Dix (tes) pensées 16 mai 2018: de Grosjean aux Internets

Après une absence d’une semaine, Dix (tes) pensées revient sur Le Bulletin F1. Dimanche dernier se déroulait le Grand Prix d’Espagne, ennuyant comme à son habitude. Heureusement, il y a eu des nouvelles plus intéressantes que la course.

Au menu ce mercredi: trois pilotes, les joies (avec et sans sarcasme) de l’Internet et ce que le mois de mai représente pour moi.

1- il est temps de défendre grosjean

(Crédit: Romain Grosjean, Twitter)

Après son accident qu’il a causé à Barcelone, Romain Grosjean a reçu une pluie de critiques – et avec raison. Ça fait deux courses de suite que le Franco-Suisse s’exclut d’un potentiel top 10. A-t-on besoin de vous rappeler qu’il n’a pas de points cette saison?

On a beau s’en prendre à lui, mais malgré ses récents déboires, il ne faut pas oublier qu’il est très talentueux lorsqu’il ne se met pas de pression. Sa course en Australie, à l’exception de cet arrêt fatal, est un exemple parmi tant. Outre quelques épreuves dans la première année de Haas, il ne faut pas oublier sa fin de saison 2013. Grosjean fut un des meilleurs pilotes dès le Grand Prix de Hongrie. N’oubliez pas qu’il a obtenu des podiums et a failli gagner au Japon, avec Lotus. Pendant ce temps, Kimi Raïkkönen se disputait avec ses patrons pour être payé. Aussi, il a su transformer son image de « taré du premier tour » en celle d’un pilote très décent. C’est pour cette raison que Haas l’a recruté pour l’année 2016.

Récemment, on revoit le Grosjean de 2012 (l’année du carambolage à Spa). Avec les bonnes performances de Kevin Magnussen au volant de l’autre voiture américaine, on doit s’inquiéter de celles du numéro 8. Comme Jolyon Palmer le suggère dans sa chronique sur le site de la BBC, il a besoin de se concentrer. Un Grosjean en plein focus est un pilote impressionnant.

2- palmer l’analyste

Crédit: Abdou Sall (pris avec un iPhone)

Parlant de Palmer, vous vous demandez sûrement ce que l’ex-pilote de Renault est devenu.

Pas vraiment, vous me dites?

Pas grave!

L’Anglais est devenu analyste à la radio de BBC depuis cet hiver, vu qu’il n’a pas réussi à dénicher un volant ailleurs. Le 29 avril dernier, j’ai écouté le Crashfest Grand Prix d’Azerbaïdjan sur l’application mobile de la Formule 1, qui a la description de l’équivalent britannique de Radio-Canada. Je dois dire que ses analyses sont meilleures que ses accidents. En fait, j’adore Palmer comme analyste. Il nous donne des informations très précises et forme un excellent duo avec Jack Nicholls, le commentateur qui est aussi attitré à la Formule E.

Est-il le futur Martin Brundle? Correction: remplacera-t-il Brundle? Je l’espère! En tout cas, il suit les traces de son père, Dr.Jonathan Palmer, qui a eu la chance de donner la réplique à Murray Walker avant l’arrivée de M. Brundle.

(Pour la petite note, Jonathan Palmer est devenu analyste à la CBC, lors du Grand Prix du Canada de 1997.)

3- lE retour de Robert Kubica

Après huit ans d’absence, Robert Kubica était de retour à une séance officielle d’un Grand Prix. Le sympathique Polonais remplaçait Sergey Sirotkin pour les essais libres du vendredi matin. À 11h30 (heure locale), il inscrivait le 19ème temps, à 1.5 secondes de Lance Stroll.

Peu importe les réglages et le temps enregistré, ça faisait du bien de revoir Kubica à la télé. Je me souviens qu’il aurait pu brouiller les cartes du championnat 2008, mais BMW Sauber s’était tout de suite concentré sur 2009. Une décision regrettable pour eux. Je n’oublierais surtout pas 2010, lorsqu’il a été très constant au volant d’une belle Renault, donnant aux Français quelques podiums. Malheureusement, son accident de rallye en février 2011, qui lui a presque coûté la vie, a mis fin à de meilleures aspirations en F1.

Maintenant, il vise un retour comme titulaire soit avec Williams, soit ailleurs. Alors que certains souhaitent tous son comeback, je suis celui qui pense le contraire. Désolé, mais le Kubica de 2018 est non seulement différent de celui avant cet accident, mais il est probablement plus lent que d’autres pilotes qui rêvent d’avoir un baquet en Formule 1.

