Bulletin de notes Singapour 2018: Hamilton en contrôle, Perez se fâche

Après un tour de qualifications exceptionnel, Lewis Hamilton a remporté le Grand Prix de Singapour avec brio. Avec Sebastian Vettel qui termine troisième, le Britannique détient désormais une avance de quarante points sur l’Allemand. Quant à Sergio Perez, il a brillé de la mauvaise manière possible.

Au départ, Hamilton garda sa position, mais Vettel réussit à prendre la deuxième place à Max Verstappen, juste avant la sortie de la Voiture de sécurité. Cette dernière fut déployée, lorsque Esteban Ocon se retrouva dans le mur, après seulement trois virages. Son coéquipier, Sergio Perez, a fait les manchettes pour les mauvaises raisons. Le Mexicain, resté derrière Sergey Sirotkin, tenta un dépassement, mais change

1- Lewis Hamilton (Mercedes): 10

Le Britannique partait désavantagé dans les prédictions. Cependant, les choses ont changé lorsqu’il a réalisé son tour lancé d’anthologie, le samedi. L’ex-pilote de Force India, l’Écossais Paul di Resta, avait qualifié son temps de « pôle décisive pour le championnat ». En effet, il vient de gérer une course où il avait clairement la meilleure stratégie, parmi les trois premiers.

Même s’il a vu Verstappen le rattraper, l’Anglais n’a jamais été inquiété, surtout avec ses pneus tendres (jaunes). Cette (autre) belle performance risque d’être capitale pour le championnat des pilotes.

2- Max Verstappen (Red Bull): 9

Il y a eu beaucoup de points positifs, concernant la fin de semaine. Sa première ligne, à seulement trois dixièmes du temps remarquable d’Hamilton, en est un qui ne doit pas passer inaperçu. Malgré une perte de place aux dépens de Vettel, le Néerlandais a repris son rang grâce à un arrêt, lent mais efficace, effectué au dix-septième tour.

Pourtant, Verstappen souffrait d’ennuis de moteur pendant toute la fin de semaine. Cela ne l’a aucunement empêché de tenir un bon rythme, malgré tout.

3- Sebastian Vettel (Ferrari): 7

Tout comme Ferrari, Sebastian Vettel pensait vraiment être plus fort que le clan Hamilton. La Q3 de ce dernier étant renversant, l’Allemand ne s’est contenté que du troisième rang. Il a réalisé un bon départ, tout juste avant le déploiement de la Voiture de la sécurité.

Là où les choses se sont gâtées quand il rentra aux puits pour chausser des pneus ultratendres (violets), un tour avant Hamilton. Malheureusement pour lui, son rival a choisi la gomme tendre (jaune) pour rallier l’arrivée. Comme les ultratendres sont plus rapides mais moins durables que les tendres, Vettel devait, en principe, effecteur un deuxième ravitaillement. Il a pu rouler 47 tours avec ce train de pneus, mais perdait du temps. N’oublions pas la position perdue avec l’arrêt de Verstappen, le reléguant à la troisième place.

Avec cette stratégie ratée de Ferrari, les chances de Vettel de remporter un cinquième titre des pilotes s’amenuisent tranquillement.

4- Valtteri Bottas (MErcedes): 7

Image: FOM

Course relativement tranquille pour Valtteri Bottas, qui se contente de la quatrième position. Malgré des signes d’énervement concernant les drapeaux bleus (il cherchait à prendre, en vain, un tour à Nico Hulkenberg), en fin de course, il aide Mercedes à consolider son avance au classement des constructeurs.

5- Kimi Raikkonen (Ferrari): 6.5

Deux semaines après être passé proche de gagner pour une première fois en cinq ans, Kimi Raikkonen était loin de retrouver la forme de Monza. Parti cinquième, le doyen du championnat 2018 n’a jamais été capable de passer son compatriote finlandais, Valtteri Bottas.

6- Daniel Ricciardo (Red Bull): 6

Image: FOM

Regardons le bon côté: Daniel Ricciardo a complété une course pour la première fois depuis le Grand Prix de Hongrie. En plus, il a mené pour la première fois depuis Monaco, épreuve qu’il avait remportée en mai dernier.

Maintenant, parlons sérieusement à propos de l’Australien. Il termine sixième, mais a été incapable de tenter une attaque sur Raikkonen, étant donné qu’il avait l’air sale de la Ferrari devant lui. Pourtant, il avait un meilleur rythme que les Finlandais, avec des pneus ultratendres. On pensait qu’il allait nous offrir ses fameux dépassements tardifs, mais il a opté pour le conservatisme de pneus.

