À quoi ressemblerait la Formule 1 en 2021?

On est peut-être en 2019, mais les discussions sur l’avenir de la Formule 1 en 2021 continuent d’alimenter les débats, un peu partout dans l’univers. À deux ans du début probable d’une nouvelle ère, on se demande à quoi ressemblera le sport, à quelques aspects près.

À quelques jours du Grand Prix de Bahrein, les dirigeants de la F1 (FIA et FOM/Liberty Media) et les écuries se sont rencontrés pour une (autre) réunion sur les règles pour la saison 2021. Ils ont jusqu’au 30 juin pour s’entendre sur plusieurs points, avant de ratifier un nouvel accord sur le plan directeur de la F1.  Cependant, il se pourrait que l’entente finale soit reportée en décembre, afin d’éviter un exode de Ferrari et de Mercedes. Mercredi dernier, le site RaceFans a fait l’état de ces discussions. Or, on a résumé les aspects de ce que deviendrait ce sport, dès 2021.

Règlements techniques

C’est un secret de Polichinelle: en 2021, les bolides changeront drastiquement, comparé à ce que nous voyons actuellement en piste. En ce moment, l’équipe technique de la F1, dirigée par Pat Symonds, travaille sur un prototype de monoplace, appelé « INDIA ».

Le croquis du concept contient des ailerons avant et arrière de base et on retrouve de gros diffuseurs, ainsi que le retour de l’effet de sol. Le tout est dans le but de générer le plus de dépassements en piste, sans nécessairement l’usage du DRS (ou en l’éliminant). La simulation faite sur ordinateur donne une perte d’appui aérodynamique de 5%, ce qui est minime. Actuellement, les bolides perdent 50% d’appui, ce qui rend la poursuite des monoplaces un peu difficile, malgré l’élargissement des ailerons en 2019.

Selon RaceFans, un deuxième modèle de l’INDIA devrait être prêt pour le mois de mai.

Moteurs

On est désolés de vous annoncer que les F1 de 2021 ne seraient pas munis de moteurs V8 ou bien de V10. Les V6 sont là pour rester. Il n’y aurait pas de grands changements, au niveau du groupe propulseur. L’an dernier, il y avait eu un consensus pour supprimer le MGU-H (système de recharge d’énergie), mais il fut oublié.

Selon RaceFans, on pourrait assister à un changement majeur des moteurs pour 2025, soit onze ans après l’introduction des V6 turbochargés et hybrides. Cependant, on s’attend à une réduction des coûts des groupes propulseurs, afin d’attirer d’autres motoristes. L’an dernier, Aston Martin avait fait part de leur intérêt pour se joindre à la Formule 1 comme motoriste, avant de se rétracter.

En bref, ne vous attendez pas à une révolution au niveau des moteurs, pour 2021.

Pneus

On sait déjà que Pirelli restera le fournisseur pneumatique officiel de la Formule 1, jusqu’en 2023. De plus, cela a déjà été confirmé que le diamètre des roues passera de 13 pouces à 18 pouces. Aussi, les couvertures chauffantes des pneus disparaîtront officiellement.

Le pneu actuel (gauche) et le pneu de 2021 (droite)

Les pneus 18 » sur les bolides réduiraient les temps au tour d’environ deux secondes entre les gommes tendres et dures

Règlements sportifs

Est-ce qu’on verra une refonte du format de la fin de semaine d’un Grand Prix? C’est possible.

Le directeur sportif de la F1, Ross Brawn, a évoqué la possibilité de la création d’une Q4, une période supplémentaire de qualifications. Ce nouveau format verrait quatre pilotes être éliminés après la Q1, Q2 et Q3. Il resterait donc huit pilotes pour obtenir la pôle position. Ceux qui prendront part à la Q4 devraient partir avec le même train de pneus pour la course. Or, avec les bolides de 2021, on pourrait assister à des batailles excitantes pour la pôle.

Attendez-vous à voir l’horaire général des fins de semaine de courses être condensé. Par exemple, la première séance d’essais libres du vendredi pourrait débuter dans l’après-midi et la deuxième (la plus importante) aurait lieu en soirée. Cela permettra aux écuries d’arriver une journée plus tard qu’à l’habitude.

Il est évident que Liberty Media, le groupe propriétaire de la Formule 1, désire ajouter d’autres courses au calendrier. L’an prochain, nous aurons le tout premier Grand Prix du Vietnam, à Hanoi, et Liberty Media tente de tenir une épreuve dans les rues de Miami, depuis un an*. Le nombre maximum de courses a été fixé à 25, donc le consortium américain devra repenser l’agenda de la saison. C’est à voir.

Cap salarial

Outre l’allure des voitures, l’arrivée d’un plafond salarial est un sujet de discussion assez important.

En ce moment, les écuries de Formule 1 dépensent beaucoup d’argent pour devenir championne du monde. Mercedes, Ferrari et Red Bull sont celles qui utilisent leur budget au maximum, alors que les indépendantes doivent faire attention à ce qu’elles font avec leur argent.

Or, pour équilibrer les dépenses, la FIA et la FOM ont proposé aux équipes un cap salarial de maximum 150M$. Ce cap exclurait le salaire des pilotes, ainsi que celui des dirigeants, qui friserait déjà la limite allouée. Mercedes soutient ce projet, à condition que le plafond soit rentable pour toutes les écuries.

Afin de contrôler les coûts, il se pourrait fortement que la FIA impose aux écuries des pièces standardisées. Par exemple, les boîtes de vitesse devraient être les mêmes pour tout le monde, de 2021 à 2024. Selon certaines rumeurs, seul Xtrac a fait part de leur intérêt comme fournisseur de boîtes de vitesse. La compagnie d’ingénierie britannique s’implique beaucoup dans la course automobile dans la conception de ces boîtes, ayant même fourni des pièces aux défuntes Manor et à Caterham. La FIA aurait aussi pensé à standardiser les freins, la colonne de direction et les jantes.

Partage des revenus

Avant le début de la saison, les dix écuries de Formule 1 se partagent une somme d’argent récoltée par les revenus commerciaux du sport, au cours de la campagne précédente. Pour cette année, elles recevront une fraction du milliard de dollars américains obtenus par Liberty Media en 2018. Par contre, la part du gâteau n’est pas la même. Par exemple, Ferrari (205M$), malgré sa deuxième place au championnat des constructeurs, a reçu plus d’argent que les champions, Mercedes (177M$). La Scuderia détient un boni de de 73 millions de dollars, appelé Long-Standing Team, car la marque italienne est en F1 depuis 1950, année de création du championnat. Or, c’est la seule écurie à recevoir ce supplément monétaire.

Pour 2021, il y a un souhait énorme de voir le partage de revenus plus équilibré. Le montant de nombreux bonis, que recevront certaines équipes, sera diminué considérablement, afin de mieux redistribuer l’argent aux autres. Une telle redistribution permettrait d’offrir aux participants d’être sur le même pied d’égalité.

Gouvernance

Passons maintenant au côté politique de la Formule 1.

Il y aurait une refonte du Groupe Stratégique, contenant la FIA, la FOM, Mercedes, Ferrari, Red Bull, McLaren et Williams. Ce groupe prenait des décisions sur le sport et votait pour les appliquer, en attendant la ratification officielle du Conseil mondial du sport automobile de la FIA.

Or, le nouveau Groupe Stratégique devrait inclure la FIA, la FOM et les dix écuries, qui auraient un vote chaque. Les deux instances régissant la F1 en auraient 10. Cependant, Ferrari garderait son droit de veto sur les changements de règlement, mais deviendrait moins important qu’auparavant. L’équipe italienne peut l’imposer seulement si cela changeait l’ADN du sport.


En conclusion, les discussions sur la saison 2021 semblent avancer à bon train, aux yeux des écuries du milieu de peloton. Si les points apportés conviennent à la grande majorité du plateau actuel, tant mieux. Oui, Mercedes et Ferrari menacent toujours de quitter la Formule 1, si les nouvelles règles de 2021 ne leur plaisent pas, mais il faut améliorer la qualité du spectacle, avec ou sans eux.

Nous n’avons pas fini d’entendre parler de 2021.

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