C’est une belle histoire, mais je ne veux pas qu’il fasse partie de ceux qui ont raté leur retour dans la compétition (*tousse* Alex Zanardi en 1999).

4- Fernando ALonso et son fan numéro 1

Comme l’an dernier, un jeune fan a pu rencontrer son pilote préféré à Barcelone. Samedi, le compte Twitter de la F1 publiait une vidéo d’un enfant célébrant la bonne position de Fernando Alonso. Quand ce dernier a vu ledit tweet, il a demandé à le rencontrer. Ensuite, la magie eut lieu…

Le jeune Joaquin a assisté à la course directement du paddock, assistant au magnifique dépassement de son héros sur Esteban Ocon. Au final, il a certainement passé la plus belle journée de sa vie. Je dois bravo à Alonso ET à la F1 d’avoir organisé ce beau moment. C’est pour des occasions comme celle-ci que le sport est très rassembleur, peu importe les différences.

5- doit-on changer le tracé de barcelone?

C’est ce que Karun Chandhok, ancien pilote d’Hispania en 2010, pense. Dans son billet d’après-course sur DriveTribe, le consultant sur Channel 4 en Angleterre suggère de modifier quelques endroits sur le circuit.

Tout ça parce que la course ne livrait pas la marchandise, comparé aux quatre autres épreuves de la saison. Bon, c’est vrai que depuis quelques années (sauf 2016), le Grand Prix d’Espagne n’est pas un des plus excitants de la campagne, mais changer le design juste comme ça n’est pas la solution. D’ailleurs, il n’est pas responsable de cet ennui devant la télévision. Avec les changements aérodynamiques prévus pour 2019, le spectacle devrait plus intéressant.

De toute façon, chaque circuit a son charme. Ne l’enlevons pas, de grâce!

6- Le halo a finalement servi à quelque chose!

La Formule 1 n’est pas la seule catégorie automobile où le halo a été introduit obligatoirement dès 2018. La Formule 2 et la GP3, les séries de soutien, en font partie.

Finalement, ce système de protection de la tête a servi à quelque chose! Lors de la course 1 de F2 à Barcelone, le Japonais Tadasuke Makino a eu un accrochage avec son compatriote Nirei Fukuzumi. La reprise ne montre pas grand chose, mais le tweet de Makino révèle les dégâts de cette collision.

Comme les marques de pneus le démontrent, le bolide de Fukuzumi est allé au-dessus de celui de Makino. Or, la présence du halo vient d’éviter probablement des ennuis, avec ce qui s’est passé. C’est facile de critiquer son look, mais d’abord il est là pour protéger les pilotes que nous adorons. On n’a guère envie de voir un de nos préférés subir des blessures à la tête, dans une situation évitable. Je suis bien content de savoir que cette protection a fait son effet très vite.

7- Les ratés de F1TV

Depuis quelques jours, les amateurs de Formule 1 peuvent profiter de F1TV, la plateforme de streaming officiel de la F1. Pour en apprendre plus sur ce système, allez lire notre article.

Initialement annoncé pour le début de cette saison, la sortie de F1TV a été repoussée au Grand Prix d’Espagne. Maintenant que c’est en ligne, les utilisateurs ont tenté de regarder la course là-dessus. Comble de malheur, beaucoup d’entre eux ont éprouvé des ennuis de diffusion, mettant fin à leur première expérience en direct abruptement.

La Formula One Management (FOM) a lancé une enquêté sur les problèmes rapportés et Ross Brawn s’est excusé aux amateurs. Faux départ pour F1TV! Le projet est excitant, mais n’aurait-il pas été mieux de sortir une bêta pour que les abonnés sélectionnés puissent donner du bon feedback aux développeurs (ce que APPAREMMENT les deux pilotes Williams ne feraient pas)? Je dis ça de même.

Une chose est sûre: une chance que ce n’est pas encore disponible au Canada…

8- Les futurs projets de mclaren

La papaye à temps plein en IndyCar? (Crédit: Scott LePage, LAT Images)

Pour paraphraser Stéphane Richer: « y’a pas rien que la F1 dans ‘vie. » En effet, M. Richer, vous avez  bien raison. Je crois que c’est ce que McLaren a compris l’adage.

