inspirée de la Red Bull RB14, avec quelques pièces de cette monoplace se retrouvant dans le châssis de Toro Rosso. Cela a donc permis à l’équipe italienne d’avoir des journées sans problème technique. De plus, le moteur Honda n’a connu aucun signe de faiblesse, comme la grande sœur. Par contre, il faudra que Kvyat et Albon fasse mieux en course, leurs longs relais étant décevants à Barcelone.

Après une campagne 2018 relativement difficile, il y a des chances qu’on voit Toro Rosso se battre ardemment dans cette guerre du milieu de peloton.

7- Alfa Romeo (sauber)

Tout le bon travail effectué par Alfa Romeo, au cours du premier bloc de ces essais hivernaux, se sont estompées dans la deuxième semaine.

Alignant un duo intéressant formé de Kimi Raikkonen et de l’Italien Antonio Giovinazzi, l’écurie a connu des problèmes de fiabilité, causant des drapeaux rouges. Bien que la C38 soit assez bonne dans les longs relais, leur rythme sur un tour lancé n’est pas très suffisant pour inquiéter le milieu de peloton… pour le moment.

Alfa Romeo (anciennement Sauber) s’améliorera au cours de la saison et pourrait brouiller les cartes un peu plus tard. Pour l’instant, elle doit se contenter du septième rang de notre classement.

8- McLaren

McLaren sortira-t-elle des ténèbres en 2019?

Comment décrire la pré-saison de McLaren? Correcte.

Oui, l’écurie de Woking se retrouve huitième, mais peut aspirer à jouer les trouble-fêtes. En effet, leur programme hivernal s’est relativement bien déroulé, avec Lando Norris qui se place au sommet du classement en ouverture de la deuxième semaine d’essais. Le lendemain, Carlos Sainz a amélioré le meilleur chrono personnel de l’équipe, bouclant un tour dans les 76 secondes.

Cependant, McLaren n’a pas bien excellé dans la planification de longs relais. Seuls Toro Rosso et Williams ont fait pire qu’eux. Mais n’oublions pas que l’écurie est en processus de reconstruction (ou de reset, dixit le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin), donc il est normal de retrouver la MCL32 loin dans notre classement.

Cela étant dit, McLaren n’a pas rencontré d’ennuis trop sérieux et comptera sur Fernando Alonso pour aider au développement constant de la monoplace, au cours de la saison.

9- Racing Point

Bien que le nom ait changé, la mentalité n’a pas évolué chez Racing Point. Pour ces essais, l’écurie basée à Silverstone s’est concentrée sur la fiabilité de leur monoplace, leur grande force depuis des années.

En piste, le rythme de qualifications de la RP19 n’était pas spectaculaire. Le meilleur temps de l’écurie, inscrit par Lance Stroll au jour 7 des essais, plaçait Racing Point à 1.3 secondes du chrono de Sebastian Vettel. En revanche, leur rythme de course était plus encourageant.

Or, l’équipe britannique apportera des modifications à leur voiture, juste à temps pour le Grand Prix d’Australie. C’est là où on verra si les changements auront un effet positif pour Racing Point. Si on a mis cette écurie en neuvième place, attendez-vous à la voir grimper au classement, au courant de l’année.

10- Williams

À l’opposé, l’écurie qui stagnera toute la saison sera Williams.

Ayant manqué deux journées et demie d’essais, car la voiture n’était pas prête, Williams n’a pas récolté assez de données pour effectuer des changements pouvant la rapprocher du peloton. Alors que leurs rivaux travaillaient sur les performances et la fiabilité, l’écurie s’occupait des tests aérodynamiques. En rythme de qualifications, elle n’a jamais réussi à atteindre la barre des 77 secondes et a entraîné un retard de six dixièmes de secondes sur son plus proche poursuivant.

Heureusement, la FW42 n’a pas souffert d’ennuis de fiabilité, avec les centaines de tours accumulés à chaque jour du bloc deux des essais. Aussi, la monoplace est légèrement meilleure que le châssis précédent. Ce sont les deux points positifs qu’on a pu trouver à Williams.

Avec le grand retour de Robert Kubica et l’arrivée d’une recrue très prometteuse en George Russell, ça fera mal de regarder une écurie légendaire croupir au fond de la grille. Dans toute cette mascarade, Paddy Lowe, directeur technique chez Williams, a dû quitter temporairement son poste.

Si on lit entre les lignes, soit il a démissionné, car le monde l’a tenu responsable du retard de livraison du nouveau bolide, soit il a été viré pour les mêmes raisons.

Chose certaine, ce n’est pas le début d’année espéré pour une équipe qui désire oublier l’annus horibilis qu’elle a connue, en 2018.

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