BULLETIN DE NOTES MONACO 2019: à la mémoire de Niki

Dimanche dernier, Lewis Hamilton a remporté une course émotive et stressante à Monte-Carlo. Le Britannique, affecté par la mort de Niki Lauda, a résisté aux attaques de Max Verstappen. Mérite-t-il la note parfaite? C’est à voir, dans le Bulletin de notes du Grand Prix de Monaco 2019.

Vous avez manqué la meilleure course de la saison? Voici les faits saillants!


La section PODCAST du Bulletin F1


1- Lewis Hamilton (Mercedes): 10

Grille de départ: pôle position

Lewis Hamilton et Monaco ne forment peut-être pas le duo parfait, mais au moins le Britannique peut se targuer d’avoir réalisé un tour du chapeau de victoire dans la Principauté.

Sa troisième victoire dans les rues du Rocher fut la plus difficile, car il a dû garder ses pneus médiums morts en vie, en plus de se défendre face à Max Verstappen. Hamilton a sauvé la face de Mercedes, qui a avoué avoir raté sa stratégie, en mettant les mauvais pneus. En effet, les champions en titre ont mis les médiums, contrairement aux durs pour Verstappen, Sebastian Vettel et même Valtteri Bottas.

C’est avec l’esprit combatif de Niki Lauda qu’Hamilton a mis la main sur son 77ème triomphe en Formule 1.

2- Sebstian Vettel (Ferrari): 7.5

Grille de départ: 4e

Au lendemain de ses trois baisers sur les rails monégasques, Sebastian Vettel a réalisé sa meilleure course de la saison. Oui, il a hérité de la deuxième place grâce à la pénalité de cinq secondes imposées à Verstappen et une crevaison de Bottas, mais l’Allemand s’est montré patient derrière Hamilton et Verstappen.

Cependant, il ne pouvait pas attaquer les deux premiers en piste, car il allait surchauffer sa voiture. Néanmoins, le double vainqueur à Monte-Carlo (2011 et 2017) enregistre son meilleur résultat de la saison.

3- Valtteri Bottas (Mercedes): 7.5

Grille de départ: 2e

On peut clairement dire que Valtteri Bottas a été malchanceux à Monaco. Samedi, le Finlandais a perdu la pôle position grâce à un tour légendaire d’Hamilton. Le lendemain, il est victime de la sortie dangereuse de la Red Bull de Verstappen, dans la ligne des puits. Bottas a subi une crevaison, mais a été forcé de rentrer aux stands au tour suivant.

Suite à cela,  il n’a jamais été en mesure de rattraper le peloton de tête et, pire que ça, il a été bloqué par la Racing Point de Lance Stroll.

4- Max Verstappen (Red Bull): 9

Grille de départ: 3e

Dans notre livre à nous, Max Verstappen aurait certainement obtenu la note parfaite. Son pilotage à Monaco fut incroyable, mettant beaucoup de pression sur Hamilton. Le Verstappen de la saison dernière aurait peut-être tenté une attaque après dix tours derrière le Britannique. Celui de cette année s’est montré plus mature. Quitte même à s’essayer sur le champion en titre dans les derniers tours de l’épreuve, mais cela n’a pas fonctionné.

Voilà pourquoi on aurait donné la note de 10 au Néerlandais. On lui a enlevé un point, car, même si ce n’était pas de sa faute, il s’est pris une pénalité de cinq secondes pour sa sortie des puits douteuse devant Valtteri Bottas, causant une crevaison à ce dernier. Pourtant, l’arrêt de Red Bull était le seul moyen de passer devant le Finlandais. Roulant deuxième, Verstappen a chuté au quatrième rang.

5- Pierre Gasly (Red Bull): 7.5

Grille de départ: 8e (qualifié 5e, pénalisé de trois places pour avoir bloqué Romain Grosjean)

Encore une fois, Pierre Gasly récolte le point boni pour le meilleur tour en course. C’est bien, mais il ne faut pas passer sous silence sa cinquième place.

Compte tenu qu’il avait pris une pénalité de trois places sur la grille et que Charles Leclerc partait de loin, ce fut une très bonne course pour le Rouennais. Il savait qu’il ne se joindrait pas au peloton de tête, alors Gasly a réalisé sa propre course.

6- Carlos Sainz (McLaren): 8.5

Grille de départ: 9e

S’il y en a un qui a performé sans avoir été souvent mis en avant-plan, c’est bien Carlos Sainz. L’Espagnol est le vainqueur de la Formule 1.5, ce championnat  symbolique regroupant les écuries hors-top 3.

