Dix (tes) pensées 23 mai 2018: Formule E et autres

Le Dix (tes) pensées de cette semaine est particulier. Les dix nouvelles que j’ai retenues parlent très peu de Formule 1, mais d’autres compétitions automobiles. Cependant, la plupart d’entre elles ont quand même un certain lien avec la F1. Oui, il sera partiellement question de Formule E (désolé, Montréalais), ainsi que d’autres catégories.

1- Nico Rosberg teste la gen 2 de la Formule E

Crédit: Formula E

Samedi dernier, Nico Rosberg a retrouvé le volant d’une monoplace pour la première fois depuis le Grand Prix d’Abu Dhabi 2016, course lui permettant de devenir champion du monde de F1. En effet, l’Allemand a conduit la nouvelle Formule E: la Gen 2. Ce châssis, obligatoire dès la saison prochaine, a fait sa première apparition sur un circuit officiel du championnat.

Non seulement la voiture est une beauté, mais de voir Rosberg s’amuser comme un fou au volant de la Gen 2 était magnifique. Je dois dire que la conduite de cette monoplace semble plus ardue que l’actuelle. D’ailleurs, Rosberg a failli heurté le mur et s’est plaint de la répartition des freins. Même Jean-Éric Vergne, actuel meneur du championnat (et ancien pilote Toro Rosso), a hâte d’attaquer les circuits urbains avec le châssis futuristique. La Gen 2 aura une puissance totale de 250 kilowatts (environ 335 ch), comparativement aux 200 kW utilisés en ce moment.

J’ai hâte de voir les monoplaces de la prochaine campagne en piste, pour que le spectacle encore plus excitant.

2- felipe massa se joint à venturi

Alors que Rosberg a déverminé publiquement la Gen 2, Felipe Massa sortira de sa retraite… encore une fois!

L’ex de Sauber, Ferrari et Williams participera à trois saisons de Formule E avec l’écurie Venturi, débutant en 2018-19. Est-ce que ce sera à la place de Maro Engel ou d’Edoardo Mortara? On le saura d’ici les courses à New York, en juillet (ou après). Néanmoins, ça fait du bien de le revoir derrière un volant. Je crois que, du haut de ses 37 ans, il a encore une chance de se faire valoir ailleurs qu’en Formule 1.

Avec la course à Sao Paolo d’ici 2019, je sens que les Brésiliens seront nombreux à suivre les exploits de Massa.

3- Riyad, nouveau venu en Formule e…

La première course de Massa et de la Gen 2 en 2018-19 se tiendra à Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. Pendant l’épreuve à Berlin, samedi, la nouvelle fut annoncée en grande pompe par Alejandro Agag, fondateur de la série. La ville saoudienne accueillera le championnat 100% électrique pendant 10 saisons!

L’annonce n’a guère été bien reçue par des membres du paddock de la FE et de ses fans. L’Arabie Saoudite a une réputation internationale négative, en raison de ses morales très conservatives. Pensez-y: un championnat de monoplaces électriques va dans un pays riche en essence et qui ne respecte pas le droits humains. Ça ne fait pas de sens, non?

En fait, le plan de l’Arabie Saoudite est de changer ses valeurs, d’Ici 2030. Quand je parle de valeurs, c’est surtout sur une question d’énergies renouvelables et de tourisme.

Bien que ce soit noble de vouloir aller dans une contrée qui promet de changer de manière environnementale, pourquoi aller à Riyad maintenant? On connaît pas mal tous ce qui passe là-bas, en matière de droits humains. Certes, ce n’est pas la première fois que des événements majeurs se passent dans des pays avec un tel triste record, mais il faut éviter ça.

C’est bien de vouloir utiliser le sport pour rassembler le peuple, mais il faut aussi savoir dénoncer ce qui ne va pas.

4- … Birmingham aussi?

Si Riyad a déjà sa place au calendrier de Formule E, la ville de Birmingham en Angleterre, devrait faire de même. Le maire du West Midlands Village, Andy Street, a confirmé être en sérieuses discussions avec les instances du sport pour une course dans ses rues. Birmingham a de l’expérience en matière de course auto. De 1986 à 1990, elle a accueilli le Superprix, une compétition où les F3000 (l’ancêtre des F3), appréciée du public et des pilotes.

Aller à Birmingham, pour moi, est une meilleure idée au lieu de Riyad. Il y a une belle histoire de courses automobiles dans cette ville, depuis des années. De plus, certaines pièces sur les voitures de FE proviennent de là! Si, comme moi, vous avez joué au jeu rFactor, le circuit urbain s’y retrouvait en téléchargement gratuit!

Les fans de course de la ville seront/seraient très contents de revoir des bolides en action dans leurs rues.

5- Rosberg aura-t-il un rôle chez Mercedes?

