Avant-course Mexique 2018: la fiesta pour Lewis Hamilton?

Après un Grand Prix des États-Unis excitant, la Formule 1 se dirige au Mexique, pour la 19e manche du championnat du monde. Verra-t-on Lewis Hamilton être couronné champion pour la cinquième fois de sa carrière?

À Austin, Hamilton pensait gagner le Grand Prix, mais il a terminé troisième et c’est Kimi Raikkonen qui est reparti avec les honneurs. En effet, ce fut la première victoire du Finlandais en cinq ans (depuis Australie 2013). Grâce à sa quatrième position au Texas, Sebastian Vettel s’est permis de rester dans la course au titre pour une autre fin de semaine. La course au Mexique lui permettra donc à l’Allemand d’effectuer une remontée improbable.

La lutte entre Renault et Haas, pour le quatrième rang chez les constructeurs, reprend de plus belle, même si Renault a enregistré un de leurs meilleurs résultats de la saison. Avec leurs sixième et une septième places, l’écurie française a profité de la disqualification de Kevin Magnussen et l’abandon de Romain Grosjean pour accentuer leur avance au classement.

Vainqueur à Mexico City, Max Verstappen veut profiter de son excellente performance des États-Unis pour défendre son titre. De plus, l’air mince de Mexico City pourrait aider Red Bull à défier Mercedes et Ferrari pour la victoire.

Hamilton champion si… (prise 2)

Image: Mercedes-Benz/Twitter

Ce dimanche, Lewis Hamilton aura la chance d’être sacré champion pour une deuxième année consécutive au Mexique. Voici les conditions:

  • Hamilton est champion s’il finit dans le top 7, peu importe le classement final de Vettel.
  • Si jamais Vettel ne gagne pas, peu importe le résultat d’Hamilton, ce dernier deviendra un quintuple champion du monde.

Mercedes aussi?

Hamilton est peut-être proche du sacre, mais Mercedes peut s’emparer du titre des constructeurs au Mexique en marquant vingt points de plus que Ferrari. Une telle situation s’est produite à trois reprises, cette année: en Espagne, en Allemagne et au Japon.

Le circuit

Autodromo Hermanos Rodriguez

Autodromo Hermanos Rodriguez (4,304 km/71 tours)
Premier GP au Mexique: 1963

Construit en 1959, l’Autodrome Hermanos Rodriguez a vu sa piste être modifiée à quelques reprises, afin de respecter des standards de sécurité. Cependant, sa forme est restée pas mal la même. Sur la ligne droite de 1,2 kilomètres, les voitures peuvent atteindre une vitesse maximale de 370 km/h! Par la suite, les pilotes roulent dans une succession de « S » (virages 7 à 11), sans utiliser la pédale de freins.

Le Foro Sol, ancien stade de baseball désormais utilisé pour le passage des voitures de course.

L’attrait de l’Autodrome est le passage dans l’ancien stade de baseball, le Foro Sol. Dans la configuration présente, les F1 entreprennent cette section lentement, afin que les fans puissent les voir plus longtemps possible. Le virage 17 est nommé en l’honneur de Nigel Mansell, qui a réalisé le plus beau dépassement sur le circuit de Mexico City, aux dépens de Gerhard Berger, en 1990.

À 2250 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce tracé représentera un défi phénoménal pour les bolides. En effet, avec 20% d’air aux alentours du circuit, cela force les moteurs à produire moins de puissance et les freins deviennent plus difficile à refroidir.

À surveiller

  • Le héros de la foule, Sergio Perez, tentera d’inscrire des points au Mexique pour la quatrième fois consécutive.
    • Son meilleur résultat est une septième place, enregistrée l’an dernier.
  • Si Lewis Hamilton parvenait (finalement) à sceller l’issue du championnat ce dimanche, ce serait la cinquième fois que le titre se déciderait au Mexique.
    • Les quatre fois furent en 1964 (John Surtees), 1967 (Denny Hulme), 1968 (Graham Hill) et 2017 (Lewis Hamilton).
  • La prochaine victoire à partir de la pôle position sera la dixième de l’histoire du Grand Prix du Mexique.
  • Mexico est le lieu du deuxième meilleur résultat en carrière de Lance Stroll en F1 (sixième l’an dernier). Les chances qu’il répète cet exploit, en fin de semaine, sont minces.
  • En 2017, Esteban Ocon a terminé cinquième au Mexique, égalant son meilleur classement en course (aussi réalisé en Espagne 2017).
  • S’il est éliminé en Q1, il s’agira de la pire séquence de Fernando Alonso en qualifications, depuis que le système a été introduit en 2006.
  • Sebastian Vettel n’est jamais monté sur le podium au Hermanos Rodriguez, en trois participations du rendez-vous mexicain,
  • Une victoire d’un pilote Mercedes ou Ferrari propulserait une de ces deux écuries avec trois victoires au Mexique, ce que Lotus, McLaren et Williams ont réalisé depuis 1963.

Statistiques

Image: Alastair Staley/Williams

Statistiques prises du site STATSF1.

Victoires

  • Pilotes: Jim Clark, Nigel Mansell & Alain Prost (2)
  • Écuries: Lotus, McLaren & Williams (3)

Pôles positions

  • Pilote: Jim Clark (4)
  • Écurie: Lotus (6)

Meilleurs tours

  • Pilote: Jim Clark (3)
  • Écuries: Lotus & Ferrari (4)

Podiums

  • Pilotes: Jack Brabham, Denny Hulme, Ayrton Senna, Riccardo Patrese & Nigel Mansell (4)
  • Écurie: Brabham (10)

Histoire du Grand Prix du Mexique

Sergio Perez (Force India) dépasse Carlos Sainz (Toro Rosso), dans le Foro Sol en 2015. (Image: Luis Urquiza/Flickr)

Première période: 1962-1970

Ricardo Rodriguez (1942-1962)

Le premier Grand Prix du Mexique de l’histoire fut une course hors-championnat, en 1962. Organisée à l’Autodrome Hermanos Rodriguez (anciennement appelé Magdalena Mixhuca), l’épreuve fut remportée conjointement par Jim Clark et Trevor Taylor (Cooper-Climax). Ce serait la dernière fois qu’un Grand Prix était gagnée par deux pilotes. Outre cette victoire, la première course à Mexico fut ternie par la mort du pilote local Ricardo Rodriguez, perçu comme un futur champion du monde de F1.

Malgré cette perte tragique, la Mexique fut inscrite au calendrier du championnat du monde de 1963. Comme en 1962, Jim Clark s’imposa sur cette piste, égalant la marque de Juan Manuel Fangio pour le plus grand nombre de victoires dans la même saison.

L’année suivante, John Surtees devint champion du monde, en terminant deuxième derrière Dan Gurney. Il devint le premier pilote à remporter un championnat à deux et à quatre roues. En 1965, Richie Ginther permit à Honda de gagner leur premier Grand Prix de leur histoire.

John Surtees (Ferrari), en route vers son seul titre de champion, en 1964.

Lors de l’édition de 1968, Graham Hill remporta son deuxième et dernier championnat du monde, en gagnant une course folle. Il a profité des ennuis de Denny Hulme et de Sir Jackie Stewart, ses rivaux au championnat, et de Jo Siffert, tenant de la pôle position, pour gagner. Le frère du regretté Ricardo Rodriguez, Pedro, termina quatrième.

Jackie Ickx fut le dernier vainqueur de la première période de présentation du Grand Prix du Mexique, en 1970. En effet, le rendez-vous annuel fut annulé en raison de problèmes de contrôle de la foule lors des courses, en plus de la mort de Pedro Rodriguez, durant une course de voitures prototypes en Allemagne.

Pedro Rodriguez (1940-1971) termina quatrième au Grand Prix du Mexique 1970.

Deuxième période (1986-1992)

Après de nombreuses tentatives ratées, le Grand Prix du Mexique fit son retour en Formule 1 dès 1986. Ce fut une belle occasion pour Gerhard Berger, malade le jour de la course, de mettre la main sur sa toute première victoire en F1. L’année suivante, l’épreuve fut divisée en deux, car Derek Warwick eut un terrible accident. Lors de la première partie, Nigel Mansell menait la course avec une trentaine de secondes d’avance. À la deuxième, Nelson Piquet franchit la ligne d’arrivée en premier. Cependant, l’avance de Mansell était suffisante pour qu’il puisse être déclaré vainqueur au classement général.

Ayrton Senna (Lotus), lors du Grand Prix du Mexique 1987.

Ayrton Senna et Alain Prost s’échangèrent les victoires entre 1988 et 1990. L’Italien Riccardo Patrese s’imposa à Mexico en 1991, juste après avoir enregistré son deuxième podium de l’année à Montréal. Par contre, ce qu’on retiendra de ce Grand Prix de 1991, c’est l’accident d’Ayrton Senna aux essais du vendredi, où il termina à l’envers, dans le bac à gravier.

En 1992, la ville de Mexico enregistra son pire taux de smog en février, soit à un mois de l’événement. Or, des mesures de sécurité furent prises pour permettre la tenue de la course. Nigel Mansell domina la course de bout en bout. Patrese compléta le doublé Williams et Michael Schumacher monta sur le podium pour une première fois en F1.

Malheureusement, les autorités du sport décida de laisser l’Autodromo Hermanos Rodriguez de côté, encore une fois. Cette fois, on cite les problèmes de smog, la densité de la population mexicaine et autres.

Le troisième mandat (2015-)

Image: Getty Images

Pendant les 21 ans d’absence du Grand Prix du Mexique, la Champ Car et le NASCAR ont utilisé le tracé mexicain, modifié pour le bien de ces deux séries. Ensuite, trois projets de courses ont vu le jour, dont un proche de Cancun.

L’épreuve devait initialement figurer dans le calendrier 2014, mais elle fut repoussée à la saison suivante, question de permettre à l’Autodrome Hermanos Rodriguez de se refaire une beauté.

Après des années d’échecs, le Grand Prix du Mexique revint dans le portrait officiellement, en 2015. Nico Rosberg eut l’honneur de gagner, malgré le fait que le championnat fut déjà décidé en faveur de Lewis Hamilton. Ce dernier le succédera en 2016. L’an dernier, Max Verstappen fut le troisième vainqueur en trois courses dans la capitale mexicaine.

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