Obtenant un bon départ, Sainz a pris la décision de ne pas s’arrêter aux puits, pendant l’intervention de la Voiture de sécurité. Cela évitait de revenir derrière les deux Toro Rosso, au moment de changer les pneus.

7- Daniil Kvyat (Toro Rosso): 8

Grille de départ: 7e

Daniil Kvyat continue sa saison solide, au volant de la Toro Rosso-Honda. Le Russe a enregistré son meilleur résultat avec l’écurie junior de Red Bull. Comme Sainz, son ancien coéquipier, il a décidé de ne pas ravitailler durant la période de la voiture de sécurité. Dieu merci pour lui, son arrêt aux stands était bien meilleur que ce qu’on a vu en Espagne.

8- Alexander Albon (Toro Rosso): 8

Grille de départ: 10e

La recrue ne cesse d’impressionner le paddock, cette saison. Sur un circuit aussi difficile à maîtriser que celui de Monte-Carlo, Albon s’est montré très rapide, détenant même le point du meilleur temps en course temporairement. À pareille date, l’an dernier, le Britanno-thaïlandais avait causé une collision avec Roy Nissany en Formule 2.

9- Daniel Ricciardo (Renault): 7

Grille de départ: 6e 

Voyons le verre à moitié plein: Daniel Ricciardo inscrit des points pour la première fois depuis le Grand Prix de Chine. Le verre à moitié vide: il aurait dû finir plus haut que neuvième.

Le vainqueur de l’édition 2018 du Grand Prix monégasque partait sixième et avait réalisé un superbe départ, passant devant Kevin Magnussen. Malheureusement, Renault a décidé de le rentrer aux puits, pendant la voiture de sécurité. À sa sortie, Ricciardo s’est retrouvé coincé derrière des voitures plus lentes, ruinant ses chances de revenir dans le top 5.

En vérité, Ricciardo a fini dixième, mais il a hérité de la neuvième position, en raison d’une pénalité de temps donnée à Romain Grosjean.

10- Romain Grosjean (Haas): 8

Grille de départ: 13e

On parle beaucoup du relais de 66 tours de Lewis Hamilton avec les médiums, mais que dire de celui de Grosjean?

Le Français a roulé 50 tours avec la gomme tendre (!), en choisissant de rester en piste, pendant la voiture de sécurité. Sa gestion des pneus l’a aidé à s’immiscer dans le top 10, après avoir goûté au trafic de Monte-Carlo, en qualifications, gracieuseté de Pierre Gasly.

Malencontreusement, Grosjean a reçu une pénalité de cinq secondes pour avoir franchi la ligne blanche de la sortie des puits. Il passa de neuvième à dixième. Il n’est pas d’accord avec la sanction, mais il peut se vanter d’avoir finalement battu Kevin Magnussen.

11- Lando Norris (McLaren): 6

Grille de départ: 12e

Si le rendez-vous monégasque a été remarquable pour Carlos Sainz, ce le fut moins pour Lando Norris.

Pour une deuxième course consécutive, le jeune Anglais a connu un mauvais départ et il en a arraché, en matière de rythme général. La recrue a même créé un train, lui qui ne s’était pas arrêté pendant la présence de la voiture de sécurité.

12- Sergio Perez (Racing Point): 6.5

Grille de départ: 16e

Nous savions d’emblée que Racing Point ne se battrait pas pour le top 10. Dans le cas de Sergio Perez, cette douzième place est un genre de baume pour cette course difficile. Le Mexicain a tenté une attaque sur la Haas de Magnussen à la Nouvelle Chicane, ce dernier coupant ce virage tout juste après. Il sera même pénalisé quatre heures après la tombée du drapeau à damier.

Aussi, il a eu une frousse, quand il a roulé entre deux signaleurs présents sur la piste, lorsqu’il sortait des puits. Heureusement, personne n’a été blessé.

13- Nico Hulkenberg (Renault): 5

Grille de départ: 11e

Que se passe-t-il avec Nico Hulkenberg? L’Allemand est sans le point en quatre courses, quelque chose qu’il n’a jamais fait l’an dernier.

D’abord victime d’une crevaison suite au dépassement raté de Charles Leclerc à la Rascasse, Hulkenberg s’est retrouvé coincé dans le trafic causé par l’accrochage entre Antonio Giovinazzi et Robert Kubica.