Oui, il s’est amusé en conduisant la Gen 2, mais est-ce Nico Rosberg a le goût de revenir à la compétition? Toujours au cours du ePrix berlinois, la marque étoilée a confirmé que la section F1 s’occupera du développement du châssis.

Maintenant que Mercedes est officiellement membre du championnat, est-ce que Rosberg a des intentions de devenir le patron de l’équipe? Le champion du monde de F1 en 2016 n’est aucunement intéressé. Si ce n’est pas comme directeur, aura-t-il un rôle de pilote en 2019-20? Là aussi, il refuse de revenir à ce poste, citant avoir une meilleure vie depuis sa retraite.

C’est compréhensible de sa part, sachant qu’il a dû livrer une bataille hyper intense de trois ans face à Lewis Hamilton. Le fait de s’aventurer à l’extérieur du monde de la Formule 1 (sauf pour analyser les courses à la télévision allemande ou britannique) l’a rendu plus serein. Si vous êtes un abonné de son compte YouTube, vous le verrez plus heureux actuellement qu’entre 2014 à 2016.

Ceci étant dit, je ne sais pas si le fait d’avoir piloter une voiture aussi cool que la Gen 2 le fera changer d’avis. Il avait du plaisir remarquable à conduire à toute vitesse. Je souhaite qu’il revienne derrière un volant à temps plein. Cependant, je préfère le voir dans un contexte plus relaxé que dans une compétition ardue.

6- James Hinchcliffe ne participera pas aux 500 miles d’indianapolis

Ceci était la nouvelle de la fin de semaine, sans aucun doute. Samedi dernier, le Torontois James Hinchcliffe n’a pas pu se qualifer pour le Indy 500 du 27 mai prochain. Pour pouvoir participer à la mythique épreuve, il faut être classé parmi les 33 premiers selon la vitesse moyenne de 4 tours. Or, Hinchcliffe avait réalisé un relais moyen de 224,784 mph (environ 360 km/h) dans l’après-midi, mais la pluie a interrompu la séance. Au moment de retourner en piste, il a souffert de problèmes de vibration sur sa voiture.

Hinchcliffe, toujours un candidat à la victoire, devra regarder la course des puits. Dire qu’il est parti en pole position il y a deux ans de cela… Par contre, il est toujours possible pour lui de participer au Indy 500. Il faut que Schmidt Peterson Motorsport décide de remplacer un de ses trois pilotes (Robert Wickens, Jack Harvey et Jay Howard) par Hinchcliffe. On peut déjà oublier Wickens, qui est exceptionnel à sa première année recrue en IndyCar. Avec tout le respect que j’ai pour Harvey, je crois qu’il devrait laisser sa place. Le Britannique, double vice-champion de Indy Lights (l’antichambre de l’IndyCar), s’est qualifié 31ème sur 33. En plus, un Indy 500 sans Hinchcliffe ne serait pas la même chose.

D’ailleurs, c’est Ed Carpenter qui partira en tête ce dimanche, devant les deux Penske de Simon Pagenaud et de Will Power. C’est sa troisième pole aux 500 Miles. Le Montréalais Zachary Claman De Melo, quant à lui, s’élancera de la treizième place. N’oublions pas que Danica Patrick sera de la partie, pour une dernière fois. Elle s’est qualifiée septième!

L’épreuve sera difusée sur ABC dès 11h; le départ, à 12h.

MISE À JOUR: James Hinchcliffe a annoncé qu’il ne particpera pas aux 500 Miles d’Indianapolis.

7- Un canadien achète des parts de McLaren

Lundi, le Groupe McLaren a annoncé que l’homme d’affaires canadien, Michael Latifi, avait acheté 10% des parts de la firme. Le Groupe Mclaren n’inclut pas seulement l’écurie de F1, mais aussi les firmes tecnhologiques et les voitures routières (comme la P1). En gros, c’est 200 millions de livres sterling injectés dans la compagnie.

Monsieur Latifi est le père de Nicholas, pilote d’essais chez Force India et participant à temps plein au championnat de Formule 2. Or, beaucoup de gens craignent que l’achat de Latifi père ne permette à son fils d’obtenir un siège de F1 bientôt. Il faut ajouter que, selon plusieurs sources, il n’y a aucun lien entre l’acquisition et la recherche de volant pour fiston.

De plus, Nicholas Latifi ne peut participer à une course de F1, puisqu’il n’a pas encore les 40 points requis sur 3 saisons pour obtenir la Superlicence de la FIA. Actuellement, le Torontois en a 20, puisqu’il a fini cinquième au classement final de Formule 2, l’an dernier. Aussi, McLaren compte sur trois jeunes bons pilotes pour assurer la relève à Woking: Stoffel Vandoorne (titulaire indiscutable), Lando Norris (un futur champion du monde?) et Nyck De Vries. Ce n’est pas parce que ça s’est fait récemment (*tousse* avec un autre Canadien) qu’il faut déjà sauter aux conclusions!

