Bulletin de notes USA 2018: oui, Raikkonen a gagné un Grand Prix!

Oui, Kimi Raikkonen a remporté un Grand Prix de Formule 1! Le Finlandais n’avait pas gagné de courses depuis Australie 2013, alors qu’il était chez Lotus (maintenant Renault). Raikkonen bat donc Lewis Hamilton, qui n’est pas parvenu à devenir champion du monde, cette fin de semaine.

Si vous avez manqué un Grand Prix des États-Unis stressant mais exceptionnel (parce que vous étiez probablement au Stade Saputo), voici les faits saillants de la course.

1- Kimi Raikkonen (Ferrari): 10

Image: AP

La fin de semaine au Texas fut excellente pour celui qui retournera chez Sauber, dès l’an prochain. En effet, Kimi Raikkonen s’est qualifié troisième, à sept centièmes (!) de secondes d’Hamilton. Cependant, il s’est élancé deuxième, avec la pénalité de Sebastian Vettel.

Réalisant un excellent départ, Raikkonen dépasse Hamilton au premier tour et commence à se donner une certaine avance sur le Britannique. Lorsque la Voiture de sécurité virtuelle est intervenue, le Finlandais a décidé de rester en piste, alors qu’Hamilton s’est arrêté aux puits.

Ce fut une stratégie idéale, car son adversaire a dû changer de pneus une deuxième fois! Même si Hamilton et même Max Verstappen l’ont rattrapé dans le dernier tour, l’Homme de glace n’a jamais été inquiété.

113 courses après son dernier triomphe (Australie 2013), Kimi Raikkonen met finalement la main sur le trophée du vainqueur. Il devient, aussi, le premier pilote à remporter des Grands Prix dans les ères de moteur V10, V8 et V6.

2- Max Verstappen (Red Bull): 10

Image: Max Verstappen/Twitter

Après avoir manqué la Q2, car il a roulé sur un « Verstoppeur », Max Verstappen voulait se donner le défi de monter sur le podium.

Parti dix-huitième, le jeune Néerlandais a gagné neuf places après le premier tour. Verstappen s’est arrêté au 22ème tour pour passer des pneus tendres (jaunes) aux supertendres (rouges). Grâce à cela, il a gagné une autre position, aux dépens de Valtteri Bottas, qui est passé aux puits le tour suivant.

Le pilote de Red Bull en a profité pour rattraper le meneur, mais faisait face à un Lewis Hamilton rapide comme une fusée. Il a défendu sa place avec brio et, cette fois-ci, il est monté sur le podium d’Austin en toute légalité. En plus de pouvoir boire du champagne légalement, comme il a 21 ans.

Encore une fois, Max Verstappen nous a offert un pilotage de classe mondiale. Pourra-t-il défendre sa couronne au Mexique, lui qui a remporté cette épreuve en 2017?

3- Lewis Hamilton (Mercedes): 8

Image: Mercedes AMG Petronas

La question du jour, dimanche, était: « Est-ce que Lewis Hamilton sera sacré champion du monde aux États-Unis? »

Malheureusement, il n’a pas pu le faire.

Parti en pôle position pour la 81ème fois de sa carrière, Hamilton n’a pu résister à l’attaque de Raikkonen. À l’apparition de la Voiture de sécurité virtuelle, le Britannique a décidé de changer de pneus, pensant que son concurrent allait faire de même.

À première vue, on pensait que la stratégie allait fonctionner, mais les pneus tendres ne pouvaient pas durer 45 tours. Or, Hamilton est revenu aux puits, après 26 tours. Bien que Bottas l’ait laissé passer, l’Anglais a tout de même réussi à rattraper le duo de tête. Il a tenté une attaque en vain sur Verstappen, le laissant troisième à l’arrivée.

4- Sebastian vettel (Ferrari): 6.5

Si Sebastian Vettel devait écrire un livre, ce serait certain qu’il évoquerait ses nombreux déboires de la saison 2018 et le Grand Prix des États-Unis serait un des chapitres. Ça pourrait être un invité de marque au prochain Salon du livre de Montréal.

Tout ça pour dire que l’Allemand est extrêmement chanceux de se battre pour le titre, pour une autre semaine. Cette fin de semaine, Vettel s’est mis dans une situation désavantageuse.

Tout d’abord, il reçoit une pénalité de trois places sur la grille pour avoir omis de ralentir sous drapeau rouge, lors des essais libres du vendredi. Le samedi, il rate la pôle de 0.061 secondes! En course, il tente un dépassement un peu agressif sur Daniel Ricciardo, au premier tour, et dérape pour se retrouver quinzième.

