Comment Liberty Media a changé ma façon de regarder la F1

Depuis cette année, Liberty Media a changé les habitudes de visionnement des amateurs de Formule 1. Nouveau logo, nouvelle chanson-thème, nouveaux graphiques pour la télévision… La diffusion d’un Grand Prix de F1 n’est plus la même, mais Abdou Sall est tout à fait satisfait du changement.

En 2018, on est entré dans l’an deux de l’ère post-B.E (Bernie Ecclestone). Ça fait bizarre à constater, mais Tonton Bernie ne me manque aucunement. Depuis que Liberty Media (avec Chase Carey, Sean Bratches et Ross Brawn à la tête de ce groupe) a succédé à Ecclestone à la barre de la Formula One Management (FOM) en janvier 2017, on s’attendait à voir le sport automobile le plus populaire au monde être révolutionné. Un an plus tard, on voyait juste.

À la fin du Grand Prix d’Abu Dhabi de la saison dernière, la F1 dévoilait un tout nouveau logo, apparu sur le podium.

 

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After an amazing season, a new F1 era awaits. Our greatest races are ahead of us… #Unleash2018 . #F1 #Formula1

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Après 24 ans, le célèbre logo au « 1 » négatif fut remplacé par quelque chose de plus simple: un « F » formé par deux lignes, suivi d’un « 1 » supposé représenter une ligne d’arrivée. Bien que la réaction des partisans fut négative (incluant moi), on ne savait pas que ce changement d’identité signifierait le début d’une révolution télévisuelle et numérique de la Formule 1.

La révolution télévisuelle de liberty media

Au fil des années, notre façon de regarder du sport à la télévision a drastiquement changé. Évidemment, cela devait être de même pour la F1. Pour la saison 2018, nous avons assisté à plusieurs modifications.

Tout d’abord, la première chose remarquée est l’introduction d’une chanson-thème jouée avant la retransmission du Grand Prix. La musique a été composée par Brian Tyler, le chef d’orchestre derrière des indicatifs musicaux de films de renom comme Fast & FuriousThor et The Avengers et un amateur de Formule 1 assumé. Le résultat est pas mal impressionnant. Maintenant qu’on a la musique, il nous faut une intro. Celle qui nous mettra dans l’ambiance, à cinq minutes du départ de la course. Celle où on verra les têtes d’affiche du sport.

Est-ce que cela ressemble à ceci?

C’est effectivement comme la vidéo ci-dessus! Elle est cent fois bien meilleure que sa prédécesseure, qui était courte et surtout trop générique. Bref, il y a de quoi être prêt pour maximum deux heures de plaisir.

La vidéo ci-dessous est la version complète du nouveau générique, visible cinq minutes avant le départ du Grand Prix. Nous avons des notes sur le pays ou la ville, les caractéristiques du circuit et les virages à surveiller, avec en prime des moments marquants de la course en question (Autriche, dans ce cas).

Ensuite, on a la présence de nouveaux graphiques. L’arrivée du logo néophyte a surtout entraîné des changement importants, en ce qui concerne l’infographie relayée par la direction télévisuelle. Nous avons plus d’informations sur les pilotes (statistiques, infos personnelles), le circuit (et la ville), etc. On a même droit à une télémétrie en direct installée en plein sur le halo, sans qu’elle soit intrusive dans nos écrans! Comparée aux infographies précédentes, celle de 2018 est un peu plus simple pour les nouveaux amateurs de Formule Un. Par exemple, on nous montre à quoi sert la Voiture de sécurité virtuelle ou autre signification sur une possible neutralisation de la course. La vulgarisation des éléments du sport doit se faire par les commentateurs et les analystes des diffuseurs, mais doit surtout passer par l’équipe de production. Là-dessus, bon choix de la part de l’équipe de production de la FOM.

changement de l’heure de course

En janvier dernier, Liberty Media annonçait le changement de l’heure de départ des Grands Prix. Les épreuves européennes débutent désormais à 9h10, au lieu de 8h (heure de l’Est). Cela veut dire une heure de sommeil de plus les dimanches et quarante minutes d’avant-course (si vous regardez la F1 sur RDS, entre autres)! Le bonheur, quoi.

Une des raisons principales de ce changement aussi draconien est pour attirer le plus d’amateurs aux États-Unis, marché cible des propriétaires de la F1. Or, cela est quand même avantageux pour nous. Désolé aux amis australiens et néo-zélandais, qui doivent rester jusqu’à environ 1h du matin le LUNDI pour voir des batailles épiques en piste… en direct.

Personnellement, cela m’a permis de regarder les courses avant de commencer à travailler. En effet, j’arrivais une heure et demie à l’avance, amenant mon ordinateur portable à la job. Je n’ai pu rien manquer de toute l’action, cet été spécifiquement. Auparavant, je devais me lever très tôt pour me déplacer et arriver vers environ 7h45 pour être prêt pour les départs à 8h. Je commençais parfois à 9h30 ou à 10h45.

Oui, je suis un mordu de Formule 1 à ce point.

La révolution numérique

On est en 2018. Aujourd’hui, tout passe (presque) par l’Internet. Liberty Media a enfin compris cette réalité que Bernie Ecclestone a ignoré jusqu’à aujourd’hui. Même avant la fin de l’ère du Tonton, on a vu ce sport s’ouvrir au 2.0, mais avec une utilisation moyenne. Maintenant qu’on a de nouveaux capitaines à bord depuis l’an dernier, les Internets sont rentrés dans la vie de la Formule 1.

Avec l’arrivée de F1 TV, la plateforme de diffusion vidéo en ligne pour la catégorie automobile, la game vient de changer. Il est désormais possible de regarder les Grands Prix de Formule 1 en direct en entier (dans certains pays), avec la version PRO. Pour les autres, une version allégée permet de visionner des faits saillants de la course en trente minutes et des archives d’épreuves à partir des années 80. C’est exactement le système qu’il fallait à ce sport, afin de rattraper le temps perdu par l’entêtement d’Ecclestone. J’ai pu regarder les Grands Prix d’Italie 1988, du Japon 2007 (quelle course magique) et de Turquie 2010 (celui que Red Bull ne veut jamais revoir de leur vie).

En passant, le Grand Prix du Canada 2011 est disponible dans son intégralité sur F1 TV. Pour 3.99$ par mois (ou 36.99$ par année) pour la version allégée, ça vaut vraiment la peine.

Vous pouvez télécharger l’application F1 TV sur Apple Store ou sur Google Play.

Il ne faut certainement pas oublier le contenu qui s’ajoute aux plateformes Web. Je pense surtout au segment Paddock Pass, animé par Will Buxton. Il s’agit de vidéos d’une trentaine de minutes où le très sympathique animateur nous dresse un avant-goût de la fin de semaine de course qui nous attend (diffusion le jeudi), ainsi que les échos de « vestiaire » suivant le Grand Prix (diffusion le dimanche soir, à peu près). Ce concept a été repris par la FOM, après que NBC (d’où est né Paddock Pass) ait perdu les droits de diffusion de la F1 aux dépens de ESPN. Depuis, c’est devenu un incontournable auprès des amateurs, qui n’attendent que des jeux de mots avec « Haas » sortent de la bouche de Will.

Le fait d’utiliser la grosse voûte aux archives de la Formule 1 et de la partager aux fans est, d’après moi, la meilleure idée de Liberty Media. L’objectif est d’intéresser la nouvelle génération à aimer leur marque sport, en utilisant les images les plus célèbres et pour rafraîchir la mémoire des plus vieux.

Je suis vraiment content qu’il y ait eu un coup de pied dans la fourmilière, afin de changer nos habitudes de visionnement d’un Grand Prix ou d’une saison entière. En attendant la vraie révolution prévue après 2020, on assiste déjà à un début de bouleversements télévisuelle et numérique. Avec la saison exceptionnelle que nous connaissons, jusqu’à maintenant, les changements sont généralement positifs.

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