8- mArc Marquez: de deux à quatre roues

Crédit: Box Repsol, Flickr

Le champion de Moto GP, Marc Marquez, troquera sa moto pour une voiture de course, en juin. Marquez, avec son coéquipier chez Honda Dani Pedrosa, rouleront dans une Formule 1, sur le Red Bull Ring en Autriche.

Ce n’est pas la première fois que le jeune Espagnol est sur quatre roues. Au mois de décembre, il avait conduit une Formule 3 à Motegi, au Japon.

Ce n’est pas la première fois qu’un motocycliste s’essaye en monoplace! Souvenez-vous de Valentino Rossi, qui voulait passer de la MotoGP à la F1 en 2006, alors qu’il testait une Ferrari. Plus récemment, son ancien rival, l’Italien Max Biaggi, avait roulé avec la Formule E de démonstration, lors du ePrix de Rome. En plus, Biaggi avait fait de même avec Midland en 2006 et avec Ferrari en 1999.

Max Biaggi dans la Formule E de démonstration, à Rome (Crédit: Autosport/LAT images)

Il ne faut pas oublier le défunt John Surtees, seul champion du monde à 2 (1956, 1958, 1959 & 1960 en 500 cc) et à 4 roues (1964 en Formule 1).

Le meilleur crossover ne vient pas des Avengers (d’ailleurs, il est comment le film?), mais bien des motocyclistes consuisant des voitures de course.

9- The Rookie

Tout juste avant le Grand Prix d’Australie, la F1 s’est associée avec The Players’ Tribune pour suivre le parcours de Brendon Hartley en 2018. Le Néo-Zélandais dispute sa première saison complète, avec Toro Rosso. Il tient une chronique vidéo avec le site, fondé par l’ancien joueur de base-ball Derek Jeter, après chaque Grand Prix.

J’ai regardé un peu les capsules et je trouve cela excellent. J’aime la référence avec le film Days of Thunder (avec Tom Cruise), où il explique comment il s’est senti face à l’exposition de fumée, pendant l’accident causé par Romain Grosjean en Espagne.


J’aime ces genres de chronique où on laisse la parole aux acteurs de la scène et qu’ils nous font découvrir les coulisses du sport. S’associer avec la plus grand tribune sportive au monde est un bon point de départ pour attirer le plus de fans.

10- Plus de circuits urbains, moins de circuits permanents?

Nico Hulkenberg pendant le Grand Prix de Singapour 2014 (Crédit: Force India, Flickr)

J’ai trouvé cet article sur RaceFans très, très bon. Le journaliste émérite Dieter Rencken a rédigé un billet sur le danger de s’éloigner des circuits permanents, au détriment des tracés urbains. Avec l’ajout fort probable de Miami en 2019 et d’autres villes dans le futur, on est en droit de se poser la question.

La nouvelle stratégie de Liberty Media est de se concentrer sur les circuits temporaires dans des centres-villes. Dans le calendrier actuel, il y a six tracés non-permanents: Melbourne, Bakou, Monaco, Montréal, Singapour et Sotchi. Avec Miami, on sera rendu à 7 en 2019. Cependant, des villes comme Copenhague, Madrid et Cape Town ont démontré un intérêt particulier pour un Grand Prix de F1.

Le risque de vouloir trop pousser pour des pistes en milieu urbain doit être calculé. Il faut tenir une pérennité importante, ce que les circuits permanents peuvent offrir. Le cas de la Formule E est un bon exemple de gros défi. Entre les saisons 1 à 4, seuls Monaco et Berlin sont encore au calendrier depuis l’inauguration de ce championnat. Par contre, Monte-Carlo accueille la FE aux deux ans (alternance avec le GP historique de Monaco). Quant à Berlin, l’épreuve a été déplacée de l’ancien Aéroport Tempelhof au Karl-Marx-Allee, lors de la saison 2, avant de retourner au premier. Pour tout le reste, ce ne sont que de très brefs souvenirs.

Avoir une piste de course permanente permet de créer un besoin important pour l’amateur de course. Évidemment, il est impossible de rouler à vive allure dans les rues. Un circuit comme le COTA à Austin, par exemple, peut subvenir à ce besoin. Oui, organiser un festival de vitesse en milieu urbain coûte moins cher à organiser, mais l’utilisation est plus limitée. Le ePrix de Montréal est un exemple parfait.

Il fut tenu dans un secteur résidentiel (« brillante » idée, l’arrondissement Ville-Marie), le montant pour organiser l’événement était beaucoup trop élevé et la moitié des billets ont été données. Résultat: Montréal se retrouve dans le cimetière des circuits urbains de FE.

Si Liberty Media ne veut pas répéter les mêmes erreurs, il faut savoir varier les types de circuits.

 

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