Aisément, le quadruple champion du monde est revenu dans le top 6 et, dans le dernier tour, a effectué un beau dépassement sur Valtteri Bottas au virage 12 pour empêcher Lewis Hamilton de sceller l’issue du championnat à Austin.

Vettel aurait pu être dans cette bataille frénétique pour la victoire, honnêtement.

5- Valtteri Bottas (Mercedes): 5

Image: Steven Tee/LAT Images

Malheureusement pour Valtteri Bottas, il devra jouer le rôle de wingman pour un autre Grand Prix, car Lewis Hamilton a fini troisième et Bottas n’a pas pu résister à l’attaque de Vettel au dernier tour. En plus, il a perdu une position aux dépens de Max Verstappen, qui a réussi un beau undercut.

6- Nico Hulkenberg (Renault): 9

Image: XPB Images

Il fallait un excellent résultat pour Nico Hulkenberg, qui n’avait pas complété les quatre derniers Grands Prix américains.

Non seulement il égale son meilleur résultat à Austin (aussi sixième en 2013), mais il permet à Renault de marquer de gros points pour rester quatrième au championnat des constructeurs, combiné au gros zéro de Haas. Ce fut un pilotage sans faute et très nécessaire de la part de l’Allemand.

7- Carlos Sainz (Renault): 8.5

Sur la même piste où il avait offert sa plus belle performance comme pilote Renault l’an dernier, Carlos Sainz a presque imité son coéquipier avec un très bon pilotage.

Nous mettons l’accent sur le « presque », car l’Espagnol a reçu une pénalité de cinq secondes pour avoir dépassé Sergio Perez à l’extérieur de la piste, lors du premier tour. À l’exception de ce moment, Sainz a redonné le sourire à l’écurie française avec cette septième place.

8- Sergio perez (Racing Point Force india): 7

À une semaine de son Grand Prix national, au Mexique, Sergio Perez a rapporté des points importants à Force India 2.0, mais c’est grâce aux disqualifications d’Esteban Ocon et de Kevin Magnussen. Le Mexicain, qui a renouvelé (sans surprise) son contrat avec l’écurie pour 2019, est resté derrière d’abord Ocon au départ et pendant son premier et, ensuite, derrière Magnussen après s’être arrêté.

9- Brendon Hartley (Toro Rosso): 8

Image: Toro Rosso/Twitter

La performance de Brendon Hartley est passée inaperçue, durant l’épreuve. Parti bon dernier, suite à une pénalité de changement de moteur, le Néo-Zélandais a tout simplement réalisé une course sans heurt.

Alors que plusieurs pilotes ont profité de la présence virtuelle de la Voiture de sécurité pour effectuer leur changement de pneus obligatoire, Hartley a décidé de rester et de s’arrêter plus tard. Au final, il termine non seulement devant Pierre Gasly, mais avec les exclusions d’Ocon et de Magnussen, il enregistre son meilleur résultat en Formule 1.

À un moment où plusieurs voient l’Anglo-thaïlandais Alexander Albon, présentement chez Nissan e-Dams en Formule E, prendre le deuxième volant chez Toro Rosso en 2019, cette belle performance d’Hartley devrait convaincre la filière de Red Bull de le garder l’an prochain.

10- Marcus Ericsson (Sauber): 6.5

Pendant que Charles Leclerc se rendait en Q3, Marcus Ericsson a savouré son dernier Grand Prix des États- Unis en tant que titulaire dans les bas-fonds de la grille de départ. Parti en pneus tendres, le Suédois a évité le chaos devant lui, entre les deux McLaren et les deux Williams. Il a franchi la ligne d’arrivée en douzième position, mais les décisions d’après-course l’promu dans le top 10.

11- Stoffel Vandoorne (McLaren): 6

Image: FOM

Pour un homme qui est arrivé à Austin en provenance de Valence, où il participait aux essais pré-saison de la Formule E avec ses nouveaux employeurs HWA, onzième est un bon résultat pour Stoffel Vandoorne. Il a encore perdu son duel en qualifications face à Fernando Alonso, mais au moins a pu compléter la course. Et ce, malgré un contact avec la Williams de Sergey Sirotkin au départ.

12- Pierre Gasly (Toro Rosso): 5

Pour son premier Grand Prix des États-Unis, Pierre Gasly n’a pas été très impressionnant. Comme son coéquipier, il a reçu une pénalité de grille pour un changement de groupe propulseur. Une mauvaise stratégie en période de voiture de sécurité virtuelle a ruiné toutes ses chances de marquer des points.

13- Sergey Sirotkin (Williams): 5

Image: Williams F1 Team/Twitter

On le sait que la Williams FW41 est un pétard mouillé. On le sait que les trois pilotes ayant roulé dans ce châssis n’ont pas pu réalisé grand chose. Or, il ne fallait pas s’attendre à un miracle provenant de Sergey Sirotkin, aux States. Malgré une légère collision avec Stoffel Vandoorne au départ, le Russe a ramené son bolide à la ligne d’arrivée et, dans les circonstances, c’est tout ce qui comptait.

14- Lance Stroll (Williams): 3.5

Par contre, son coéquipier n’a guère fait mieux. Encore une fois éliminé en Q1, Lance Stroll s’est retrouvé hors-piste dans les « S », avant de taper le ponton droit de la McLaren de Fernando Alonso. Les commissaires n’ont pas apprécié la scène et lui ont donné une pénalité de passage aux puits obligatoire… et méritée.

La collision entre Lance Stroll et Fernando Alonso. (Image: FOM)

Cela a scellé l’issue de sa course et, pour une deuxième année consécutive, il ne marque pas de points aux États-Unis.

DNF- Daniel Ricciardo (Red Bull): 6.5

« I’m a poor landsome cowboy » – Daniel « Unlucky Dan » Ricciardo, 2018 (Image: FOM)

Après un excellent samedi, où il s’est qualifié quatrième, la course du faux Américain de Daniel Ricciardo a pris fin après neuf tours, quand le récupérateur d’énergie a rendu l’âme. Quel dommage pour l’Australien, car la Red Bull avait un rythme fou pour se battre pour la victoire. Ce n’est pas étonnant qu’il ait donné un coup de poing à un mur du garage.

On espère que les côtes levées étaient au moins bonnes, Daniel.

DNF- Fernando Alonso (McLaren): non noté

Ici, vous voyez un Fernando Alonso heureux. Cette photo (Image: McLaren/Twitter) fut prise avant de rencontrer Lance Stroll en piste.

Son dernier Grand Prix des États-Unis n’aura duré qu’un seul tour. L’Espagnol a été percuté par Stroll, laissant des dommages critiques à sa McLaren MCL32. Évidemment, Alonso était furieux à l’endroit du jeune Québécois, qu’il a qualifié de « pilote impossible à compétitionner avec ».

DNF- Romain Grosjean (Haas): 0

Le moment où les courses de Charles Leclerc et de Romain Grosjean allaient changer pour le pire.

Au Grand Prix national de ses employeurs, Romain Grosjean se devait d’inscrire de gros points. Il n’a eu aucune chance de le faire, car il a dû se retirer après avoir tamponné la Sauber de Charles Leclerc, au virage 12 du premier tour.

Non seulement il quitter Austin sans point, mais il reçoit un point de pénalité et un recul de trois places sur la grille au Mexique pour son action.

Grosjean s’en tire quand même bien, car il évite la suspension d’une course. En effet, le Français compte dix points de pénalité sur douze, en l’espace d’un mois. Si jamais il est reconnu coupable d’une autre infraction entraînant l’accumulation de ces infâmes points, il serait forcé de regarder la prochaine épreuve hors de son cockpit.

DNF- Charles Leclerc (Sauber): Non noté

Image: Sauber F1 Team

Charles Leclerc ne cesse d’impressionner l’univers de la Formule 1, avec une autre participation en Q3. Malheureusement, de sa neuvième place, le Monégasque a été harponné par Grosjean, pendant qu’il tentait de dépasser Esteban Ocon.

Son Grand Prix a duré 31 tours, mais avec les dégâts accumulés, la recrue ne pouvait aucunement remonter le peloton. Or, comme avec Alonso, on ne peut pas noter Leclerc.

DSQ- Esteban ocon (Racing Point Force India): 7

Malgré une excellente qualification (sixième sur la grille) et une bonne course (huitième au drapeau à damier), Esteban Ocon a été disqualifié pour avoir dépassé la limite de débit d’essence au premier tour.

Le fait saillant de sa course a été lorsqu’il s’est fait dépasser par les deux Renault et qu’il a gardé les autres derrière lui, pour terminer huitième à l’origine.

Ce fut une bonne performance, malgré l’exclusion.

DSQ- Kevin Magnussen (Haas): 8

Image: Haas F1 Team/Facebook

Avec Romain Grosjean hors-course, les espoirs de points chez Haas reposaient sur les épaules de Kevin Magnussen. Parti douzième, le Danois a obtenu un gain de deux positions au départ, avec un choix de pneus supplémentaires. Il a roulé trente tours avec la gomme supertendre (rouge), avant de compléter la course avec les tendres (jaunes). Magnussen est resté dans le top 10, avant d’être disqualifié pour avoir utilisé 0.1 kg d’essence de trop, sur les 105 obligés.

Oui, Magnussen a perdu deux points pour 0.1 kg supplémentaire. Ça fait partie des règlements!

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