7- Fernando Alonso (McLaren): 8

Image: Motorsport Images

Parfois, partir onzième peut être avantageux. C’est ce que Fernando Alonso a compris. Comme il s’élançait hors du top 10, l’Espagnol avait économisé un train de pneus supplémentaire. Son départ étant très bon, comme d’habitude, Alonso a réussi à bien gérer ses gommes, en plus d’utiliser son train extra à bon escient.

8- cARLOS sAINZ (rENAULT): 7

Carlos Sainz continue d’amasser des points importants pour Renault. À l’égal du Grand Prix d’Italie, le futur pilote de McLaren pour 2019 a imité son idole, Fernando Alonso, en gérant bien ses pneus. Avec Sergio Perez et Romain Grosjean éloignés du top 10, l’Espagnol a tout simplement fait le travail requis par son écurie. Cela permet à Renault de rester quatrième au championnat des constructeurs.

9- Charles Leclerc (Sauber): 7.5

Idem pour Charles Leclerc. Il a profité de son élimination en Q2 (qualifié treizième) pour sauver des pneus et se rendre dans les points, surtout en nous offrant une belle passe d’armes avec la Toro Rosso de Pierre Gasly, avant que ce dernier ne s’arrête. Cette neuvième place est une autre bonne nouvelle pour lui, déjà qu’il a été confirmé comme pilote Ferrari pour 2019.

10- Nico Hulkenberg (Renault): 7

Pour son 150ème Grand Prix en carrière, Nico Hulkenberg souhaitait un peu de chaos devant lui, afin d’obtenir un très bon résultat pour Renault (lire « obtenir son premier podium en Formule 1). Comme il partait dixième, l’Allemand devait débuter l’épreuve avec les pneus hypertendres (roses) et a donc vu Alonso et Sainz passer devant lui, pour le reste de la course.

S’arrêtant pour des ultratendres, Hulkenberg effectua une bonne remontée pour inscrire un point important pour Renault.

11- Marcus Ericsson (SAuber): 6.5

Image: Sauber F1 Team

Quel dommage pour Marcus Ericsson, car il réalisait une bonne course. Il a échappé une belle opportunité de terminer dixième, en raison d’une légère erreur de stratégie avec son écurie. Malheureusement, il quitte Singapour bredouille.

12- Stoffel Vandoorne (McLaren): 6

Le pilote belge a su transformer sa piètre dix-huitième place aux qualifications en une douzième place décente. Partant avec des pneus ultratendres, Vandoorne a bouclé 43 tours avec cette gomme, avant de passer en tendres pour les 17 derniers du Grand Prix. N’ayant pas encore de volant pour la saison prochaine, il veut écarquiller des yeux de certains dirigeants d’écurie.

13- Pierre Gasly (Toro Rosso): 5

Sur un circuit où, historiquement, Toro Rosso a toujours obtenu d’excellents résultats (NDLR: Carlos Sainz qui finit quatrième l’an dernier), Pierre Gasly n’a pas pu offrir des points à son écurie. Sa tentative d’allonger son relais avec les hypertendres n’eut pas tant de succès, mais il s’est bien battu contre Charles Leclerc.

Course à oublier pour le Français.

14- Lance Stroll (Williams): 5

Retour à la réalité pour la Williams FW41 de Lance Stroll. En Italie, il s’est rendu en Q3 et a marqué deux points. À Singapour, il s’est qualifié bon dernier et n’était jamais proche du top 10. Cependant, son relais en pneus tendres s’est avéré payant, car il est monté jusqu’à la douzième place. Après son arrêt aux puits, le Canadien a franchi la ligne d’arrivée en quinzième position. Par contre, la pénalité de cinq secondes supplémentaires à Romain Grosjean le fait avancer d’un rang.

15- Romain grosjean (Haas): 4

Si Singapour n’a pas souri à Stroll, c’était pire pour Romain Grosjean. Le Français, qui a été disqualifié en Italie pour un plancher illégal, voulait reprendre sa sixième place perdue. Malheureusement, il n’avait tout simplement pas le rythme pour rester dans les points. Parti huitième, Grosjean a terminé quinzième.

Cela aurait pu être quatorzième, mais il s’est pris une pénalité de temps de cinq secondes, pour avoir ignoré les drapeaux bleus. Il se battait avec Sergey Sirotkin, mais a oublié de céder le passage à Lewis Hamilton et à Max Verstappen. Même Charlie Whiting, le directeur de course de la FIA, n’a pas été tendre avec le pilote de l’écurie Haas, concernant son comportement en piste.

En plus de sa sanction, Grosjean s’est vu infligé deux points de pénalité sur sa Super Licence. Il en compte actuellement neuf et se rapproche d’une suspension d’une course, applicable lorsqu’un pilote atteint l’infâme plateau des douze points récoltés en un an.

16- Sergio Perez (Force India 2.0): 0

Normalement, nous donnons des bonnes notes à Sergio Perez pour ses performances en piste. Pour le Grand Prix de Singapour, nous lui avons presque donné un zéro. On vous explique on lui donne cette note.

