L’alphabet de la Formule 1 2018: 1ère partie

La saison 2018 de Formule 1 a tiré à sa fin, le 25 novembre dernier. Comment résumer une année folle? En y allant avec les lettres de l’alphabet! Commençons avec la première partie, des lettres A à M.

A comme « Alonso »

Fernando Alonso a beaucoup fait parler de lui, en 2018. L’Espagnol a énormément voyagé, allant de Daytona à Abu Dhabi, en passant par Le Mans.

Alonso a roulé pour les 24 Heures de Daytona, avec United Autosports (propriété de Zak Brown, le PDG de McLaren) et a récemment annoncé son retour en 2019, avec Cadillac et Wayne Taylor Racing. En plus, il s’est associé à Toyota pour participer à la Super Saison du championnat du monde d’endurance de la FIA (WEC), avec une victoire aux  24 Heures du Mans comme fait saillant.

En Formule 1, sa campagne avec McLaren a débuté avec une cinquième place en Australie, le meilleur résultat de l’écurie dans toute l’année. Le double champion du monde a, par la suite, livré la première citation mémorable en 2018: « Maintenant, on peut se battre », en écho de la campagne désastreuse de l’équipe de Woking.

Malheureusement pour lui, ce fut le retour à la réalité. Bien qu’il ait blanchi son coéquipier en qualifications pour la première fois depuis 2008, Alonso a tout fait pour ramener l’écurie dans le top 5, sans succès.

Alonso quitte la Formule 1 pour s’attaquer à la dernière étape de la conquête de la Triple couronne: les 500 Miles d’Indianapolis.

B comme « Bottas »

Crédit photo: FOM

La saison 2 de Valtteri Bottas comme pilote Mercedes ne s’est pas déroulée comme prévue. Le calvaire a commencé avec un accident en Q3, lors du Grand Prix d’Australie. Il a obtenu un bon résultat lors de la course, au moins.

Après deux belles deuxièmes places au Bahreïn et en Chine, le Finlandais a perdu une belle victoire au Crahsfest Grand Prix d’Azerbaidjan, lorsqu’un débris laissé en piste causa une crevaison au pneu arrière droite de la Mercedes. Bottas menait cette course et pouvait bien être en tête du championnat des pilotes.

Un abandon en Autriche et une consigne d’équipe en Russie aura démoralisé Bottas, mais depuis l’épisode à Bakou, il n’a jamais été le pilote solide en début de campagne.

On souhaite sincèrement qu’il reviendra en grande forme et en force pour 2019.

C comme « Crashfest »

Crashfest est devenu un de mots préférés dans l’abécédaire de la Formule 1. Il s’agit de mon surnom pour le Grand Prix d’Azerbaidjan, qui nous a offert une des courses les plus folles au cours des dernières années.

Si l’édition de 2017 fut marqué par un podium surprise de Lance Stroll et d’une crampe au cerveau de Sebastian Vettel, celle de 2018 fut aussi réjouissante à voir.

Le premier tour nous a offert un accident entre Alonso, Sergey Sirotkin et Nico Hulkenberg, en plus d’un accrochage entre Kimi Raikkonen et Esteban Ocon. L’issue de la course changea lorsque les deux pilotes Red Bull, Daniel Ricciardo et Max Verstappen, entrèrent en contact, au 40e tour. La Voiture de sécurité s’amena et Romain Grosjean tapa le mur à cause de Marcus Ericsson tout seul.

À la relance de la course, Sebastian Vettel tenta de dépasser Valtteri Bottas pour la tête de la course, mais l’Allemand rata son attaque et perdit trois places sur le coup, dont une aux dépens de Sergio Perez. Ensuite, la crevaison de Bottas eut lieu au dernier tour, permettant à Lewis Hamilton de mener le championnat pour la première fois de l’année.

Quel Grand Prix!

Le Bulletin de notes du Grand Prix d’Azerbaïdjan 

D comme « Daniel Ricciardo »

Crédit photo: Zak Mauger/LAT Images

Daniel Ricciardo fait souvent parler de lui, pour ses beaux dépassements et pour ses shoeys. En 2018, les choses ont changé.