Après un retour* presque réussi aux 500 Miles d’Indianapolis en 2017, l’écurie de Woking voudrait bien participer à une saison complète d’IndyCar dès 2019. Selon plusieurs sources, un représentant de McLaren était présent au Indianapolis Motor Speedway pour discuter d’une alliance avec une équipe de la série nord-américaine.

L’an dernier, McLaren et Andretti Autosport ont coopéré ensemble pour permettre à Fernando Alonso de rouler sur le Brickyard. Si jamais ce projet devait aboutir avec succès, comptez sur moi pour devenir un grand partisan de l’alliance!

Mais ce n’est pas tout! L’écurie envisagerait aussi de s’engager au championnat du monde d’endurance (WEC), d’ici 2020 ou 2021, dans la version améliorée de la catégorie LMP1, qui se rapprocherait des voitures de tourisme. La FIA et l’Automobile Club de l’Ouest (celle qui gère les 24 Heures du Mans) cherchent à attirer des constructeurs pour son championnat. Or, McLaren serait fortement intéressée à répéter l’aventure (victoire en 1995). Je veux clairement qu’elle se joigne à la WEC, parce que ce n’est pas des écuries privées qui vont battre Toyota, le seul manufacturier encore présent en LMP1.

Je dois dire bravo à Zak Brown, qui a pris la relève de Ron Dennis en 2016. Élargir à nouveau les horizons sportives de la marque me rend heureux. On sait que gagner le championnat du monde en F1 est encore loin devant, mais d’explorer d’autres séries ne fait pas mal du tout. Ça peut aussi être une voie alternative pour amener de nouveaux fans à apprécier la Formule 1…

9- mes impressions sur #F1LIVE

Tout de suite après le soporifique Grand Prix, je me suis dirigé sur Twitter pour regarder le #F1Live, nouvelle émission exclusivement disponible sur le réseau social. L’émission était co-animée par Will Buxton et Jolyon Palmer. Avec les pilotes qui défilaient à l’écran, de Alonso et Sainz à Lewis Hamilton, l’ambiance était très bonne.

Honnêtement, je préfère cet après-course à celui de Sky Sports (que vous pouvez voir sur TSN). Il n’a peut-être pas aussi l’air complet que l’autre, mais ça se regarde mieux. Comme je l’ai mentionné au deuxième point, j’adore l’analyse et le sens de la répartie de Palmer. Je souhaite qu’il revienne dans les neufs autres #F1Live, au courant de la saison.

En attendant le prochain, voici ci-dessous le premier épisode.

10- Vive le mois de mai!

Scott Dixon, pendant le Grand Prix INDYCAR d’Indianapolis (Crédit: Roger Gerbig, Flickr)

Pour moi, le mois de mai est synonyme de bonheur. Oui, c’est le plus beau moment de l’année. Outre le Grand Prix de Monaco, dont j’ai perdu l’excitation (surtout parce qu’il peut être plate), il y a deux courses que j’attends avec impatience.

La première est les 6 Heures de Spa, qui ont eu lieu au début du mois. C’est la meilleure préparation avant le grand rendez-vous au Mans, à la mi-juin. Surtout en ce début de cette Super Saison 2018-19 (une saison est sur deux années, désormais) et avec le retour de Lord Pastor Maldonado en course auto. Pas à cause d’un certain Espagnol. Depuis que je suis la WEC, j’ai hâte à cet événement. Si vous voulez vous imprégner d’une course de ce championnat, je vous conseille de regarder les 6H de Spa.

La deuxième, évidemment, est les 500 Miles d’Indianapolis. Ce n’est pas tant la course en tant que tel qui m’excite, mais ce qui se passe avant. La diffusion en direct sur YouTube des essais, l’an dernier avec ce même Espagnol, m’a impressionné. Je n’ai pas eu honte de regarder des chars tourner en rond pendant des heures. Ce qui rend le Indy 500 encore plus cool cette année, c’est que ça tombe au lendemain de la finale de la Ligue des Champions entre le Real Madrid et mon Liverpool. Donc, je regarderai ce grand spectacle automobile après avoir encaissé la victoire (ou la défaite) de mes Reds.

J’ai plus hâte à la fin du Grand Prix de Monaco qu’à son déroulement, car cela signifie le début de la fièvre du Grand Prix du Canada!


*Johnny Rutherford a remporté deux fois le Indy 500 avec McLaren, en 1974 et en 1976.

Démarrez une conversation

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *