Dix (tes) pensées 2 mai 2018: retour sur le Crashfest

Ah, le Grand Prix d’Azerbaïdjan. Cette course que j’ai affectueusement surnommé le « Crashfest », en raison des nombreux accidents et des débris répartis sur la piste. Ce dimanche, la manche azérie n’a pas déçu. Pour cette nouvelle édition de Dix (tes) pensées, j’ai décidé de me concentrer sur les histoires ayant marqué ce beau Crashfest.

Après le 31 Thoughts d’Elliotte Friedman (Sportsnet), C’est 20 pensées de Frédéric Lord (TVA Sports) et le nouveau 10 Thoughts du formula1.com, voici Dix (tes) pensées d’Abdou Sall pour Le Bulletin F1. Il s’agit de dix opinions sur dix nouvelles, au cours de la dernière semaine. Ce billet hebdomadaire paraîtra à tous les mercredis.

1- Autre chance ruinée de Nico Hülkenberg

Ce dimanche, Nico Hülkenberg a tapé le mur à Bakou… encore une fois. En 2017, l’Allemand de 30 ans avait fait de même, alors qu’il était cinquième au tour 11. Avec ce qui s’est passé à Lewis Hamilton et Sebastian Vettel, c’était le moment de goûter au champagne.

Bref, Hülkenberg faisait une autre belle course dans la capitale azérie, encore une fois en P5. Même erreur, même résultat: abandon et chance ratée.

Comme il fut mentionné dans le plus récent Bulletin de notes, c’est facile de dire qu’il est malchanceux, ce qui était le cas à quelques reprises. Par contre, ça fait trois fois que le champion des 24 Heures du Mans 2015 rate une occasion de monter sur le podium pour la première fois.

Outre Bakou 2017, il y a le Grand Prix du Brésil 2012, alors qu’il se battait pour la victoire. Oui, notre Hulk est déjà passé proche de l’euphorie! Au volant d’une Force India, il s’accrocha avec Lewis Hamilton, forçant ce dernier à abandonner à sa dernière présence chez McLaren. Hülkenberg reçut une pénalité de passage aux puits obligatoire, pour terminer… cinquième.

Il connaît une excellente saison avec Renault, mais s’il veut offrir aux Français une meilleure place que sixième ou septième, Nico devra se tenir loin des ennuis.

Le plus récent Dix (tes) pensées retrouve ici.

2- charles Leclerc aime l’Azerbaïdjan

Crdéit: formula1.com

Il a beau avoir inscrit ses premiers points en Formule 1 à Bakou, mais Charles Leclerc est familier avec ce circuit. L’an dernier, le Monégasque a découvert cette ville en Formule 2. Il avait gagné la première course, la feature, de manière convaincante, et terminé deuxième dans le sprint. Le tout s’est fait quelques jours après le décès de son père.

Comme vous l’avez vu, il a été parfait sur la Terre de feu, ne commettant aucune erreur et accédant finalement à la Q2, la deuxième période des qualifications. S’il a réussi à rester propre sur un tracé qui ne pardonne pas, il pourrait répéter l’exploit chez lui.

3- pénalité (un peu) injuste pour sirotkin

Crédit: formula1.com

Sergey Sirotkin était bon en fin de semaine. Il a failli battre Lance Stroll en qualifs, mais a commis une bourde sur son tour rapide en Q2. Des perspectives de points étaient en place pour la recrue russe. Cependant, il rata son freinage au départ et heurta la Force India de Sergio Perez.

Après la course, les commissaires de la FIA lui ont donné une pénalité de trois places sur la grille de départ du Grand Prix d’Espagne. Ce qui a dérangé Sirotkin, c’est qu’il n’a jamais été convoqué dans leur bureau pour s’expliquer. Normalement, ils expliquent aux fautifs pourquoi la sanction est justifiée. Pas dans ce cas-ci.

C’est ce qui me titille le plus dans les décisions d’après-course. D’abord, l’accrochage n’était rien qu’un freinage raté. Le contact n’était rien de vraiment majeur, au visionnement de la reprise. Ensuite, c’est quoi cette histoire de sévir sans avoir l’opinion des belligérants? Sirotkin n’a jamais eu la chance de s’expliquer auprès du panel de discipline. Le pauvre doit accepter son sort et mieux faire à Barcelone.

Au moins, ce panel reste plus compétent que *certains* arbitres de la MLS.

4- les finlandais malchanceux

« Que pouvais-je faire? » -Valtteri Bottas

Nous avons tous été triste pour Valtteri Bottas, suite à son abandon dû à une crevaison. Il réalisait une course superbe, surtout en résistant à l’erreur l’attaque surprise de Sebastian Vettel à la deuxième relance. Cependant, ce n’est pas la première fois qu’on voit un pilote finlandais perdre la victoire.

Je me souviens du Grand Prix d’Allemagne 1999, lorsque Mika Häkkinen voit son pneu arrière gauche exploser avant l’entrée du Stadium. Il menait la course, jusqu’à ce que son arrêt aux puits foire. L’explosion du pneu survint deux tours plus tard. On ne parlera pas de ses larmes à Monza, même si ça faisait mal au coeur à voir en direct, mais il a couru à sa propre perte.

Il ne faut pas oublier la casse de son moteur, au Grand Prix d’Espagne 2001. Sa grosse avance de 40 secondes sur Michael Schumacher a fondu comme neige au soleil et doit se rendre. En un tour, Häkkinen est passé de premier à huitième.

Häkkinen n’est pas seul. Oui, Kimi Raïkkönen est tristement passé par là. En 2005, pendant le Grand Prix d’Europe, Raïkkönen allait amener sa McLaren à la gloire, devant Fernando Alonso, malgré vingt tours avec un méplat sur un pneu. Au dernier tour, ledit pneu rendit l’âme. Alonso, sur Renault, s’empara de la victoire. L’Homme de glace est reparti du Nurburgring avec aucun point.

Si Bottas n’avait pas eu cette maudite crevaison, ce serait la cinquantième victoire en F1 pour la Finlande.

5- Aurait-on dû sortir le drapeau rouge?

C’est la question qu’on s’est peut-être tous posé. Il y avait des morceaux de carbone un peu partout sur le circuit et les signaleurs ont dû sortir leur cardio pour les ramasser. Ajoutez à cela le bête accident de Romain Grosjean et la présence d’une remorque sur la piste, pendant la Voiture de sécurité.

Comme la plupart des fans, je me suis demandé pourquoi la course ne fut pas interrompue, comme l’an dernier. Cela aurait aidé les commissaires de piste à mieux nettoyer le terrain et d’éviter de passer une dizaine de tours en pleine neutralisation. De plus, les pilotes auraient eu de nouveaux trains de pneus et on assisterait à une toute autre fin de course folle.

J’espère que si tel est le même cas en 2019, la FIA agira en conséquence.

6- Quel avenir pour la Formule 1 à Bakou?

Bien qu’il soit au calendrier depuis seulement 2016, la ville de Bakou a un contrat avec la F1 jusqu’en 2020. Avec le succès retentissant de son événement principal, elle tient à la préserver pour longtemps. Or, Bakou voudrait prolonger son entente avec la Formula One Management (FOM) jusqu’en 2025.

La seule crainte est l’argent. Le directeur exécutif du Baku City Circuit, Arif Rahimov a révélé à RaceFans que l’organisation du Grand Prix d’Azerbaïdjan voudrait une réduction des frais de participation à la saison de F1. Il faut noter que le contrat fut signé sous l’ère Ecclestone, où ce dernier agissait comme Mr. Krabs dans SpongeBob Squarepants: avoir beaucoup plus d’argent.

Nous voulons tous que Bakou reste éternellement au calendrier, mais pour ce faire il faudrait accommoder les promoteurs, afin qu’ils puissent présenter leur événement sans soucis. La première étape est de réduire lesdits frais. C’est actuellement un gros problème pour Liberty Media, qui voit Silverstone perdre le Grand Prix de Grande-Bretagne à petit feu, à cause des pertes engendrées pendant la course.

Les promoteurs azéris ont jusqu’au mois de juin pour décider s’ils continuent à présenter le Crashfest jusqu’en 2025 ou non.

7- Discussions entre red bull et honda

Depuis cette année, le motoriste japonais Honda fournit les groupes propulseurs à Toro Rosso. L’alliance entre le club-école de Red Bull et l’ex de McLaren semble fonctionner à merveille. Notons évidemment la quatrième position de Pierre Gasly et la dixième place de Brendon Hartley dimanche.

Lorsque le deal entre les deux a été officiellement annoncé, on se disait si le grand club allait prendre le même chemin. Cette fin de semaine, Masashi Yamamoto, le patron d’Honda F1 Racing, a rencontré Helmut Marko pour entamer les premières discussions. Red Bull devra prendre une décision sur le passage de Renault à Honda, d’ici le 15 mai, soit deux jours après le Grand Prix d’Espagne.

C’est évident: Honda semble avoir une meilleure aura avec Toro Rosso qu’avec McLaren. Le fait d’avoir le clan des Taureaux avec eux devrait être bénéfique. RBR peut comparer les performances des deux moteurs avant de prendre la décision finale. En plus, l’écurie autrichienne veut que Honda soit leur fournisseur d’unités de puissance officiel.

On verra comment les négociations vont avancer.

8- CHANGEMENTS AÉRODYNAMIQUES EN 2019

Est-ce que les F1 ressembleront à ça, en 2019? Crédit: Craig Scarborough, Twitter

Enfin, la FIA et la Commission F1 de la FOM se sont entendus pour changer l’allure des ailerons avant et arrière pour 2019.  Le tout avec l’objectif d’augmenter et de faciliter les dépassements, depuis le nouveau package aérodynamique apparu en 2017.

Les ailerons seront désormais simplifiés, le flap arrière pour le DRS (soupirs) sera plus gros et les plaques d’extrémité un peu plus larges. Oubliez l’ajout de déflecteurs sur ces ailerons, puisque la suggestion fut rejetée. Le vote a eu lieu à la dernière minute.

Rappelons que l’idée d’une telle réunion a germé juste après le Grand Prix d’Australie, course où les dépassements se font rares à cause de l’étroitesse du circuit. Ensuite, on a eu du spectacle à volonté. Si les changements pour 2019 s’avèrent positifs (malgré le désaccord de beaucoup d’écuries) et qu’en 2021, la nouvelle réglementation moteur est un succès, on aura encore du plaisir à regarder la F1.

9- Les après-courses sur twitter

Dès le Grand Prix d’Espagne, des émissions d’après-course seront diffusées globalement sur Twitter. Il y en aura dix autres au cours de la saison, les destinations restent à déterminer. Le show sera animé par Will Buxton et il sera accompagné d’invités, dont un certain Nico Rosberg. Ce sera en ondes, tout de suite après le podium.

Avec ses 3.5 millions d’abonnés et 13 millions de gens utilisant le mot-clic #F1, c’était inévitable de ne pas inclure Twitter dans la stratégie de diffusion en direct. Pendant la pré-saison, des Facebook Live et du direct sur YouTube et sur Instagram ont été faites, mais point de Periscope (qui appartient à Twitter).

Je trouve ça bien de vouloir inclure les réseaux sociaux pour rejoindre le plus d’amateurs possibles, en plus de rendre l’émission accessible gratuitement ET avec du personnel de qualité. Auparavant, leur fil Twitter n’était que des liens vers leurs nouvelles. Aucune interaction avec leurs abonnés.Tout a changé au cours du Grand Prix de Singapour 2014, où on a obtenu autre chose (photos du circuit, statistiques des pilotes, etc.). On a même eu une page Facebook (enfin), parce que entre Bernie Ecclestone et les Internets, il n’y avait aucun atome crochu.

Attention, je risque de faire des memes en pleine émission!

10- ricciardo vs verstappen: à qui la faute?

Ce Dix (tes) pensées ne pouvait pas se terminer sans évoquer *cet* accident, événement phare du Crashfest.

Ci-dessus, vous avez la collision sous toutes ses angles. Red Bull a blanchi ses deux pilotes et Niki Lauda juge Max Verstappen responsable. Quant à Ross Brawn, il a une autre version de ce qui s’est passé. Le directeur technique de la F1 pense que Daniel Ricciardo a été victime d’une perte d’appui, au moment de l’attaque. Selon lui, l’Australien avait déjà sa ligne, donc il ne pouvait plus rien faire.

Beaucoup de gens ont blâmé Verstappen pour ses changements de trajectoire, ce qui est permis. Pour ma part, je pense que les deux ont une part de la faute commise.

Dans un premier temps, Ricciardo a tenté d’aller sur la trajectoire de droite quand Verstappen a changé la sienne. Oui, c’est vrai que le manque d’appui l’a condamné pour le reste. Dans un deuxième temps, Verstappen s’est défendu un peu trop tardivement, laissant son coéquipier dans le trouble. Oui, la défense était là, mais je crois qu’il fut un peu trop agressif. C’est une bonne chose que les commissaires de la FIA leur aient donné une réprimande. Pour le reste, ce sera à Red Bull de décider de ce qu’elle fera à l’avenir, avec ses deux pilotes en course.

Selon vous, qui est à reprocher?

Max Verstappen l’intrépide: il faut quand même le défendre.

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