Lors de sa course à domicile, en Australie, Ricciardo a écopé d’une pénalité de trois places pour ne pas avoir ralenti suffisamment sous un drapeau rouge. Dieu merci pour les Australiens, il a terminé quatrième. Après un abandon au deuxième tour du Grand Prix de Bahreïn, Ricciardo surprend tout le monde en remportant le rendez-vous chinois, après s’être arrêté pendant le neutralisation de la course.

L’Australien est impliqué dans une collision avec son coéquipier, Max Verstappen, à Bakou. À Monaco, c’est jour de rédemption pour Ricciardo. Deux ans après avoir perdu la victoire dans les rues de la Principauté, le pilote au numéro 3 met en fin la main sur le trophée du vainqueur, malgré des soucis de moteur vers la mi-course. Monaco sera la dernière fois qu’il monte sur le podium.

L’événement marquant l’ayant impliqué en 2018 est, sans contredit, sa signature chez Renault pour plusieurs saisons. Personne n’a vu venir ce mouvement et, de plus, cela débutera la folle Saison folle du marché des transferts (le mercato au soccer peut aller se rhabiller).

Depuis son triomphe monégasque en mai, Ricciardo a accumulé six quatrièmes places, six abandons, une pôle position au Mexique… et un mal de gorge au Japon.

Nous espérons que la saison 2019 de Ricciardo soit excellente avec Renault.

MENTION HONORABLE:

  • DISQUALIFICATION: En 2018, trois pilotes furent disqualifiés. En Italie, Romain Grosjean fut exclu pour un plancher illégal. Aux États-Unis, Kevin Magnussen et Esteban Ocon perdirent leurs points pour avoir dépassé la limite d’utilisation d’essence nécessaire.

E comme « Erreurs »

En 2018, Sebastian Vettel a accumulé les erreurs qui, au final, lui ont coûté un cinquième sacre personnel.

Le tout a commencé en Azerbaïdjan, lorsque l’Allemand a attaqué tardivement Valtteri Bottas. Au lieu de prendre la tête et de gagner, il s’est retrouvé quatrième, derrière la Force India de Sergio Perez. En France, il tamponne le même Bottas au départ et se prend une pénalité de cinq secondes. Il finira cinquième, mais c’est Lewis Hamilton le grand vainqueur. Pourtant, Vettel avait repris les commandes du championnat, deux semaines auparavant à Montréal.

Évidemment, LA plus grosse erreur est son accident à son Grand Prix national, en Allemagne, alors qu’il menait une course bouleversée par la pluie. Autre erreur, autre victoire d’Hamilton, parti du quatorzième rang. À Monza, terre culte des partisans de Ferrari, Vettel sort derrière Kimi Raikkonen en qualifications. Le Finlandais obtiendra une pôle position historique (le tour le plus rapide de l’histoire de la F1). Lors de la course, il effectue un tête-à-queue dès le premier tour. Avec la remontée, il terminera quatrième, mais Hamilton s’imposera encore une fois.

Le scénario s’est répété au Japon (accrochage avec Max Verstappen et erreur monumentale de Ferrari en qualifs) et aux États-Unis (accrochage avec Daniel Ricciardo). Cependant, le troisième rang d’Hamilton à Austin lui a permis de rester en vie, jusqu’au Mexique.

MENTION HONORABLE:

  • ERICSSON: Le Suédois Marcus Ericsson quitte la F1 pour l’IndyCar en 2019, alors qu’il avait réalisé sa meilleure saison dans la catégorie reine du sport auto (neuf points). Heureusement pour lui, on ne le blâmera plus pour des accidents bizarres.

F comme « France »

2018 fut une belle année sportive pour la France. Son équipe de soccer a remporté la Coupe du monde, en battant la Croatie 4-2 et, plus important pour nous, a retrouvé l’élite de la Formule 1.

Il s’agissait de la première course de F1 dans l’Hexagone depuis 2008, à Magny-Cours. Couru sur le circuit Paul-Ricard, dans Le Castellet, le Grand Prix de France n’a pas manqué d’action. Outre l’accrochage entre Vettel et Bottas, les trois Français (Pierre Gasly, Esteban Ocon et Romain Grosjean) se sont tapés dessus en piste. Si Ocon et Gasly n’ont jamais pu compléter le premier tour, Grosjean a pu finir l’épreuve au onzième rang.

Les fans ont vu Lewis Hamilton s’imposer en France, mais le retour à la maison fut difficile. Pendant la fin de semaine, plus de 50 000 visiteurs ont fait face à des embouteillages monstres sur les autoroutes du département du Var, lieu du Grand Prix de France. Certains ont manqué des séances, car ils étaient restés pris dans le trafic.

La Gendarmerie du Var a promis de rectifier la situation pour l’an prochain.

G comme « Gasly »

Crédit photo: Kym Illman

Même avec cinq courses sous la peau en 2017, Pierre Gasly entreprenait sa première saison complète en F1, avec Toro Rosso.

Le Français n’aura pris que deux épreuves pour impressionner le monde de la course automobile. Lors du Grand Prix de Bahreïn, Gasly a terminé quatrième, avec un moteur Honda en arrière! Il a répété sa magnifique performance à Sakhir, en se retrouvant septième à Monaco et sixième en Hongrie.

Le départ de Daniel Ricciardo chez Renault, en 2019, lui a ouvert une porte pour une promotion chez Red Bull pour la prochaine saison. Il aura son bon ami, Max Verstappen, comme coéquipier et un moteur Honda dans son bolide, qu’il connaît déjà.

N’oublions pas qu’en Allemagne, Gasly a roulé sur une piste sèche… avec des pneus pluie! Sûrement une première en Formule 1!

H comme « Hamilton »

La revue de l’année de la saison de F1 ne serait pas complète sans Lewis Hamilton.

Le Britannique a débuté sa campagne en force, avec un tour de qualification puissant en Australie, mais n’a pu concrétiser la bonne fin de semaine en gagnant l’épreuve. Il lui a fallu trois autres courses avant de monter sur la première marche du podium, en Azerbaïdjan.

Hamilton fut récompensé par un nouveau contrat avec Mercedes pour les deux prochaines saisons, bien avant un Grand Prix d’Allemagne qui s’avérerait décisif.

En effet, le champion du monde en titre ne put sortir de la Q2 (la deuxième période de la séance de qualifications), en raison d’un ennui hydraulique. Il se qualifia quatorzième, son pire classement en qualifs avec Mercedes depuis Monaco 2017 (treizième sur la grille). Le lendemain, Sebastian Vettel, parti en pôle, rencontra le mur, alors que la pluie s’amena. L’abandon du favori de la foule permit au rival de remporter une victoire significative et de reprendre les commandes du championnat des pilotes, que Vettel avait acquise après un triomphe en Grande-Bretagne.

Malgré une victoire en Belgique de Vettel, Hamilton a enchaîné quatre victoires consécutives, avant d’être sacré champion du monde pour la cinquième fois de sa carrière.

MENTIONS HONORABLES:

  • HAAS: L’écurie américaine a fini cinquième au championnat des constructeurs, leur meilleur classement en Formule 1. 
  • HARTLEY: Brendon Hartley disputait sa première saison complète en F1, mais ses services n’ont pas été retenus par Toro Rosso en 2019, optant pour Alexander Albon.
  • HULKENBERG: Nico Hulkenberg, à sa deuxième saison avec Renault, a remporté le championnat symbolique des pilotes de Formule 1.5, réservé à ceux ne pilotant pas pour Mercedes, Ferrari et Red Bull.

I comme » IN IN IN IN IN IN IN IN IN IN IN IN IN IN »

Cette communication radio entre Lewis Hamilton et Peter Bonnington, son ingénieur de piste, est la préférée du Bulletin F1 en 2018.
Elle survint en période de Voiture de sécurité, juste après la sortie de piste de Sebastian Vettel, en Allemagne. Alors que la pluie commença à s’abattre, Hamilton et le clan Mercedes pensaient s’arrêter aux puits, afin d’opter pour des pneus pour la pluie. Cependant, Hamilton vit Kimi Raikkonen rester en piste. Bonnington dit alors à son pilote de le suivre. Le hic fut qu’Hamilton s’en allait aux puits. Heureusement pour ce dernier, il a pu revenir en piste pour défier Raikkonen et Valtteri Bottas.
Lewis Hamilton s’empara de la tête de la course et, ainsi, de la tête du championnat.
MENTION HONORABLE:
  • INDYCAR: Marcus Ericsson quitte Sauber pour se joindre à l’écurie Schmidt Peterson Motorsports, en IndyCar, alors que Fernando Alonso participera aux Indy 500, en mai.