Il n’était jamais dans le coup pour marquer des points.

14- Kevin Magnussen (Haas): 5

Grille de départ: 5e

Pourtant rapide pendant la fin de semaine, Kevin Magnussen a été dupé par la stratégie de Haas. Le Danois, parti cinquième, a perdu une place aux dépens de Daniel Ricciardo et, pire que ça, s’est retrouvé dans le train Norris, en sortant des puits. Il ne s’est pas aidé en recevant une pénalité de cinq secondes pour avoir coupé la Nouvelle Chicane, en défendant sa position face à Perez.

15- George Russell (Williams): 8

Grille de départ: 19e

Vous ne rêvez pas, les amis! On donne une très belle note à George Russell! Le champion de Formule 2, en 2018, a été remarquable, malgré la tenue de sa Williams. Finir quinzième, alors qu’il n’y a eu qu’un abandon et avec une voiture destinée à être au fond du baril, relève d’un bel exploit.

Russell, à un certain moment, se retrouvait même à une seconde de la Renault d’Hulkenberg! Au final, il termine à quinze secondes du poursuivant le plus proche, mais c’est mieux que rien. Bravo, George!

16- Lance Stroll (Racing Point): 4.5

Grille de départ: 17e

À l’inverse, on ne peut pas féliciter Stroll. Le Québécois, encore une fois éliminé en Q1, a connu un bon départ et se retrouvait même onzième, mais il ne roulait pas en confiance. C’est loin d’être son circuit préféré, cela étant dit.

N’empêche, il s’est laissé tomber, en prenant une pénalité de cinq secondes pour avoir coupé un virage et obtenu un avantage sur Kimi Raikkonen.

Vivement Montréal pour Stroll (et sa tribune au Circuit Gilles-Villeneuve).

17- Kimi Raikkonen (Alfa Romeo): 5

Grille de départ: 14e

Pour son 300ème Grand Prix, Kimi Raikkonen aurait souhaité des points. Après une séance de qualifications difficile, le Finlandais a vu le derrière rose de la Force India –ou peu importe comment ça s’appelle– de Lance Stroll tout au long de la course.

18- Robert Kubica (Williams): 6

Grille de départ: 20e

Pour la première fois de la saison, le Polonais ne termine pas dernier! N’empêche, sa course fut un peu ruinée par Antonio Giovinazzi, quand ce dernier l’a accroché à la Rascasse. Pour se venger, Robert Kubica a terminé devant l’Italien.

19- Antonio Giovinazzi (Alfa Romeo): 4

Grille de départ: 18e (qualifié 15e, pénalité de trois places sur la grille)

Samedi, il a bloqué Nico Hulkenberg à la Rascasse. Dimanche, il tape la Williams de Kubica et reçoit une pénalité sévère de 10 secondes pour avoir causé une collision.

Course complètement à oublier pour Antonio Giovinazzi.

DNF- Charles Leclerc (Ferrari): 4

Grille de départ: 15e (qualifié 16e)

À l’instar de Giovinazzi, la course de Charles Leclerc fut totalement à jeter à la poubelle.

Courant à la maison, le Monégasque a été éliminé en Q1, grâce à une décision tactique de Ferrari de le laisser aux puits. En plus, il a manqué la pesée obligatoire, mais n’a pas reçu de conséquences pour cet oubli.

S’élançant de la quinzième place, Leclerc a connu un bon départ. Son fait saillant a été un dépassement inattendu sur Romain Grosjean à la Rascasse. Au tour suivant, il tenta le même coup, contre Hulkenberg, mais il ne parvint à le faire. En fait, il accrocha le rail intérieur du virage et partit en tête-à-queue. Il endommagea une partie du plancher et subit une crevaison. Sa journée de travaille fut aussitôt terminée.

Si son début de course semblait prometteur, Leclerc s’est montré beaucoup trop ambitieux. Oui, le dépassement sur Grosjean était beau, mais ce genre d’attaque dans un virage aussi impardonnable comme la Rascasse ne fonctionne pas à tous les coups. Surtout si un des pilotes aime ça défendre durement (lire Kevin Magnussen ou Max Verstappen).

Lors de ce Grand Prix de Monaco, à Monte-Carlo, Charles Leclerc a montré ses premiers signes d’immaturité depuis qu’il est en Formule 1. C’est l’apprentissage!

Démarrez une conversation

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *