Analyse de l’incident Ocon-Verstappen

Au 44e tour du Grand Prix du Brésil, Max Verstappen et Esteban Ocon s’accrochent aux « S de Senna ». Verstappen, qui menait la course, a vu Lewis Hamilton reprendre son dû et s’emparer de la victoire. Après l’épreuve, il y a eu du rififi. Nous analyserons ce qui s’est passé entre les deux en piste… et hors-piste.

Lors de ce 44e tour, Verstappen et Ocon se retrouvent dans un incident évitable. Ocon, qui était seizième, tentait de se dédoubler de son ancien rival de Formule 3, meneur du Grand Prix. Le Français s’était arrêté pour chausser des pneus super-tendres, dans le but de rattraper Pierre Gasly, Brendon Hartley et Carlos Sainz. En étant à moins d’une seconde de Verstappen, Ocon pouvait utiliser le DRS à la ligne de départ/arrivée. Il le fit et, rendus aux « S de Senna », les deux belligérants se sont touchés. Le pilote de Force India n’a perdu aucune position; celui de Red Bull, les commandes de la course et, ainsi, la victoire.

Pourquoi Ocon est-il dans le tort?

Esteban Ocon a servi sa pénalité de dix secondes de stop-and-go, après l’accrochage. (Crédit photo: FOM)

Juste après cette séquence, les commissaires de la FIA ont sanctionné Esteban Ocon d’une pénalité de dix secondes de « stop-and-go ». Cette sanction est la plus sévère, juste après un drapeau noir (synonyme de disqualification, selon les règles sportives de la Fédération internationale de l’Automobile).

Tout d’abord, mettons les choses au clair: Ocon avait entièrement le droit de dédoubler Verstappen. Comme il était plus rapide que lui, il pouvait passer devant et continuer sa poursuite vers une possible onzième place. Par contre, il n’avait pas à se battre avec le meneur de la course comme s’il s’agissait d’une bataille pour une position légitime. En général, le fait de se dédoubler doit être exécuté de manière propre.

Circuit d’Interlagos avec les zones de détection et d’activation du DRS (Crédit photo: FIA)

Sur le circuit d’Interlagos, il existe deux zones de DRS: la première à la ligne de départ/arrivée; le deuxième, entre les virages 3 et 4. Comme mentionné ci-dessus, Ocon a utilisé la première. Il aurait bien pu se rétracter derrière la Red Bull et ouvrir son aileron arrière dans la deuxième zone pour la dépasser sans heurts.

Auparavant, il y a eu des pilotes qui ont tenté de revenir dans le tour du meneur. Ceci est quelque chose de normal. Cependant, ils n’ont pas tenté une attaque par l’intérieur du leader, comme si c’était une lutte pour le premier rang.

Verstappen aurait-il dû être prudent?

Crédit photo: Getty Images

Maintenant, il est temps de mettre de l’eau dans notre vin. Oui, Ocon est carrément fautif de l’incident causé à Sao Paulo, mais Max Verstappen pouvait rester sur ses gardes face à la Force India.

À travers tous les commentaires d’autres pilotes sur les médias sociaux blâmant Ocon, il y a Lewis Hamilton, celui qui a vu une bonne partie de l’action devant lui. Ce dernier pense que Verstappen aurait dû donner de l’espace au Français, sans risquer de perdre son momentum (et la course).

Il n’a pas tort.

Le champion du monde est habitué de voir des retardataires tenter de revenir dans le tour du leader à tout prix, ou bien de dépasser un rival avant de recevoir le drapeau bleu. C’est exactement ce qui s’est passé à Singapour, lorsque Romain Grosjean et Sergey Sirotkin se disputaient en piste pour une position, devant Hamilton et (justement) Verstappen, premier et deuxième de la course. Il a fallu que ces derniers patientent avant de leur prendre un tour.

Bref, pourquoi Verstappen a voulu, coûte que coûte, défendre sa ligne face à un retardataire? À notre avis, la meilleure solution aurait été de laisser passer la Force India ou de donner assez d’espace à son ancien rival de F3 européenne. Comme ça, il n’aurait pas à tout perdre, en l’espace d’un virage.

Comprenons-nous bien: en aucun cas, nous blâmons Max Verstappen pour ce qui s’est passé. On ne fait que se demander si’il aurait dû être plus réticent à vouloir lutter Esteban Ocon le retardataire.

Même s’il a été lésé, Verstappen devrait écouter les conseils du quintuple champion du monde. Ça pourrait lui éviter bien du trouble, la prochaine fois qu’il se retrouvera dans cette même situation.

Altercation à la pesée

Crédit photo: Getty Images

Il est tout à fait compréhensible que Verstappen soit frustré d’avoir perdu une si belle victoire (il partait cinquième). Cependant, pousser son adversaire après la course, en guise de « règlement de compte » est inacceptable.

À la pesée, le Néerlandais a voulu obtenir des explications auprès d’Ocon sur l’incident et il a commencé à pousser le Français, lors de la pesée obligatoire post-Grand Prix.

Les deux ont été convoqués par les commissaires de la FIA, qui ont décidé de punir le sociétaire de Red Bull Racing. Ce dernier devra s’acquitter de deux journées de travail d’intérêt général (travaux communautaires) auprès de la Fédération, qui devront être purgées dans une période de six mois. C’est la même sanction que Sebastian Vettel avait reçu, après sa mésaventure avec Lewis Hamilton, lors du Grand Prix d’Azerbaïdjan de 2017.

Il existe d’autres moyens que d’utiliser la violence envers un rival. S’expliquer avec les mots aurait dû être la première option de Verstappen. Là où Ocon a raison, c’est de ne pas avoir été professionnel. Il ne faut pas agir de manière violente, car vous recevrez la sanction qui vient avec l’action.

Nous sommes loin d’une bagarre entre Nelson Piquet père et Eliseo Salazar ou du coup de poing qu’Ayrton Senna a asséné à Eddie Irvine, mais cela reste un geste inadmissible. Les travaux communautaires représentent parfaitement la sanction imposée, pour qu’il réfléchisse à deux fois avant de commettre son geste d’après-course.

Croyez-vous qu’Esteban Ocon est 100% responsable de l’incident ou est-ce que Max Verstappen mérite une part du blâme? Faites-nous part de vos commentaires ci-dessous ou sur nos comptes Facebook et Twitter.

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