Fort d’une excellente séance de qualifications la veille (septième sur la grille), le Mexicain se retrouve côte-à-côte avec son coéquipier chez Force India, Esteban Ocon, et s’accrochent au virage 3. C’est Ocon qui se retrouve dans le mur. Les commissaires de piste ont jugé qu’il s’agissait d’un incident de course et que Perez n’a pas vu le Français, mais les reprises *peuvent* laisser croire à une petite mise en échec de sa part.

Ensuite, il y a eu *ce* moment.

Après son ravitaillement, Perez s’est retrouvé derrière Sergey Sirotkin pendant plusieurs tours, ce qui l’a rendu frustré. Quand il a eu la chance de passer le Russe, le Mexicain le tasse directement, dans un moment d’énervement inacceptable.

Pour cette action, Perez a reçu une pénalité de passage aux puits obligatoire. Malgré tout, il a été en mesure de passer Sirotkin (proprement, cette fois) et Brendon Hartley, pour terminer seizième.

Le pilote de Force India a eu la vie sauve, car son action sur son confère de Williams aurait clairement mérité un drapeau noir. C’est un geste totalement inacceptable. Dans les reprises, on le voit qu’il est au courant de l’emplacement de son adversaire. Nous avons là un geste pur de frustration. C’est rare, pour quelqu’un qui est peaufiné son pilotage avec Force India, après avoir été remercié par McLaren à la fin de la saison 2013.

Celui qui a marqué des points à toutes les éditions singapouriennes depuis 2011 a vu sa séquence s’arrêter drastiquement. On espère qu’il va se ressaisir, dans deux semaines.

17- Brendon Hartley (Toro Rosso): 5

Si Brendon Hartley veut conserver son volant, il devra mettre les bouchées doubles dès les prochaines épreuves. Malheureusement, l’étape à Singapour ne s’est pas passé comme prévu.

Encore une fois éliminé en Q1 (dix-septième sur la grille), le Néo-Zélandais n’a réalisé aucune progression au départ (gagner un rang à cause de l’abandon d’un pilote -Ocon- ne signifie rien) et a été bien plus lent que son coéquipier, Pierre Gasly. Même avoir été forcé hors-piste par Sirotkin n’a pas aidé sa cause.

18- Kevin Magnussen (Haas): 4.5

Image: Octane Photographic Ltd

Dans une de ses rares mauvaises courses, le Danois a réalisé le meilleur temps en course (il s’était arrêté pour des pneus hypertendres, à la toute fin). À part cela, Magnussen a été bien loin de Romain Grosjean et a été éliminé en Q1. En course, sa meilleure position était le douzième échelon avec un rythme assez déficient. K-Mag enchaîne une deuxième contre-performance consécutive, après une seizième place en Italie.

19- Sergey Sirotkin (Williams): 6

Image: Instagram/segeysirotkin_official

Pourquoi un pilote qui finit dernier parmi les classés -et avec deux tours de retard sur le vainqueur- obtient la note de passage?

Oui, le classement sur papier est terrible, mais Sergey Sirotkin a animé une partie de cette course. Tout d’abord, le Russe s’est arrêté aux puits pour enlever une pièce de l’épave de la Force India d’Ocon, prise dans son aileron avant. Ensuite, il a résisté aux attaques de l’autre Serge (Perez), avant que ce dernier décide de le swiper à gauche comme dans Tinder. Sa FW41 fut endommagé, mais il s’est tenu debout face à Romain Grosjean et, contrairement au pilote Haas, a respecté les drapeaux bleus (désolé, Romain).

Cependant, il a forcé Brendon Hartley hors-piste, au virage 14, et reçut une pénalité de cinq secondes supplémentaires. Sirotkin l’a servie lors de son dernier arrêt aux stands. Pour (probablement) la première fois de la saison, il a obtenu beaucoup de temps d’antenne et beaucoup de votes pour le titre de Pilote du jour (remporté par le roi de cette catégorie: Max Verstappen).

On a au moins vu une de ses facettes de pilote.

DNF- Esteban Ocon (Force India 2.0): Non Classé

Vous connaissez notre politique: un pilote qui n’a pas complété le premier tour ne peut recevoir de note, à moins qu’il ait causé une collision et qu’il est jugé responsable de ses actions.

Dans le cas du Français (joyeux anniversaire, Esteban), son Grand Prix de Singapour s’est terminé après trois virages, suite à un contact avec Sergio Perez, qui a swipé à droite (il aime mieux son coéquipier que Sirotkin).

Ocon n’est presque pas assuré d’obtenir un volant en Formule 1 pour 2019 et, en plus, doit abandonner pour un accident dont il n’est pas fautif. Quel dommage pour lui.

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