J comme « Japon »

En 2018, il a beaucoup été question du Japon. Cela s’explique en partie grâce à Honda, qui débutait son partenariat avec l’écurie Toro Rosso, en tant que motoriste.

Sortant d’une relation houleuse avec McLaren, la marque nipponne s’est sentie bienvenue dans le club-école de Red Bull Racing. Le fait saillant de cette première année de cette collaboration fut la quatrième place de Pierre Gasly au Bahreïn. Au cours de l’été, Honda annonça qu’elle fournira ses moteurs à Red Bull dès 2019. Pour la première fois depuis 2008, elle aura deux écuries qui arboreront le « H » sur des châssis de F1.

Évidemment, Japon ne peut pas être mentionné sans évoquer son Grand Prix national. Non seulement on a vu Ferrari se fourvoyer dans ses stratégies à Suzuka, mais on a appris que le contrat de l’épreuve au pays du soleil levant a été reconduit jusqu’en 2021. Une bonne nouvelle pour l’univers du sport automobile, car il est toujours spécial de voir les fans japonais célébrer l’arrivée de la Formule 1 sur leurs terres.

K comme « Kubica »

Crédit photo: Williams Racing/Twitter

Le nom de Robert Kubica s’est retrouvé sur les lèvres du peuple de la course automobile, en 2018.

Le Polonais était de retour en Formule 1, mais à titre de pilote de réserve pour Williams. Il aurait pu être le coéquipier de Lance Stroll, mais l’écurie a préféré le Russe Sergey Sirotkin, qui en était à sa première année dans le championnat. Kubica a testé la FW41, durant les essais hivernaux de Barcelone en février dernier.

Les performances de la Williams 2018 n’étant pas très bonnes, les amateurs souhaitaient ardemment la titularisation du vainqueur du Grand Prix du Canada 2008, à la place de Stroll ou de Sirotkin. Heureusement, leurs vœux ont été exaucés pour 2019.

Huit ans après son accident de rallye, Robert Kubica reviendra en F1 comme titulaire chez Williams. Il s’agit, sans doute, d’une des plus belles histoires de ce sport.

MENTION HONORABLE: 

  • KVYAT: Daniil Kvyat revient en Formule 1, avec Toro Rosso. Le Russe avait passé l’année 2018 comme pilote d’essai pour Ferrari.

L comme « Leclerc »

L’arrivée de Charles Leclerc en Formule 1 est une bouffée d’air frais.

Sacré champion de Formule 2 en 2017, le pilote monégasque est arrivé chez Sauber avec l’intention de bien faire, à son année recrue. Au terme de trois premières épreuves difficiles, Leclerc s’est inscrit au pointage, lors du Grand Prix d’Azerbaïdjan. Qualifié quatorzième, il s’est démarqué en terminant sixième, ce qui est son meilleur résultat en F1 (jusqu’à présent).

À la suite de cette performance exceptionnelle à Bakou, Leclerc s’est retrouvé dans le top 10 à neuf autres reprises. Le pilote de 21 ans termine sa première campagne avec 39 points. Il aura donc marqué 81,25% des points inscrits au compte de Sauber!

Membre du programme de développement des pilotes de Ferrari, Charles Leclerc a été nommé pilote titulaire de la Scuderia en 2019, en remplacement de Kimi Raikkonen. Beaucoup de gens le voient déjà monter sur la haute marche du podium, dès la prochaine saison.

M comme « Marchionne »

Crédit photo: ChryslerBlogs/Flickr

Le monde de la Formule 1 a perdu un visage important du sport en Sergio Marchionne, en 2018.

L’ancien patron de Ferrari est décédé le 25 juillet, des suites de complications médicales après une opération à une épaule. Quelques jours avant sa mort, il avait cédé son poste à Louis Camilleri.

Au cours de cette année, Marchionne avait fait les manchettes pour son implication quant aux discussions sur l’avenir du sport en 2021. L’ex-PDG de la Scuderia Ferrari ne se montrait pas favorable aux changements proposés par Liberty Media, les propriétaires de la F1. Cependant, aux dires du président de la FIA, Jean Todt, Marchionne voyait du positif quant aux discussions avec les instances de la catégorie reine de la course automobile.

La mort de l’ancien boss de Ferrari a été un coup dur pour le personnel de l’écurie italienne. Cela fut probablement une pression supplémentaire, car les membres voulaient bien faire, afin de rendre Sergio Marchionne heureux.

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